Compte-rendu spectacle : Abyssal (UK), Tchornobog, Basalte Katacombes, Montréal 28 mai 2019

La pénombre, le brouillard et le mysticisme furent à l’honneur en cette soirée prometteuse aux Katacombes. En effet, 3 groupes bien en vue de la scène black/death métal, Basalte, Tchornobog et Abyssal (UK) s’affairaient à nous faire connaitre leur monde ésotérique et oppressant. Le public avait hâte de constater l’ampleur de ces 3 représentants du métal ”noir”.

Basalte ouvrit d’emblée la messe noire. Votre auteur déjà en connaissance de cause de ce groupe de Montréal, Basalte proposait en ouverture un set plus lent, plus sombre qu’à leur habitude. S’aventurant dans les contrées du désespoir, Basalte fut prodigieux dans leur rendu, tant au côté efficacité que leur sincérité. On sentait que le quatuor voguait entre lamentations du black métal dépressif, de brèves excursions via d’autres genres musicaux, tout en étant en symbiose dans leur rendu. L’échange des cris entre le batteur, le bassiste et le guitariste rendait le rendu très cohérent et ajoutait une touche très personnelle à un groupe qui continue à en surprendre plusieurs. Les lumières tamisées, orangées, emplies de brouillard, laissaient découvrir la pénombre tordante que le groupe proposait, mais qui laissa présumer un peu d’optimisme à la fin de leur performance. Brillant!

Tchornobog prit d’assaut ensuite la scène des Katacombes. Le bouche-à-oreille a fait son charme pour l’album éponyme, qui a suscité une bonne réaction vis-à-vis la communauté métal, votre auteur y compris. Peut-être que cet engouement aurait dû motiver davantage le trio, car malgré les efforts louables du groupe de nous inculquer leur concept d’appel à l’obscurité, le résultat en fut désolant. Le tout commença par une séance improvisée du chanteur/guitariste, qui simula un appel à la lune tel un loup-garou, vomissant du faux sang noir. Le résultat fut soit audacieux pour certains, soit loufoque pour plusieurs. Et c’est là que les choses se gâtèrent. Le guitariste et créateur du projet, Markov Soroka, jouant les yeux bandés, avec le micro élevé, rappelait un Lemmy Kilmister cosmopolite. Si l’effort en est louable de sa part, cela n’en était rien de sa comparse à la basse, qui feignait l’intérêt, comme si sa présence était sans importance, se contentant de jouer ”correctement”. Le batteur répondit présent, voulant bien animer le tourbillon dense que Tchornobog proposait, mais cela ne fut que de la fumée aux yeux. Rien ne laissait présager là un groupe voulant bien montrer ses atouts dans son concept interstellaire, démontrant plutôt un produit bien fade, un son défaillant qui manquait clairement de nuances, et au vu de la réaction d’une bonne poignée de spectateurs incrédules, cela en dit bien long sur la prestance de ce groupe, qui excelle pourtant en album.

L’ambiance fut complètement différente à Abyssal. Tels des sbires profanant une présence oppressante, Abyssal ouvrit un portail qui permit d’aspirer l’auditeur le plus incrédule à en être pétrifié devant leur présence mystique. Le chanteur, couvert d’une longue cape noire, représentait la quintessence du concept que Abyssal démontrait, tant son aura et sa voix d’outre-tombe se mélangeait habilement aux guitares saturées, dissonantes et perfides. Malgré un son parfois un peu trop fort, l’ambiance lovecraftienne fut parfaitement exploitée, puisant dans sa magie noire pour nous offrir des moments de doom, death et black métal de qualité. Ce groupe du Royaume-Uni rassemble les éléments dont les Gorguts, Ulcerate et Portal de ce monde connaissent la recette, mais avec une atmosphère bien propre à lui. Rares sont les groupes sachant manier un son dense et sombre, et pouvant bien le démontrer dans une formule live, tant les petits détails sont omniprésents et combien importants. Abyssal auront fourni quelques chansons de Antikatastaseis, ainsi que son successeur A Beacon in the Husk qui sera à surveiller pour un des meilleurs albums du genre cette année. Le tout fût évanoui en un peu moins d’une heure, les cinq mages retournant dans le trou noir d’où ils étaient venus, mais avec une foule qui aurait tant aimé en avoir davantage, avec des murmures que le groupe fera beaucoup parler de lui.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s