Dick Hyman – The Age of Electronicus

Année de parution : 1969
Pays d’origine : États-Unis
Édition : Vinyle, Command – 1969
Style : Électronique, MOOG-muzik, Space Age Pop

Anyone ready for some good ol’ kitschy super-moog fun times ?

De toute la flopée de disques de moog sortis à cette époque (fin 60s/début 70s), cet album de Dick Hyman est un de mes préférés. Et je suis peut-être vraiment juvénile/con mais bordel que j’aime le fait que le gars s’appelle plus ou moins PÉNIS HYMEN !!! ahem… Donc monsieur Hyman nous livre ici des versions électronico-lounge-expé-psychotroniques hautes en couleur de chansons populaires de l’époque avec en prime, une pièce complètement chef d’oeuvrifique de son cru (nous y reviendrons tout à l’heure).

La Face A débute avec une reprise de la mal-aimée “Ob-La-Di, Ob-La-Da” des Beatles (un petit groupe underground de Liverpool). C’est ARCHI-kétaine mais aussi ULTRA-délicieux-sirupeux comme vous pouvez vous en douter. Le Moog (merveilleux instrument que j’aimerais posséder) est utilisé à plein escient, transformant la pièce en genre de musique d’interlude de la série animée “Les Jetsons”. On tombe ensuite dans les méandres troubles d’une version COLOSSALE de “Give It Up, Turn It Loose” de ce cher James Brown. C’est un des sommets du disque à mon avis. Une magistrale transformation de la pièce d’origine qui devient ici quelque chose de complètement différent… Genre : La bande son funky d’un boss-fight impétueux de Mega Man 2 sur le LSD.

Autre cover ensuite des garçons dans l’vent avec “Blackbird”. C’est fromagé-cute, mais on perd totalement le côté hautement émotif de l’originale. S’ensuit une autre innombrable reprise de “Aquarius” (de la comédie musicale “Hair”), pièce qui je crois a été la plus reprise par des musiciens électro de l’époque (je ne compte plus les différentes déclinaisons). La version Hyman est une des meilleures moutures à mon sens (avec son petit aspect proto-kraftwerkien en filigrane). Le côté d’galette se termine avec la géniale “Green Onions” (initialement popularisée par Booker T. and the M.G.’s). Rencontre au sommet entre Rhythm & Blues et musique proto-électronique… Pour ramener une référence vidéoludique (on y pense souvent quand on parle de ce genre de disques), cela ne m’aurait guère étonné de voir le célèbre band bluesy-surréaliste de Earthbound, le Runaway Five, jouer cet air de cette manière bien particulière.

On passe ensuite aux choses sérieuses sur la Face B avec en ouverture : la seule pièce tirée du cru perso de monsieur Hyman… et QUEL morceau ! “Kolumbo” est LE chef d’oeuvre absolu de l’album et aussi une de mes pièces électroniques préférées de tous les temps. Beaucoup plus austère et expérimentale que le restant du disque (qui cultive une ambiance plutôt “bon enfant”). On plonge ici en plein coeur de la machine, du filage, des connexions, du calibrage électrique et de la psyché d’un homme qui tente de créer vraiment quelque chose de complètement nouveau… C’est un peu le bad-trip de LSD d’un ordinateur ce truc. Et ça a du être un sérieux bordel à programmer tout cela. Chapeau ! C’est même presque proto-techno par bouts avec cet espèce de drum-machine ultra primaire… À l’écoute, on pense autant aux moments les plus azimutés du Tago Mago de Can qu’à des trucs que des gars comme Varèse ou Perrey ont pu pondre en leur temps. GRAND. Et pour les fans de rap, l’inspecteur “Kolumbo” a été samplé par des mecs comme Dilla et Kanye.

On termine le disque avec trois autres covers vraiment réussis. Un autre de Booker T. et compagnie (“Time is Tight”) dont l’écoute me donne furieusement le goût de jouer à Mario Tennis 64 (pour une obscure raison). “Alfie” de sieur Bacharach devient une espèce de valse binaire bien rêveuse et sucrée comme il faut. Et pour conclure, notre cher Dick réussit à rendre justice (à sa manière) à la sublime “Both Sides Now” de ma Joni Mitchell adorée. On perd le pathos de l’originale mais on gagne sur le côté rococo/grandiloquent/rocambolesque.

Bref, The Age of Electronicus, c’est de la bonne. Surtout “Kolumbo” qui est une écoute obligatoire pour quiconque veut s’initier aux débuts de la musique électronique ! Il y a des tonnes de disques de moog dans ces années. Je les aime pratiquement tous… mais celui là va toujours garder une place de choix dans ma discothèque.


Si vous avez aimé ce disque, Salade d’endives vous recommande aussi :

WALTER CARLOS – Switched-On Bach
DONALD ERB – Music for Instruments and Electronic Sounds
MORT GARSON – Hair Pieces
ENOCH LIGHT – Spaced Out

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s