Mahmoud Ahmed – Éthiopiques 7: Erè mèla mèla

Année de parution : 1975
Pays d’origine : Éthiopie
Édition : CD, Buda – 1999
Style : Tizita, Ethio-Jazz, Funk

Dans les jeunes années 70, la scène éthiopienne était bouillonnante. Une poignée de musiciens sublimes étaient en train de donner naissance à une forme de Jazz bien à eux, métissée, à la croisée des chemins de la musique traditionnelle éthiopienne (dite azmari), du Jazz psyché, du Funk acide, de la musique latine et de la Soul, tous pleins de styles musicaux qui avaient la cote en Afrique de l’est à l’époque. Parmi ces messieurs, on retrouve le vibraphoniste Mulatu Astatke (reconnu comme le père de l’éthio-jazz), le saxophoniste Getatchew Mekurya (qui collaborera plus tard avec le groupe post-punk néerlandais The Ex dans un des mariages sonores les plus inventifs que votre humble serviteur ait entendu) et surtout : le chanteur Mahmoud Ahmed, souvent cité comme étant le « James Brown » de l’Éthiopie (rien que ça !).

Vers la fin des années 90, le label parisien « Buda » a eu la riche idée d’explorer ce filon fascinant dans une glorieuse série de rééditions/compilations arborant le doux nom « Éthiopiques ». Dès que vous voyez ce nom arborant une pochette, RUEZ-VOUS sur ce disque parce que vous aurez toujours droit à quelque chose de splendide à souhait.

Le 7ième volume des Éthiopiques est en fait la version CD d’une des meilleures offrandes discographiques de sieur Mahmoud Ahmed, « Erè mèla mèla », originellement sortie en 1975. Dès les premières minutes de la pièce-titre, on est littéralement transporté dans une autre contrée par un groove insolite et ensorcelant. La voix puissamment soul de Mahmoud surplombe un épais marais sonore arabo-jazzy-bollywood tissé de cuivres enfumés, d’orgue vintage noctambule, de percussions orientales, de basse étouffée et de guitares funky qu’on diraient tout droit sortis d’un film porno particulièrement salace. Tout est délicieux ici. Le son « lo-fi » et vaguement croustillant de l’enregistrement rajoute beaucoup à l’authenticité de l’expérience.

Parmi les moments forts : « Ohoho gèdama » vous donnera des malins petits frissons dignes des meilleurs opiacés. « Sedètègnash nègn » vous fera danser métaphoriquement dans une jungle méphistophélique incandescente, où tous les sons environnants s’accouplent jusqu’à un paroxysme inévitable qui ne vient pourtant jamais. La langoureuse « Ashèwèyna » comblera tous vos désirs égypto-funk les plus secrets de sa rondeur toute panacée.

Cet album peut faire office de musique de fond géniale lors de vos soirées arrosées entre amis mais s’écoute aussi bien au casque à 2 heures du mat, quand le sommeil vous échappe et que vous voulez tout de même rêver à des ailleurs indomptables. Jetez-vous à pleins tympans ouverts sur cette petite merveille, qui fait office de porte d’entrée idéale à cette scène musicale intrigante. Mais attention au porte-monnaie ! Dès que vous achetez un Éthiopiques, vous voudrez ensuite en acheter un deuxième, un troisième, puis ainsi de suite… Pour citer le générique des célèbres Pokemon : Gotta Catch ‘Em All !


Si vous avez apprécié ce disque, Salade d’endives vous recommande aussi :

MULATU ASTATKE – Mulatu of Ethiopia
HAILU MERGIA & THE WALIAS – Tche Belew
JAMES BROWN – Sex Machine
V/A – The Bombay Connection Vol. 1: Funk from Bollywood Action Thrillers 1977-1984

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