Regulate – In the Promise of Another Tomorrow

Année de parution: 2018
Pays d’origine : États-Unis
Édition: Digital, Edgewood – 2018
Styles: Hardcore, Punk

Cinq guerriers de Long Island nommé Regulate nous arrivent telle une balle de plomb sortie de son fusil de chasse, traversant les ondes sonores d’une stridente agressivité, touchant son plus proche poursuivant. Suite à la glorieuse époque de l’âge d’or du hardcore, laissant dans ses cendres des blessures, des cœurs aguerris pour une nouvelle génération et une communauté, cet album est un rappel opportun de ce que des groupes comme Killing Time, Black Flag ou Outburst ont pu accomplir en quelques années, tumultueuses pour certains, prolifiques pour d’autres. Pourquoi tant de musiciens du genre font des carrières plutôt courtes dans leurs groupes respectifs peut être un casse-tête pour certains, mais je crains que les différences puissent être principalement liées au sujet traité dans chaque projet, car le style du hardcore ne varie pas tellement, à quelques exceptions près, et qui plus est, apporte moins de variété et d’expérimentation dans notre ère. Ces types d’albums ne feront pas toujours sensation au premier coup d’œil comme Regulate. Mais cet enregistrement est peut-être destiné à présenter les groupes d’une autre époque à un large public de son genre, puisant sa force brute première pour attirer autant d’auditeurs que de fans possible, cherchant une manière de décrier la société qui nous est contemporaine, couvertes de fâcheries, d’un climat politique incertain et d’une société réactive aux moindres faits et gestes.

Allant de rapide et militant, en imaginant un dialogue entre un policier et adolescent voulant simplement se rendre à l’école «11:13» à punky et brut encore assez rapide «Manos de Oro», puis à une approche acérée, virulente, voire même martiale «Force Tactics», Regulate livre ici un lot de chansons tendues et intenses qui se délectent de la célébration de la lignée et du futur du hardcore. La cohérence est ici un enjeu important pour la continuité de cet album. L’intention est de susciter des sentiments de loyauté et de respect pour ceux qui souhaitent se dégourdir les jambes sur cet album, pour ne pas dire rentrer dans la paria de la guerre d’un moshpit bien senti.

Les contributions plus tendres comme «Unfinished Abandonment of Self» démontre une nature minimaliste du groupe, mais qui souhaite restreindre toute tendance au mélodrame et à des émotions exagérées, et la venue de cette chanson dans cet album présente un équilibre assez important à sa manière. Là cependant ou cette oeuvre rencontre son point culminant, c’est dans la préparation et l’exultation de ses paroles. Ayant un don certain pour la plume poétique, le vocaliste dirige assez bien son chemin dans la jungle du lyrisme hardcore traditionnel, sachant contourner les pièges aux bons moments au lieu de se focaliser sur le cheminement personnel, le rejet de l’idéologie, le refus de se réduire à une offrande pour Big Brother, et la récupération de l’identité. C’est un exploit digne de mention qui atteint son apogée avec «Wrong Side of History­­­», une accusation cinglante et érudite contre la Maison Blanche et de ses légions enhardies, aveuglé par son avidité vorace d’aliéner le peuple.

In the Promise of Another Tomorrow présentent des vocaux criards et se veut un manifeste désirant faire trembler les murs de la médiocratie américaine, tandis que les rythmes saccadés et une vitesse assumée dominent la musique. Le tout reste en surface de ce que les groupes comme Killing Time étaient capables de faire, en particulier à leurs débuts. La musique ici est maîtrisée dans ses moindres variations, très expressive et émotionnelle, mais à part quelques morceaux et des changements d’approches vocales, elle peut sembler un peu identique et les auditeurs peuvent être pardonnés de penser que les groupes ne connaissent qu’une vitesse: ‘’dans ta face’’ . Les auditeurs débutants peuvent se demander pourquoi aucun des groupes ne semble avoir son propre style de musique et l’ordre des morceaux peut dérouter les gens. Cet album est la bombe pour sortir le décadent idéologique de son trou, l’auditeur le voyant déguerpir au loin devant autant de conviction, avec une rage provocante, qui animait autrefois le genre. Regulate sort ici l’artillerie de la sincérité.


Si vous avez aimé cet album, Mathieu vous recommande aussi:

BACKTRACK – Bad to My World
KILLING TIME – Brightside
TURNSTILE – Time & Space
FURY – Paramount

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s