Sunn O))) – Monoliths & Dimensions

Année de parution : 2009
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Southern Lord – 2009
Style : Drone Metal, Dark Ambient, Plain-chant désacralisé

Les paysans du coin disaient que la vieille église abandonnée n’était plus un lieu sacré… qu’un mal millénaire, enfoui au tréfonds de la Terre, s’était emparé d’elle et l’avait recouverte de ses ténèbres indicibles. Amusé par ces ragots, j’empruntai un matin de Novembre la vieille route cahoteuse qui y menait. La grisaille infinie d’un ciel funeste et impie me recouvrait entièrement. Pas âme qui vive dans les parages. J’étais seul… impitoyablement seul. Seuls les gémissements insolites d’un vent glacial envahissaient mes tympans, semblant m’annoncer un éventuel déluge… La neige, tout comme la nuit, commençait à tomber lorsque se dressa enfin devant moi le bâtiment en ruines…

Lorsque j’entrai dans la demeure du Malin, je fus secoué par les incantations nauséeuses des druides déments… Visiblement en transe, ils ne se souciaient pas de ma présence. L’église était un foutoir immonde… Statue du Christ étalée sur le sol poussiéreux, vitraux éclatées, bancs retournés dans tous les sens et icônes désacralisées (les yeux des personnages bibliques étaient noirs comme la suie)… Un tremblement sonore infâme me tira alors de mon état de consternation et me projeta alors dans l’horreur la plus absolue… Les druides aux visages impassibles s’étaient emparés d’instruments diverses et s’activaient à créer une anti-musique démoniaque…. aussi lente que perfide… Des cadavres animés sortirent alors d’un trou circulaire énorme, sorte d’immense tombeau creusé à même le sol de l’église… Commença alors une symphonie apocalyptique, portée par le chant des moribonds et le drone irréel des cordes possédées… C’était comme une lente et pénible agonie… s’emparant tranquillement de votre âme et vous laissant comme paralysé… Je fermai les yeux devant le spectacle obscène mais à travers la musique, je POUVAIS VOIR…. Les cuivres se dressèrent et se portèrent aux lèvres putrides de ceux venus d’ailleurs… La voix des religieuses mortes depuis des siècles vinrent s’enchevêtrer à la mascarade infernale… J’ENTENDAIS LES MOUCHES VOLER…. JE SENTAIS L’ODEUR PUTRIDE DE MA PROPRE MORT… JE….


Lorsque je repris connaissance, c’était le petit matin. J’étais seul dans l’église. Je m’approchai de l’autel. À sa droite se dressait un grand miroir… En y contemplant mon reflet, je n’y vis que démence insensée… mes cheveux étaient d’un blanc vaporeux, des rides caverneuses défiguraient mon faciès et mes yeux… mes yeux n’étaient que trous noirs infinis… ouvrant la porte vers le néant indomptable…


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