Françoise Hardy – Comment te dire adieu

Année de parution : 1968
Pays d’origine : France
Édition : Vinyle, Reprise – 1970
Style : Chanson française, Pop Baroque, Chamber Folk

Aaaaaah Françoise… Le fantasme parfait. La chanteuse au coeur éploré, à la fois éteinte et lumineuse, belle comme milles univers en gestation, l’âme empreinte de saudade qu’un Soleil irradiant ne fait que sublimer. On s’entend tous pour dire que monsieur Dutronc en avait bien de la chance !

Pratiquement tous les disques des 60s et early 70s de la demoiselle sont merveilleux. On y retrouve un bel amalgame de chansons pop baroque (empreintes d’un ravissement sans pareil), de pépites yé-yé mélancoliques et de morceaux très “folk de chambre” (majestueux).

Cet autre éponyme ici critiqué (plus connu sous le nom de la première piste de l’album) n’est pas en reste dans la discographie de la déesse française. Sur les 12 titres présents, on ne compte que deux compos de Françoise (superbes). Le reste consiste en des compositions de collègues francophiles et des versions francophones de morceaux anglo. Et QUELLES versions messieurs-dames !

Françoise a toujours su s’entourer de producteurs/compositeurs merveilleux (britanniques pour la plupart, ainsi que quelques acolytes français). Si ce disque sonne aussi bien c’est en grande partie grâce à ce Dream Team : Arthur Greenslade, Jean Pierre Sabar, Mike Vickers, John Cameron, Serge Gainsbourg et Patrick Modiano.

Pour en parler un peu de ces fabuleuses pièces… Premièrement, impossible de passer sous silence les chansons signées Gainsbourg (la pièce titre ainsi que “L’anamour”). Ce sont des classiques indémodables ; marque de commerce de ce cher vieux vicieux de Serge. Le genre de truc que tu chantes par coeur sous la douche même si ça fait des mois/années que tu n’as pas entendu. Paroles génialement accrocheuses et gainsbourgiennes en diable (avec ses petits tics d’écriture si typiques) + arrangements pop-psych-bonbonnés. Adorable. Je ne sais pas si Gainsbourg était en studio avec Françoise, mais on s’entend qu’il a du s’essayer sur elle… J’imagine mon Jacques Dutronc en beau fusil, qui attend à la sortie du studio avec une batte de baseball (enrobée de barbelés).

“Où va la chance” (reprise de “There but for fortune” de Phil Ochs) est comme un rêve devenu chanson… Que c’est beau. Et bordel que cette voix satinée est ensorcelante. “Suzanne”, (oui-oui, celle de Cohen), est digne de l’originale ; ce qui n’est pas peu dire. À ranger avec les meilleures reprises du montréalais (à côté de celle de “Famous Blue Raincoat” par Marissa Nadler). Introduite par ce petit piano automnal qui te secoue l’appareil émotif comme un cocotier, “Il n’y a pas d’amour heureux” est un poème d’Aragon mis en musique par Monsieur Brassens…

Si mon jardin composait une toune (un beau matin brumeux), il y a fort à parier que cela ressemblerait à “La Mésange”. C’est écrit par Chico Buarque et Carlos Jobim (rien que ça)… “Parlez-moi de lui”, initialement popularisée par Dalida (et par Cher par la suite!), est un des moments les plus grandiloquents du disque. Kitsch, pompeux mais épatant/éclatant à la fois.

“À quoi ça sert” (compo de Françoise !!!) est toute folky-licieuse avant que les orchestrations opulentes fassent irruption (ce piano presque Rick Wakeman-esque !!! wow !). “Étonnez-moi Benoît…” est un des rares moments folichons/joyeux de ce disque ; avec ce petit côté “fanfare de ville” euphorique. On termine le disque sur la 2ème compo de la Hardy girl, “La mer, les étoiles et le vent”. Ce titre porte tellement bien son nom. Et c’est aussi une de mes chansons préférées de Françoise. L’équivalent musical d’une balade noctambule en barque (sous la pleine lune), tout près d’un petit port brésilien.

Bref, on tient là un super disque d’une des artistes essentielles des sixties. Une magnifique porte d’entrée à son univers doucereux… comme pas mal tous ses disques de l’époque il faut dire 😉 Je t’aime Françoise ! Call me !


Si vous avez apprécié ce disque, Salade d’endives vous recommande aussi :

BRIDGET ST. JOHN – Songs for the Gentle Man
CLAUDE LOMBARD – Claude Lombard
STEREOLAB – Sound-Dust
JANE BIRKIN & SERGE GAINSBOURG – Jane Birkin & Serge Gainsbourg

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