Black Midi – Schlagenheim

Année de parution: 2019
Pays d’origine: Royaume-Uni
Édition: Vinyle, Rough Trade – 2019
Styles: Art Punk, Noise Rock,
Post-Hardcore, Rock Psychédélique

Combinant des éléments de rock psychédélique, post-hardcore et noise rock, Black Midi est un groupe aussi énigmatique que son nom l’indique. Avec un son que l’on qualifie le mieux d’ovni musicale, le groupe anglais s’impose avec ce premier opus, Schlagenheim, avec un voyage sur le doute personnel confirmant une damnation de l’état actuel du climat hostile de notre planète. Délivrées tel un exutoire, les chansons et les ensembles de paroles parviennent à s’intégrer de manière cohérente dans un seul album, mais également en tant que pistes consécutives. En même temps, ils ne font pas partie de ces jeunes groupes dont on tarde à repousser du revers de la main par un effort non réfléchi. Ce sont des idées qui sont partagées rapidement et qui peuvent tout aussi bien être manquées, émergeant au premier plan et se retirant tout aussi rapidement dans cette distance brumeuse.

Le duo d’ouverture «953» et «Speedway» donne rapidement le ton, le deuxième étant particulièrement intriguant et enjoué. Cameron Picton (bassiste et chanteur) parle lentement de «se transformer dans une ville fantôme » avec un rythme entraînant qui se transforme lentement en une fin de guitares déformées et de tambours stables, continuant de grandir jusqu’à sa fin abrupte, questionnant l’auditeur à savoir si le paysage sonore était même là en premier lieu.

Dans un autre ensemble de contradictions, Black Midi parvient à créer un cadre incroyablement déjanté, délivré de la distance susmentionnée d’un groupe voulant partager ses pensées, tout en espérant que personne ne l’écoute. Une cadence intime s’impose dès lors, les musiciens-chanteurs étant les seuls détenteurs du sens de leurs paroles, desquelles émanent un rythme étrangement calme et confiant. Les styles lo-fi contribuent également à créer ce sentiment d’intimité, avec de nombreuses chansons, telles que le single «Ducer», composé principalement de simples notes de guitare et de rythmes de batterie de base . Black Midi sait également faire apparaitre un mur de son qui montre que, malgré ce que vous commenciez à penser, vous n’êtes peut-être pas le bienvenu dans ce petit monde qu’ils ont créé. La guitare commence à exploser, les tambours ripostent, se transformant en une cacophonie de points culminants inspiré de leurs illustres prédécesseurs (Swans, Metz), avant de se retirer à nouveau. La brume revient, l’état de rêve vous entoure et vous n’avez plus aucune idée de ce qui se passe, mais continuez à en profiter. Cela peut rendre Black Midi très séduisant, mais peut également servir à frustrer quand il n’est pas clair si la musique sert à quelque chose.

«Near DT MI» est le point culminant de l’album. Le rythme se veut complètement déjanté, les guitares criardes et déchirés, et un apaisement soudain. C’est le meilleur exemple de la combinaison de genres du groupe qui, sur papier, peut sembler se contredire. Black Midi représente une énigme dans le grand contingent du rock britannique. Malgré une parure décontractée, la narration bizarre que Black Midi propose est stupéfiante, amenant une dimension très spécifique et créative, qui va réjouir l’auditeur d’un vent de fraîcheur trop rarement perçu. Schlagenheimest est un des albums rock les plus intriguant et créatifs de la décennie.


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