Nicholas Szczepanik – The Chiasmus

Année de parution : 2009
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, SRA – 2009
Style : Drone / Ambient

L’existence ; se résoudre à exister… Ces journées-cimetières où on ne se sent ni mal, ni bien, où l’âme devient un concept abstrait et abscons. Tu te mates dans une glace et tu vois un automate, un androïde, une contrefaçon rigoureusement parfaite mais ôh combien sordide d’un être humain typique. Et tu te mets à avoir de légers frissons qui te parcourent l’échine. Tu regardes cette peau blafarde qui semble morte, ces cernes larges et éclatées sous les yeux, les fissures un peu partout, cet eczéma qui te défigure un peu plus chaque année… Si tu regardes trop longtemps ou trop près, tu peux presque commencer à apercevoir un monstre. Tu repenses à ce cauchemar éveillé fait lors de l’adolescence… ce cadavre en putréfaction qui se balançait horriblement sur sa chaise, dans l’obscurité de la pièce d’a côté, avec ce sourire dément en plein visage… Tu te souviens qu’il avait finit par se lever pour venir te regarder dormir et c’est à ce moment la que tu avais perdu connaissance… Il ne faut pas, pas… pas focuser sur ces images néfastes… L’angoisse commence déjà à s’installer ; tu la sens monter petit à petit. Tu n’y échapperas pas. Tu quittes vite la salle de bain pour faire quoi ? Aller où ? Tu n’as envie de rien. RIEN. Tu erres dans l’appartement gris et terne – qui fait office de chambre mortuaire pour l’occasion. Le cinéma intérieur bat son plein. La guerre quotidienne (et inutile) se joue à l’intérieur de ton cerveau malade, rongé par des doutes qui, après des années à s’alimenter de ta faiblesse et de ton mal-être, sont devenus des ogres… Tu aimerais, si possible, abrèger cette phase obsolète qui ne fait que rallonger ta souffrance. Les spasmes nerveux recommencent. Tu sens ta chair fissurée, chaude et malade, qui pourrit tranquillement. Tu respires un grand coup et essais de chasser les pensées anxiogènes une ultime fois… Tu respires lentement, tu imagines cette journée parfaite d’automne il y a 3 ans où la lumière avait une teinte divine, tu respire profondément et leeeentement… Tu es inutile, ton existence est vaine, ton esprit vacille et ton corps se liquéfie tranquillement. NON ! Il.. faut combattre… Trop tard. La crise, comme une vague meurtrière, te happe tout entier et t’envoie au tapis. Pathétique. Tu étouffes, tu trembles de partout, tu sues abondamment, les sons et les images deviennent une brume opaque. Tu délires grave, prisonnier de ton propre corps, de ta propre (et insignifiante) faiblesse. Tu te sens comme si tu allais te noyer en toi, comme si le fait d’être, seulement « d’être » toi-même, était un insurmontable fardeau… Après un long, long moment ; après que les dernières trépidations agitent grotesquement ta carcasse de long en large et que les larmes, finalement, aient coulées jusque sur le plancher du salon, tu commences à te lever, péniblement. Tu réussis à te faire un café, tu t’assois sur ton divan et tu penses à Unica Zürn, en regardant discrètement la neige molle tomber lourdement à travers le filtre vaporeux de ta fenêtre.


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