Teeth of Lions Rule the Divine – Rampton

Année de parution : 2002
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : CD, Southern Lord – 2002
Style : DROOOOOOOONE DOOOOOOOOOOOOOOOOOM

La bataille est terminée… Tout n’est plus que putréfaction ; membres décharnés jonchant un sol abreuvé de sang pourri, têtes décapitées dont les orbites se font dévorer joyeusement par les corbeaux, gémissements atroces des soldats encore agités par le faible souffle de la vie et dont les carcasses presque moribondes se font investiguer par des vers blancs gigantesques. Je suis mortellement blessé et j’hallucine grave, la faucheuse attendant patiemment son heure pour venir me délivrer de cette scène horrible. Ma main droite retient mes tripes purulentes de s’écraser sur le sol fumant… L’odeur est quasi insoutenable : cadavres rôtissant sous le Soleil impie, excréments bouillonnants, vomissures fumantes et ces rivières de sang séché partout… oh mon dieu… TOUT ce sang. Et les rats qui arrivent sur la scène pour se repaître de ce banquet sépulcral, avec leurs queues roses serpentines, leurs dents acérées et leur regard froid et stupide. Les sons qui s’échappent de leur copieuse dégustation me révulse à un point tel que je vomis un long filet de bile ensanglanté. Pourquoi dois-je assister à tant de laideur euphorique ?

Une cohorte de nuages jaunes teintés d’un noir austère envahit le ciel et laisse bientôt s’échapper une pluie acide qui fait fondre ma chair grotesquement, la couvrant de bubons pestiférés… J’ai atrocement mal. Je n’en peux plus. Je pleure. Mes intestins s’affaissent et viennent rejoindre le compost évolutif qui m’entoure. On dirait que le sol n’est plus que chair agonisante, une sorte d’organisme rose-gris marbré, avec un cœur qui bat faiblement en son centre. Lovecraft n’aurait pas inventé pire monstruosité vespérale. Le sol respire, agite ses tentacules surréelles tissées du reste des défunts et laisse s’échapper des miaulements graves et surannés.

Malgré toute la douleur qui m’assaille, la peur rôde en moi, peur que la mort, dans toute sa splendeur flétrie, ne veule pas de mon âme et me laisse errer dans cet univers putrescent jusqu’à la fin des temps. À genoux dans la mare dépravée, je l’implore de m’emporter en son sein… Je ferai tout ce qu’elle veut… Je serai son disciple, son archange démoniaque, les yeux chargés de suie, tuant pour elle si il le faut… mais pitié : qu’elle m’enlève loin d’ici, de toute cette décadence… Alors que je m’apprête à sombrer dans l’irréel, les ténèbres recouvrant mon être tout entier, j’entend son rire pernicieux, avide et glaçant… Il faut faire attention : des fois, on a ce que l’on demande.


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