Puce Mary – The Spiral

Année de parution : 2016
Pays d’origine : Danemark
Édition : Vinyle, Posh Isolation – 2016
Style : Power Electronics / Death Industrial / Dark Ambient / Spoken Word

Insidieux… Tendu… Malsain… Viscéral… Purgatif… Voici des qualificatifs qui peuvent décrire quelque peu le canevas sonore pétrifiant de la danoise Frederikke Hoffmeier (alias Puce Mary). Le Power Electronics semble connaître un certain revival ces dernières années, ce qui n’est pas pour me déplaire, grand amateur d’art décadent et vicié que je suis. On a ici affaire à un classique moderne du genre ; une petite merveille DIY immorale et lubrique qui excitera le fan dépravé de SPK et de Maurizio Bianchi qui sommeille en vous…

Les plaisirs infinis et capiteux de la chair ; sans entrave, sans foi ni loi. Cette chair désabusée, fouettée au sang, lacérée, écorchée jusqu’à plus soif pour parvenir à une béatitude toujours plus folle… Le dépassement de l’être par la destruction extatique de son enveloppe corporelle. Le ruissellement de ces matières intimes (sang, foutre, lymphe, pus) sur un sol stérile et mat, le tout formant une sorte de mare grotesque qu’on fixe avec délice et nausée… Le métal et les machines qui s’invitent à la fête. Les boulons qui s’enfoncent dans toutes ces nouvelles cavités. Les barbelés qui ont soif de cette chair en perdition… Voilà ce que propose ce disque. Bref, l’antithèse complète de KC & The Sunshine Band.

Puce Mary nous entraîne dans son abattoir maison, installé dans une vieille usine désaffectée. C’est là, entre ces lignes de montage désertées par les siècles, qu’on retrouve notre prêtresse de suie, entourée par son attirail aussi sommaire qu’efficace : le fidèle laptop (aka la matrice à immondices grouillant dans son esprit singulièrement atteint), quelques synthétiseurs vieillots, des pédales à effets, un vieux micro et une tonne d’outils pouvant faire office d’instruments percussifs approximatifs…

Au lieu de nous happer soudainement d’un coup de scalpel assuré, Master Mary préfère nous anesthésier langoureusement en imposant nonchalamment ses atmosphères finement maitrisées. Grondements de scie sauteuse, gloussements électriques, ondes de claviers hypnotiques, drones envoutants… Tout cela contribue à créer une ambiance schizoïde et secrète, où la luxure cache bien son revers : un cauchemar infini, sans éveil possible. Et quand on entend cette voix monocorde/sexy de dominatrice qui nous susurre des missives glacées, il est déjà trop tard… On est foutu, bien enraciné au coeur de la bête. Et le voyage se terminera dans un orgasme aussi ignoble que cathartique… Brutal Handjob par un gant de cuir clouté sur fond d’images post-apocalyptiques… Larmes d’ivresse et de dégoût.

Un disque à recommander fortement à un public auto-mutilateur et donc, averti.


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