Cherubs – Immaculada High

Année de parution: 2019
Pays d’origine: États-Unis
Édition: Vinyle, Relapse – 2019
Style : Noise Rock, Stoner Rock, Rock Psychédélique, Grunge

Cherubs est une bête mystérieuse. Le trio texan «freak» a toujours entretenu une relation étroite, imaginaire ou autre, avec les drogues dures. Leur sortie en 1994, Heroin Man, leur a valu un statut culte permanent avec les mêmes disciples qui vénéraient The Jesus Lizard, Butthole Surfers et Cows de ce monde. Immaculada High est un voyage saccadé et muté dans le passé, qui n’aidera pas à dissiper cette association bien utilisée. Mais volant haut ou pas, Cherubs n’a jamais semblé plus lucide ni déterminé.

Immaculada High, le quatrième opus du groupe, marque un saut en avant par rapport aux premières années du groupe et également de son prédécesseur, 2 YNFYNYTY. La guitare saturée et extrêmement dense de Kevin Whitley est toujours aussi agitée et ses paroles, sacrilèges qu’elles soient pour le genre, sont tout à fait audibles, grâce à la production de Erik Wofford (My Morning Jacket, Explosions in the Sky). Et même si les mots de Whitley ne parlent pas de l’épidémie de surdoses de médicaments qui a balayé leur ville natale d’Austin au milieu des années 90, ils sont toujours fatalistes. La production ici se veut des explosions constamment percutantes pour l’auditeur. De quoi bien remplir le canon noise-rock! Entre les plongeons dans divers genres musicaux et la grande spirale psychédélique que Cherubs crée, le tout est parfaitement mis en symbiose par une production cristalline, qui sert de plat principal pour distinguer tous les éléments nécessaires de cet album.  Le jeu de batterie demeure simple mais tellement musclé qu’il donne un martèlement continu, à travers l’épais brouillard de son dense et psychédélique que les 3 lurons proposent. La basse, prédominante également, s’assure de respecter le rythme imposée par une lourdeur décapante et sincère.

Malgré une technique qui n’est pas à tout casser, Cherubs parvient d’un effort funeste à étancher une efficacité surprenante. Sur les 11 chansons que constitue l’œuvre, Cherubs dépeint un monde horrible – des cochons dans la crasse, des insectes et des serpents sifflants – afin de transmettre l’inquiétude d’une mort inévitable: pas seulement la leur, mais aussi celle de l’humanité tout entière. Cherubs illustre ici une bande-son d’un film sur Dame Nature exigeant une sombre revanche sur l’homo-sapien idiot et vorace.

Immaculada High est un chef d’œuvre sans précédent, qui illustre bien l’état actuel du noise rock et rock psychédélique. Cherubs ont su se retrouver pour faire le plein d’idées créatives, et le résultat en a grandement été bénéfique. La perception de l’auditeur sera quoique amochée, mais l’œuvre elle, en sera appelé à être une référence pour des années à venir. Avec la décennie qui tire à sa fin, nul doute que cet album devrait être considéré comme un des meilleurs de son genre sorti durant ce laps de temps. Le soin minutieux apportés dans chaque chanson, en fait un album unique, étrange, pas très loquace, mais nécessaire. Et heureusement pour tous (ou malheureusement pour certains), cet album est essentiel pour tout fan de musique.


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CHERUBS – Heroin Man
BUTTHOLE SURFERS – Locust Abortion Technician
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