Graveland – Carpathian Wolves

Année de parution : 1994
Pays d’origine : Pologne
Édition : CD, No Colours – 2001
Style : Black Metal atmosphérique

Avant de vouloir être un guerrier médiéval (à l’accoutrement vestimentaire aussi douteux que ses affiliations politiques), Rob Darken voulait être un loup-garou. Si-si. Ce deuxième disque longue durée de Graveland (après un « Drunemeton » totalement obscur et ovni-esque, disque longtemps introuvable d’ailleurs) en est la preuve à conviction. De un, lyriquement, ça ne parle pratiquement que de cela. De deux, vocalement, sieur Darken hurle ici sous la pleine lune avec les enfants de la nuit. Jamais ses vocaux n’ont sonné ou ne sonneront… comment dire… aussi voraces. On dirait une bête affamée, véloce, sauvage en diable ; prête à se délecter de la venaison du paysan qui ose s’aventurer en forêt la nuit de Walpurgis. La trame sonore idéale au préambule glaçant du Dracula de Bram Stoker.

La musique du groupe polonais n’est pas encore raffinée en cette année majeure pour le Black Metal. C’est cru, mal enregistré, simpliste, binaire, barbare, minimaliste (comme bien des albums majeurs du genre)… mais il y a quand même déjà ce désir de grandeur architecturale enfoui au coeur de la bête ; un aspect qui est cher au groupe et qui réussit à les démarquer de leurs semblables. Darken et ses sombres acolytes ont toujours eu un talent inné pour créer des atmosphères vastes et grandiloquentes et ce même quand leur musique était dans sa forme la plus basique (comme c’est le cas ici).

Rob Darken

Cela s’illustre bien souvent avec l’apport non négligeable des claviers, sorte d’assise gothique à la musique des Polonais. Dès l’intro atmosphérique (fort réussie, comme toujours chez Graveland), on est happé par cette ambiance complètement immersive. Les canidés jacassent, le rythme est martial et ce clavier céleste nous fait planer au dessus d’une majestueuse forêt des Carpates. « Barbarism Returns », comme son nom l’indique, nous introduit alors à un Black Metal primaire à souhait mais on ne peut plus efficace. La voix rauque/monocorde de Darken vient faire irruption dans vos enceintes comme un million de crocs dans vos chairs… Les riffs (propulsés par une prod quasi inexistante) vous tétanisent sur place avec délice… Et les claviers viennent donner une teinte mystique à la scène ; un relief jusque là insoupçonné. Grand morceau de Black polonais que voilà.

Le reste du disque suit son cours dans cette même mare aux immondices doucereuses, plongeant l’auditeur que je suis dans un envoutement toujours plus profond… On alterne entre de courts passages dark ambiant (glauquissimes malgré le côté amateur) et de longues pistes de Black atmosphérique mid-tempo ; avec cette batterie pourtant endiablée que n’aurait pas renié un certain Varg Vikernes, ces riffs nauséeux/hypnotiques tout droits sortis de la fosse aux cadavres, ces hurlements mi-homme mi-bête, cette basse perdue dans des brumes millénaires, ces envolées de synthétiseurs qui viennent apposer leur cramoisie vespéral sur une toile qui sans eux, serait uniquement composée de nombreuses teintes de gris…

Carpathian Wolves. Un quasi chef d’oeuvre qui ne vous veut pas du bien et qui voyage jusqu’au bout de la nuit…


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