Tuluum Shimmering – These Flowers In Dawn’s Twilight At Illusion Temple

Année de parution : 2019
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : 4xCD-R, Tuluum Shimmering – 2019
Style : Kosmiche Muzik, Folk Psychédélique, Drone, New Age, Raga, Ambient

Un portique vers les temps oniriques. Un aller-simple pour l’ailleurs chimérique ; cet autre pays limpide qui n’est pas vraiment le Bhoutan, ni Le Pérou, ni le Timor Oriental, ni la forêt noire allemande… Mais un amalgame interastral de tout cela. Une géographie en plein éveil, fervente, souple, à parfaire, qui créé des mondes en puisant dans tes souvenirs et rêves, telle une Solaris bienveillante et exaltée.

Ça commence à se préciser ; à se peaufiner… Tu assistes à la naissance d’une cosmogonie surréaliste. Tes iris émerveillés observent la formation du continent fantasmatique, son élévation dans l’azur bleuté, sa dislocation en un étonnant archipel d’îles flottantes… Et une nature riche, abondante et fugace prend son essor ici et là. De larges forêts de conifères par ci, une jungle tropicale par là, des montagnes aux cimes enneigées, un désert de sel, des plaines lasses, des plages de coraux multicolores… Et les lacs sont des ciels alors que des océans vert émeraude font office de voûte céleste. Ici, les chutes d’eau peuvent couler de bas en haut et alimentent les flots surplombant. Des geysers immenses fulminent du firmament maritime et se transforment en pluie bienfaitrice qui elle, nourrit la faune et la flore de cet immaculé univers.

Et rapidement ou en un million d’années (tu ne sais plus), des monastères de pierre sont érigés sur les flancs escarpés. De petits villages paysans apparaissent sur les différentes îles. On y cultive du riz, du maïs, des olives, des agrumes ainsi qu’une grande variété de thés aux saveurs enivrantes et aux propriétés multiples. Certains qui te plongent dans un profond sommeil bienfaiteur ; saupoudré de songes extatiques et nourriciers pour l’âme. D’autres te font halluciner/planer que tu ne fais plus qu’un avec cette nature faste et belle, avec ses racines, ses fleurs aux couleurs irradiantes, ses brins d’herbes oscillant de par le doux mugissement d’un vent salin.

Des pêcheurs ont fabriqué des barques volantes au bord desquelles ils vont chercher milles espèces de poissons scintillants dans l’éther océanique. Pendant ce temps, des femmes en robes de lin (ornées de breloques scintillantes) s’affairent à préparer les accompagnements d’un festin nocturne… Pendant ce temps, tu vagabondes à travers le village, saluant au passage tes nouveaux compatriotes qui te renvoient des sourires avenants… La nuit venue, les tables sont dressées autour du feu. On se délecte de plats parfumés et de thé houblonné/alcoolisé. Deux lunes couronnent les cieux ; une bleu saphir en plein coeur de la mer en suspension, l’autre (grisâtre et gelée) plus basse à l’horizon.

Les musiciens arrivent alors que s’achèvent les victuailles… Ils sont plusieurs mais dû à une illusion d’optique, on dirait qu’ils ne font qu’un. Ils ont à leur portée un arsenal d’instruments éblouissants : guitares, violons, tabla, flûtes, claviers, pédales à effets, kalimba et autres percussions diverses. Leur mantra cyclique débute tout doucement avec cette guitare en boucle, hypnotique, rassurante, pacifique, séraphique… Et bientôt, les autres éléments sonores se rajoutent au mélange. C’est… BEAU. Tu ne pensais pas que la musique de l’ailleurs puisse être aussi fastueuse.

Tes tympans s’abreuvent ici d’un sorte de New Age kosmiche à souhait, dans lequel on retrouve des éléments s’apparentant au Kraut-Rock le plus mystique (Popol Vuh, Ash Ra Tempel) et à la musique classique indienne traditionnelle ; avec un petit soupçon de folk britannique enfumé de la fin des sixties. Tu penses aussi aux oeuvres qu’on retrouvait jadis sur l’étiquette Jewelled Antler (Thuja, Steven R. Smith, Hala Strana). Toutes ces facettes diverses sont intégrées à une musique qui t’invite à dériver en elle, à te repaître encore plus profondément des subtilités sensorielles de cet autre monde enchanteur.

Les bardes-musiciens, possédés par une quelconque muse (la nature probablement), sont partis pour un très long voyage sonore… Flegmatiques, ils prennent le temps nécessaire pour extirper toute la beauté hirsute de ces longues pièces-fleuves atmosphériques en diable. Celles-ci peuvent parfois dépasser l’heure… Mais jamais on ne se lasse tant chaque petit détail phonique est ravissant… C’est de la contemplation faite musique.

Ils joueront toute la nuit… Certains villageois, joyeusement repus, s’endorment sur des matelas de plumes placés ci et là. D’autres, visiblement en transe, fixent le feu tout en fumant un tabac résineux/huileux. Certains dansent majestueusement autour du brasier. Personne ne parle mais tout le monde est en communion. Tu savoures chaque seconde de ce spectacle.

Au petit matin, alors que l’astre vermeil relaie ses comparses nocturnes et que l’éden infiniment bleu te rappelle tes errances en Afrique du Nord, les troubadours prennent congé… Le cerveau empli d’images fantasques, tous les sens gorgées d’une douce euphorie, tu es prêt à jouir de cette nouvelle journée dans l’ailleurs indomptable.

Puis… tu te réveilles.


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