Ashra – New Age of Earth

Année de parution : 1976
Pays d’origine : Allemagne
Édition : CD, Virgin – 1990
Style : Progressive Electronic, Krautrock, Berlin School, New Age

Exit le Tempel. Manuel Göttsching raccourci le nom de son projet musical alors qu’il se retrouve seul aux commandes d’un objet bruitatif limpide et frais comme un jour de printemps. Architecte sonore au talent infini, notre homme nous livre ici un album aux atmosphères vertigineuses, soyeuses, mystérieuses, recherchées. C’est beau comme ces jardins japonais, tout en sable et en pierres.

Je me souviens encore de la première écoute jubilatoire et de l’émerveillement ressenti alors que « Sunrain » débarquait dans mon cortex cérébral pour ne plus jamais vraiment en ressortir… Cette pièce, c’est le premier jour de ta vie, mais dans un monde totalement nouveau, vierge, diaphane, azuré, brillant d’une luminescence toute particulière. C’est à la fois mélancolique et plein à ras bord d’espoir. Les synthétiseurs et claviers prennent toute la place et créé des mélodies à la fois simples et difficilement discernables. Ça monte tout en douceur pour parvenir à un final des plus orgasmiques.

« Ocean of Tenderness » s’ensuit alors et est, à mon sens, plus une sorte de « peinture sonore » qu’une pièce en soit. Au dessus du ronronnement céleste d’une mer électrique, flotte ces nuages tissés de manière quasi-impressionniste, qui passent lentement au-dessus de nous. Une note de basse répétitive/évocatrice fait irruption et on retrouve alors la guitare translucide de Manuel (présente lors des précédents travaux du Tempel), qui n’est là que pour parfaire ce portrait fantasque d’une nature vivante et évolutive.

« Deep distance », c’est le premier soir qui se couche sur la Terre nouvelle de Göttsching. C’est l’Entre chien et loup qui sert d’introduction satinée aux errances noctambules de « Nightdust », la pièce de résistance du disque. Cette dernière nous sert un ciel bordé d’étoiles psychédéliques, aux couleurs aussi multiples qu’impossibles. Aller simple pour un voyage cosmique au bout de la nuit analogique. Dur de parler des émotions et des images qui m’assaillent à son écoute.

En résumé, voilà là un album-trip qui propose une expérience des plus singulières et qui plaira à ceux qui savent être patients et contemplatifs. De plus, c’est un monument important dans l’histoire de la musique électronique.

P.S. : Les fans de Burzum trouveront quelques ressemblances entre « Tomhet », pièce ambiante qui clôt l’excellent « Hvis Lyset Tar Oss » et le dernier morceau de ce « New Age of Earth ».


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