Big Blood – Big Blood & The Bleedin’ Hearts

Année de parution : 2008
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD-R, Dontrustheruin – 2008
Style : Avant-Folk, Folk Psyché, Gothic Country

Dustbowl-Era… Le Soleil orangé-rougeâtre, qu’on dirait bourré d’explosifs, se fond sur la lande dévastée… On distingue un homme à l’horizon, chapeau de paille, regard de braise qui renvoie à l’astre vermeil, un baluchon plein de bibles déchirées sur l’épaule. Il avance lentement, à travers la poussière qui charge l’atmosphère environnante. Il prend son temps ; en fait, il est le temps. Il est poussière. Il est le sol érodé qui s’affaisse sous ses pieds. Le ciel prend des teintes impossibles et le recouvre entièrement, alors qu’il poursuit inlassablement sa route vers l’absolution.

Autre scène, un saloon déserté. La tempête a trouvé le moyen d’entrer, comme partout ailleurs. Tout n’est que sable et poussière dorée. La porte s’ouvre alors et un vieil aveugle à barbichette fait son entrée sur scène, sous des applaudissements fantômes. Il s’assied au piano et se met à jouer une complainte honky tonk désaccordée. C’est aussi étrange que magnifique. À travers la fenêtre ovale en haut du bar, un rayon de lune illumine le visage rapiécé de notre comparse alors qu’il chantonne à voix basse, pour lui-même, les vestiges d’un passé glorieux.

Troisième scène : un cirque ambulant, arrêté en plein milieu d’un trou perdu au Missouri. Plus d’argent. Plus de bouffe. Ils font cuire le vieux clébard de la trapéziste, tout tristounets d’être réduit à bouffer leur pote canin ; mais la faim justifie les moyens. Clowns, femmes à barbes, filles de joie, magiciens, dompteurs, conducteurs de caravane… ils sont tous assis autour du feu, armés de leurs banjo, guitares, violons, clochettes ; et livrent un hommage musical décharné à ce cher vieux Houdini. La voix d’une des putes est particulièrement sublime ce soir et s’élève célestement dans tout ce fatras dronesque.

Dernier acte : juste des photos noirs et blanc. Une famille de paysans qui sourient pour l’objectif, devant leur petite ferme aussi miteuse que chaleureuse. Des poupées vaudou. Un harmonium surmonté de diverses chopes de bière. Un cheval mourant sur le sol, le regard perdu dans l’ivresse des derniers moments. Un vendeur de souliers ambulant, casquette sur le coco, qui marche le long d’une voix ferrée. Une moissonneuse-batteuse abandonnée en plein milieu d’un champ. Et l’homme au baluchon, de dos, qui s’engouffre dans la tempête de sable qui s’apprête à l’envelopper tout entier.


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