Blank City – Celine Danhier

année de sortie : 2011

pays : États-Unis

sujets : No Wave, DIY, NYC

durée : 94 minutes

Blank City retrace le No Wave, un courant artistique qui a chevauché le punk durant les années 1970 à New York et qui a touché surtout le cinéma et la musique.

À l’aide d’archives et d’entrevues, la réalisatrice réussit à évoquer le climat créatif et l’atmosphère de New York, au bord de la faillite à l’époque. Un grand quadrilatère de Manhattan laissé à l’abandon fut le terrain d’expérimentation des figures de proue du mouvement. Il faut voir ces images du Lower East Side en ruines et ces wagons de métro couverts de graffitis. Quand on voit ce que New York est devenu, difficile d’imaginer que cette ville ait été laissée dans un tel état.

L’aspect cinématographique est bien couvert avec des entrevues avec Jim Jarmusch, Steve Buscemi, John Waters et d’autres qui ont fait leurs classes dans ce qui allait devenir le cinéma indépendant. Plusieurs extraits rigolos et trash ponctuent le film. Côté musical, on est aussi bien servi avec des entrevues avec James Chance (Contorsion), Lydia Lunch, John Lurie (Lounge Lizards) et d’autres. Tout au long du film, la musique est très bonne. À noter dans le générique de fermeture, Jeff & Jane Hudson, un groupe plus proche du new wave ou de l’alterno que du No Wave, mais bon ça fait quand même plaisir à entendre.

Si la grande prouesse de la réalisatrice est d’avoir réussi à évoquer la scène et le climat d’exubérance créative, le film pèche toutefois par certaines longueurs et des répétitions. Fallait-il vraiment montrer TROIS fois Jean-Michel Basquiat marchant devant les ruines d’immeubles du Lower East Side avec un canevas ? J’en doute. De plus, il semble y avoir une certaine confusion entre le No Wave, le punk et le new wave, trois courants distincts qui ont eu lieu à peu près à la même époque. Le film attribue aussi le DIY —Do It Yourself— au mouvement No Wave, alors que c’est plutôt l’héritage du punk. Le DIY est cette façon que les gens ont eue de faire les choses eux-mêmes avec des moyens modestes et/ou inexistants.

Le film englobe dans le No Wave une partie de la culture hip hop, notamment en abordant l’extraordinaire film Wild Style, premier documentaire sur cette scène mythique. Ça ajoute à la confusion des genres mais ça reflète aussi la grande variété créative de l’époque où punk, new wave et rap n’étaient pas aussi éloignés qu’on pourrait le penser. Et ça, c’est une autre force du document.

Un autre film dans le même genre est Downtown 81, un classique de l’époque doté d’une bande son à couper le souffle. Le piétage avec Jean-Michel Basquiat provient de ce film.

© Alain Cliche, 2011.

One comment

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s