Compte-rendu Psycho Las Vegas // Jour 1 (16 août 2019)

Nous y sommes! Voici le compte-rendu du Psycho Las Vegas 2019, jour 1!

Candy (Hardcore/Powerviolence)

Les hostilités commencèrent avec le groupe Candy, une jeune formation prometteuse œuvrant dans le style hardcore et powerviolence. Incluant des membres de la défunte formation Malfunction, Candy offrait une symbiose de hardcore métallique et parfois noise, entremêlé d’un discours d’urgence révolutionnaire. Candy avait plus d’un tour dans son sac, s’adaptant très bien à la foule du Psycho, amenant même des riffs un peu plus lents qu’à leur habitude parsemés de solos improvisés ainsi que des percussions explosives. Le chanteur Zak Quiram quant à lui, n’a jamais baissé en intensité. Une belle performance d’un groupe dont les promesses sont assez élevées pour son genre respectif!

Royal Thunder (Hard Rock/Psychédélique/Stoner)

Le Psycho Las Vegas offrait la possibilité aux plaisanciers qui n’assistaient pas au festival, de se familiariser avec cet événement particulier. Pour se faire, le Psycho Las Vegas s’est doté d’une scène en plein milieu du casino Mandalay Bay pour faire jouer des groupes à la sonorité plus douce, mais respectant tout de même l’état d’esprit du festival. La venue de Royal Thunder fut une excellente entrée en la matière, alors que ce groupe excelle dans un tumulte de hard rock entremêlé de rock progressif et de grunge. La présence particulière de Mlny Parsonz au chant et à la guitare fut fortement remarquée. On aurait cru à Janis Joplin entouré de Led Zeppelin par moments! La majorité des chansons parvenaient de leur plus récent opus Wick, qui représente l’album le plus abouti de leur carrière. Et on ne peut en douter, car Royal Thunder est un groupe réellement au sommet de sa forme présentement.

Hangman’s Chair (Sludge/Doom Mélodique)

Hangman’s Chair est un groupe de l’Hexagone qui venait donner leur première performance à vie en sol nord-américain. Pour certains, Hangman’s Chair était potentiellement une des meilleures découvertes à faire durant ce festival…et ce fût le cas! Les 4 français ont maîtrisé leur répertoire doom métal teinté de mélodies langoureuses et abstraites d’une facilité déconcertante, aidée d’un des meilleurs sons de la fin de semaine. Les prémices d’un Pallbearer ou Alaric étaient reconnaissables. Les mélodies (empruntées au style post-punk) se voulaient époustouflantes et accompagnaient la voix claire de Cédric Toufouti d’une étanchéité sans bavure. Pour conclure le tout de la meilleure manière qui soit, le quatuor invita Perturbator à l’accompagnement de leur pièce «Tired Eyes», tirée de leur oeuvre Banlieue Triste, qui fut exécuté sans faille, venant chercher la corde sensible de plusieurs. Grandiose!

The Crazy World of Arthur Brown (Rock Psychédélique)

Arthur Brown est considéré à juste titre comme le Alice Cooper du rock psychédélique. Sa personnalité excentrique, sa présence théâtrale particulière et son style vocal lyrique en font de lui un pionnier du shock rock. Doté d’une feuille de route impressionnante et agissant comme un ambassadeur hors pair du Psycho, le vieux loup de 77 ans ne s’est pas laissé imposer par les contraintes de son âge avancé. Costumes hauts en couleur, pitreries et sermons furent les grandes lignes de sa performance. Ses musiciens accompagnateurs offraient une alternative beaucoup plus funky à la musique du God of Hellfire, qui fût une aventure tout simplement enjouée sans bavure. Les «Want to Love», «Touched by All» et bien sûr la célèbre «Fire» retentissaient d’un enthousiasme contagieux. Le vieux Arthur ne cessera jamais de nous surprendre!

Devil Master (Black Metal/Punk)

Devil Master est une jeune formation en pleine effervescence œuvrant dans du black métal entremêlé de punk. Sur papier, la formation de Philadelphie semblait tenir de bonnes promesses avec une mise en scène très théâtrale et un album dont le bouche-à-oreille a eu son petit effet, Satan Spits on Children of Light. La réalité est que venue le temps de se mettre en valeur, Devil Master plongea une bonne poignée de spectateurs dans un scepticisme des plus probants… Si la musique produite était tout de même bien rendue, le mysticisme et l’originalité qu’on lui avait supposément tant vantés n’avaient rien pour faire vraiment accrocher le spectateur. La formation aurait du porter une attention beaucoup plus particulière à cet aspect de sa performance, quand on sait que plusieurs de leurs semblables sont capables de le faire de très belle façon. La formation semblait très timide et se contentait de donner un spectacle bien en deçà des qualités qu’on lui avait prédites. Cependant, la porte n’est pas fermée pour une amélioration future. L’horaire de tourné chargé des prochains temps pour le groupe saura peut-être les faire gagner en confiance et remplir les attentes qu’on attend d’eux.

Graveyard (Blues Rock/Hard Rock/Stoner)

Pour plusieurs festivaliers, les Suédois de Graveyard représentaient une des valeurs sûres du Psycho Las Vegas. La troupe a su faire sa feuille de route en accompagnant des groupes de renoms, bonifiant à chaque fois les attentes placées en lui. Il ne faudrait surtout pas passer sous silence que le quatuor compte probablement un des meilleurs chanteurs du genre dans ses rangs (si ce n’est le meilleur) : Joakim Nilsson. Dès les premières instances de «Walk On», Graveyard conquit le public par son hard rock bluesy contagieux. Les «Cold Love», «Please Don’t» et «The Fox» furent joués d’une manière irréprochable, avec un son tonitruant hors pair et des musiciens au sommet de leur forme. «Uncomfortably Numb» fût un fait marquant de la 1ere journée, tant son approche calme et sereine était un beau contraste offert aux spectateurs, qui avaient leurs sourires fendus jusqu’aux oreilles. La confiance, la simplicité et la polyvalence de Graveyard en font sa formule gagnante. Le coup de grâce fut donné avec l’exceptionnelle «The Siren», par une performance stupéfiante de son chanteur, avec la fameuse ligne «…tonight the demon came into my head!» qui eut l’effet d’un coup de poignard dans le ventre. Une grande performance digne des plus grands noms de la musique rock.

Godspeed You! Black Emperor (Post-Rock)

«Godspeed You! Black Emperor va jouer à Las Vegas»… en voilà une phrase étrange qu’on ne pensait pas s’avérer vrai de sitôt ! La fierté montréalaise comme choix de tête d’affiche représentait une carte cachée intéressante pour plusieurs festivaliers. La vague d’appréhension était très palpable à l’entrée des musiciens. Quelques ajustements, mise en marche des projections, l’envoi d’accords de guitares sinistres et on démarrait l’aventure. Les 9 musiciens exerçaient leur musique d’une beauté enivrante, dotée d’une sensibilité et d’une froideur dont eux seuls connaissent le secret. L’acoustique de la salle leur permettant de se justifier amplement, Godspeed You! Black Emperor provoqua l’intérêt le plus absolu des spectateurs attentifs. Les projections, même si elles furent enregistrées il y a bien longtemps, sont plus que jamais pertinentes dans un climat politique incertain. La légendaire formation post-rock nous a donné en cadeau une nouvelle chanson (titre inconnu pour le moment), qui figurait parmi les «Mladic» et «BBF3». Godspeed You! Black Emperor furent les artisans d’un élan de crédibilité importante du Psycho Las Vegas.

YOB (Doom Metal)

L’engouement pour YOB est toujours présent pour les fans de doom métal. Le groupe a le vent dans les voiles grâce à son dernier album, Our Raw Heart. Mike Scheidt et ses collègues avaient l’honneur d’ouvrir la scène de la Plage, qui donnait une ambiance paradisiaque. Un peu contradictoire avec la musique de YOB, qui elle se veut agressive, lourde et parfois psychédélique. La formation de Portland trouva le moyen d’incorporer «Atma» et «Our Raw Heart» durant le spectacle, qui reçut l’approbation des centaines de spectateurs, baignant dans un soleil au bord du crépuscule. La véritable pénombre cependant était le son tout simplement horrible auquel YOB a dû faire face. Le son de la basse prenait constamment le dessus, ce qui ne laissait aucune chance à son chanteur/guitariste de se faire valoir. Rajoutez à cela un temps alloué assez court. Les dommages furent assez importants que la prestation ne put être appréciée à sa juste valeur, malgré une interprétation exclusive de la chanson «Grasping Air», accompagnée pour l’occasion par le bassiste de Amenra.

High On Fire (Sludge Metal/Thrash Metal/Stoner Rock)

C’est dans une ambiance survoltée que le Maire du Psycho Las Vegas, Matt Pike (Sleep), et sa bande prenaient place sur la scène principale du Mandalay Bay. Fort de son dernier opus Electric Messiah, lauréat d’un Grammy, on sentait que High On Fire était gonflé à bloc de nous fournir enfin les chansons de cet album en formule live. Malgré un temps d’attente un peu long à cause de problèmes techniques, le trio mit le feu aux poudres grâce à une prestation musclée et pleine de conviction, fournissant les munitions nécessaires à une musique rapide, technique et primitive. Le grand Matt Pike, ayant été affecté par une amputation de l’orteil récemment, n’a rien perdu de son talent de guitariste, qui est déjà considéré comme un des meilleurs de la profession de par sa prouesse de machine à produire des riffs, ainsi que des solos excitants. La chimie créée par les 3 comparses servit d’exemple pour alimenter les chansons de Electric Messiah, mais également de leurs vieux succès comme «Carcosa», «Rumors of War» ou même encore «DII», qui effectua son retour dans la play-liste au grand plaisir de plusieurs. Le tout fut conclut par «Snakes on The Divine», chanson phare du groupe, qui initia une grande séance de remue-tête de la majorité des spectateurs présents. Brillante performance!

Fu Manchu (Stoner Rock)

Les pionniers du stoner rock Fu Manchu n’ont plus besoin de présentation. Les prestations live du groupe sont toujours appréciées, et ce n’est jamais la forte tenure en volume qui manque! Les décibels engendrés par Fu Manchu font surtout foi d’un groupe qui porte une attention particulière au son qu’il émet. Le groupe de Californie suscita une réaction énorme et l’engouement créée par leur prestance scénique ne fit que renforcer le mythe derrière eux. L’énergie déployée durant «Evil Eye» et «Godzilla» fut telle que certains plaisanciers ont demandé à baisser le volume! De par leur attitude punk et leur expérience, Fu Manchu mis la table pour la tête d’affiche principale de la 1ere journée, Electric Wizard

Electric Wizard (Doom Metal/Stoner)

C’est dans une ambiance rappelant l’Église orthodoxe que le mythique groupe stoner/doom metal anglais Electric Wizard s’amena en véritable conquérant. Après l’anticipation établie par une chanson de Celtic Frost, la salle s’assombrit, les projections de films d’horreur commencèrent à se mettre en marche, le fuzz bien réchauffé et une foule en délire totale. L’engouement que crée la troupe de Jus Osborn ne s’est jamais estompé, tant le groupe bénéficie d’une place privilégiée pour les amateurs du genre. Sous le grand tonnerre de fuzz qu’Electric Wizard proposait, on pouvait reconnaître la damnée «Witchcult Today», la toujours efficace «Return Trip», et l’étrange «Satanic Rites of Drugula». Electric Wizard eut le choix judicieux de présenter une chanson de chacun de ses albums, qui permettait une rétrospective complète du groupe. Pendant l’heure et demie accordée pour le groupe anglais, la pédale fut mise au plancher pour l’ensemble de la performance, suscitant admiration et respect. Le visuel ayant une place prédominante dans le spectacle, les projections de films d’horreur, sorcières et autres malfrats cadraient parfaitement bien avec la vision morbide et étrange de Electric Wizard. En finissant avec l’infâme et grand classique du groupe, «Funeralopolis», Electric Wizard assénait le coup de grâce nécessaire pour une journée fort chargée en émotions et en musique de qualité. Jus Osborn et sa troupe se retirèrent dans les acclamations les plus nourries de la journée, avec un sentiment du devoir accompli.

Perturbator (Synthwave/Electronique)

James Kent (alias Perturbator) eu l’honneur de clore cette 1ere journée de festival avec sa musique électronique, nommée synthwave, dont il est le plus grand représentant. Ici, ce sont tout ce qui a rapport aux années 80 qui est à l’honneur. La musique que Perturbator propose est futuriste, sombre et très riche en anticipation. Malgré le regret d’une production quasi absente qu’on lui connait (pyrotechnie, jeu de lumière sophistiqué), Perturbator ne vola pas sa place. Son univers coloré dégagea énormément d’air, tant chaque section rythmique se voulait toujours plus intense et sans hésitation. L’ajout d’un batteur de tournée rajoutait également beaucoup de profondeur au son, déjà nourri par la horde de synthétiseurs omniprésents. Les «Neo-Tokyo», «Satanic Rites» ainsi qu’«Humans Are Such Easy Prey» ont retenu l’attention. La journée se termina comme elle avait commencé, avec beaucoup d’intensité et de panache.


Compte-rendu du jour 2 disponible ici: https://bruitdefond.blog/2019/08/23/compte-rendu-psycho-las-vegas-jour-2-17-aout-2019/

Compte-rendu du jour 3 disponible ici: https://bruitdefond.blog/2019/08/30/compte-rendu-psycho-las-vegas-jour-3-18-aout-2019/?fbclid=IwAR1pyD__BcAh-YTdpm_8byLNiiwFjur2DANL2c9N0OJy7rD_bmb-1RgBs4U

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