Compte-rendu Psycho Las Vegas // Jour 2 (17 août 2019)

Après une première journée assez remplie, voici le compte-rendu du Jour 2 du Psycho Las Vegas 2019!

Mork (Black Metal)

La venue de Mork en sol nord-américain était surprenante pour plusieurs. Le groupe norvégien de black métal en était à sa première visite aux États-Unis et malgré le fait qu’ils étaient le premier groupe à jouer de la journée, la foule se voulait très réceptive et enjouée de la venue de ce groupe à la tenure misanthrope. Avec des guitares à trémolos acérés, une prestance scénique typique black métal et une musique d’une noirceur sans compromis, Mork a réussi son pari de convaincre le Psycho que le black metal a bel et bien sa place au festival. Sans bousculer les mœurs, Mork fut une belle révélation et bon nombre de spectateurs se sont donné la promesse de surveiller la carrière de ce groupe obscur.

Tomb Mold (Death Metal)

Sans le savoir, la formation de death metal technique Tomb Mold allait en mettre plein la vue aux spectateurs et devenir une des performances les plus appréciées du festival. Le groupe fait flèche de tout bois avec son nouvel album Planetary Clairvoyance, dans un genre plus que jamais contingenté et à la recherche de sang nouveau. Tomb Mold a complètement pulvérisé le House of Blues avec les 45 minutes offertes par son death metal très groovy, intelligent et dévastateur. Il ne faut surtout pas passer sous silence le boulot irréprochable du batteur Max Klebanoff, qui à travers les blasts beats et un growl caverneux démoniaque, a livré là probablement une des meilleures performances individuelles du festival. Ses 3 collègues en avant de lui s’assuraient de donner une démonstration de leur savoir-faire technique, avec une conviction hallucinante.

Old Man Gloom (Sludge Metal)

Quand vous avez devant vos yeux Aaron Turner (ex-Isis, Sumac), Stephen Brodsky (Cave In, Mutoid Man) et Nate Newton (Converge, Doomriders), vous savez que vous allez assister à quelque chose de spécial. Le super-groupe Old Man Gloom livra une prestation exemplaire, qui donna le mot d’ordre aux têtes d’affiches suivantes de se surpasser. OMG n’avait aucune intention de faire office de touriste, profitant pleinement de l’acoustique d’un amphithéâtre pour délivrer son sludge/post métal d’un martèlement parfaitement maîtrisé. Même si n’étant pas reconnus pour une technique hors pair, le flair des grooves de ses compositeurs ainsi que leur grande expérience ont démontré que Old Man Gloom est un groupe qu’on devait considérer comme une des meilleures performances de tout le festival. Un jeu de lumière intrépide et bien calculé leur a donné également un coup de pouce nécessaire à bien transcender leur musique. La palme du son le plus lourd du festival appartient à Old Man Gloom. Une performance magistrale sur tous les points de vue!

Soft Kill (Post-Punk/New Wave)

Le groupe de Portland Soft Kill constituait une cassure avec l’amont de décibels délivrés jusqu’à présent. Malgré un style beaucoup plus doux et épuré, la formation post-punk n’allait cependant pas être un simple coup de dés dans une programmation éclectique. Du brouillard à profusion et une mise en scène minimaliste furent le terrain d’une performance surprenante de leur part. On pouvait ressentir un groupe qui se voulait très intègre, sensible et plus important encore, très captivant. Rappelant à coup sûr des groupes tels que The Cure, Depeche Mode ou encore Joy Division, Soft Kill fut magistral dans son approche, particulièrement durant les chansons «Heresy», «Wanting War» et leur meilleure chanson, «Whirl». Doté d’un son tout simplement fantastique (probablement un des meilleurs sons de la fin de semaine), le groupe de Portland a été une bouffée d’air frais accueilli à bras ouverts par l’audience. La majorité des festivaliers ayant assisté à leur prestation quittèrent la salle avec la sincère conviction que Soft Kill représentait un de leurs coups de cœur de la fin de semaine.

Carcass (Death Metal Mélodique)

Carcass est toujours un happening à voir, même pour ceux qui ne sont pas fan du genre death metal. Malgré que le groupe anglais roule sa bosse depuis des années, certains ont encore l’impression que Carcass demeure un groupe sous-estimé dans le genre. Pourtant, ces pionniers du death metal mélodique ont toutes les qualités requises pour être un groupe de grande qualité. Jeff Walker, toujours enjoué, est un frontman hors pair qui n’hésite jamais à motiver une foule un peu amorphe. Les prouesses techniques de Carcass sont évidemment vivement remarquées, tant les riffs énergiques et mélodiques du groupe font leur marque de commerce depuis tant d’années. Les «Corporal Jigsore Quandary», «Unfit for Human Consumption» et «Captive Bolt Pistol» sonnaient comme une tonne de brique. Les nombreux moshpits durant la performance consacraient également à motiver davantage la troupe, qui n’allait pas se laisser prier pour donner tout ce qu’elle avait. Une performance grandiose d’un groupe qui impose le respect et qui n’a aucune vulnérabilité.

Black Mountain (Indie Rock/Rock Psychédélique)

On passe à un tout autre registre alors que le groupe canadien Black Mountain fit son apparition sur la scène de la Plage. Le groupe de Vancouver donne dans un indie rock, teinté d’influences psychédéliques. Leur réputation est grandissante, alors que leur penchant rétro et l’emploi d’une multitude de synthétiseurs et effets électroniques aident à créer une ambiance d’exotisme vacillant de flammes. Black Mountain est une force tranquille, qui prendra un certain temps à s’accoutumer après son envol. Une fois avoir pris son altitude, l’envoûtement se crée facilement et requiert une attention particulière, même après leur performance. Black Mountain est probablement le groupe s’étant le mieux exprimé au festival, laissant la place à une curiosité grandissante de ce groupe qui est appelé à composer de grandes réalisations musicales.

Mark Lanegan (Rock Alternatif/Grunge)

Mark Lanegan. Voilà un nom qui fit écarquiller bien des yeux tant cela représentait une surprise plus que bienvenue. Le légendaire chanteur, reconnu pour sa contribution avec des groupes tels que Queens of The Stone Age, Screaming Trees, ou encore The Gutter Twins (pour ne nommer que ceux-là), allait donner une belle impression aux spectateurs présents sur la scène de la Plage. Derrière cette personnalité timide se cache un artiste de grand talent qui a su parfaitement bien s’adapter à l’état d’esprit ”Psycho”. Son ton de voix grave unique et un peu éméché, rappelant Nick Cave ou Leonard Cohen, cadrait merveilleusement bien avec un rock alternatif moderne et inventif. Les chansons phares de son répertoire, particulièrement de l’album Blues Funeral, furent les mieux accueillies. Il put également nous fournir un avant-goût de son prochain album Somebody’s Knocking, à paraître prochainement cette année. Petite surprise également, alors que Wesley Eisold du groupe Cold Cave s’invita le temps de la chanson «Death Trip to Tulsa», qui concluait une superbe performance sous les applaudissements chaleureux de la foule.

Sumac (Post-Metal/Experimental)

La formation black métal psychédélique Oranssi Pazuzu ayant dû annuler sa présence en raison de problèmes de visas, c’est Sumac fut désigné pour les remplacer au pied levé sur la scène de la Plage. Il va sans dire, ceci est une merveilleuse décision, sachant que Sumac fut un fait saillant de l’édition 2017 du Psycho, alors qu’il s’était produit également sur le bord d’une piscine. Suite à cet écho, et probablement encore motivé suite à la performance inspirante de Old Man Gloom un peu plus tôt, Aaron Turner et ses collègues de Sumac reprirent là où ils nous avaient laissé. La foule, quoique n’étant pas habitué aux bidouillages et expérimentations que Sumac proposait, eu l’amabilité de reconnaître le talent indéniable de ce groupe qui s’impose déjà comme un des meilleurs de la décennie. Les riffs de Sumac étaient très perceptibles, groovy et parfois imprévisibles. Mention spéciale également à l’intrépide et dévoué Nick Yacyshyn (Baptists), un batteur de grand talent. La structure musicale du groupe repose presque entièrement sur ses épaules. Malgré une foule un peu dispersée déjà en attente de la tête d’affiche principale, Misfits, Sumac a su trouver le moyen de rendre sa performance ancrée dans plusieurs esprits qui contribuera à nourrir sa légende.

The Original Misfits (Horror Punk)

La tension était palpable, les murmures incessants, l’attente interminable…les portes de l’Halloween s’ouvraient toute grande pour la tête d’affiche la plus attendue de tout le festival, la formation originale des Misfits. L’occasion de voir ce groupe une fois dans une vie et interpréter leurs vieux succès qui ont fait leur renommée est un cadeau que peu de festivaliers pouvaient laisser passer. Glenn Danzig et sa bande sauta sur la scène de l’amphithéâtre du Mandalay Bay rempli à pleine capacité, et l’énergie déployée par le groupe eut l’effet d’une bombe à travers la foule. Les moshpits furent incessants et endiablés, et les chants à l’unisson devaient se faire entendre sur tout le Strip de Las Vegas! Le début de la performance fut miné par des problèmes techniques qui gagnèrent bientôt la colère des musiciens. Parlez-en à Jerry Only, mécontent, qui cassa au moins 2-3 basses tel un joueur de baseball qui casse sa batte après s’être fait retirer sur 3 prises. Le tout fut cependant réglé, et les musiciens reprirent le boulot dans une atmosphère surréelle. On retiendra cependant un enthousiasme surprenant de Glenn Danzig, qui était motivé à donner tout ce qu’il avait dans le ventre. Même Doyle Wolfgang von Frankenstein éclipsa un sourire dans tout son martèlement de guitare! Aidé pour l’occasion par Dave Lombardo (ex-Slayer) à la batterie, le setlist d’une trentaine de chansons balancé par les Misfits était impressionnant. Les «Halloween», «Last Caress», «Skulls», «London Dungeon» et l’éternelle «We Are 138», pour ne nommer que ceux-là, renforcèrent le sentiment de nostalgie et d’énergie déployé par tous. Les visuels, mettant surtout en vedette le fameux Crimson Ghost, étaient omniprésents, bien rodés et avaient un thème spécifique pour chaque chanson. La boule d’énergie s’estompa après une heure et demie, alors qu’une horde de fans regagnaient leurs chambres en chantant à l’unisson…«We Are 138!». Une prestation au-dessus des attentes, digne d’une vraie tête d’affiche numéro 1.

The Black Angels (Rock Psychédélique)

Les plus tenaces continuaient la soirée avec un groupe de rock psychédélique qui retient beaucoup l’attention, The Black Angels. Cette formation texane est un excellent exemple de ce qui se fait de mieux dans la vague psychédélique moderne. Très proches de groupes tels que The Brian Jonestown Massacre ou B.M.R.C, The Black Angels répondirent à l’appel en offrant une ambiance particulière, rappelant une aura de Woodstock 69′. Entre la puissante attaque de guitares étanches, vous obtenez également de beaux accords choisis ou des lignes de basse élancées. «Young Man Dead» et «Currency» associent au mieux ces styles entremêlés, tandis que le groove ardent de «Phosphene Dream» fut probablement le moment le plus fort de cette performance très colorée. Ces changements d’humeur se produisirent tout au long de leur performance, chaque chanson livrée à un tempo différent et partageant sa propre diversité, le tout amplifié par des visuels hallucinogènes.

The Obsessed (Doom Metal/Stoner Rock)

Quoi de mieux que finir une journée rocambolesque avec les vétérans de The Obsessed? Ce bon vieux loup de Scott «Wino» Weinrich (Saint-Vitus), allait nous donner un véritable aperçu du pourquoi il est considéré à juste titre comme une figure importante du stoner rock et doom metal. Avec l’état un peu trop avancé de la foule, les ingrédients étaient mis en place pour une performance du tonnerre par ces vieux routiers. L’aisance du jeu de guitare que Scott Weinrich produisait était fascinante. Il peut créer un son mélodique lourd et très riche qui est en avance sur son temps. Avec les «Forever Midnight», «Sodden Jackal» ou même «Sacred», on reconnait ici un son très aventurier, comme si le bon vieux Scott raconte une épopée d’un solitaire sur sa moto, évoquant la liberté des paysages. La formation mythique du Maryland donna un concert à la hauteur de sa réputation. Elle fut fiable dans son approche, et en toute sincérité, sans bassesse.

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