Compte-rendu Psycho Las Vegas // Jour 3 (18 août 2019)

Après 2 jours de musique de qualité et autres aventures psychédéliques, voici le compte-rendu du jour 3 du Psycho Las Vegas!

Warhorse (Doom Metal/Sludge)

Pour démarrer les hostilités en cette dernière journée qui s’annonçait encore fort chargée, la formation Warhorse se réunissait pour un concert exclusif au Psycho Las Vegas ; le groupe s’étant séparé en 2005. Voici un bel exemple d’une exclusivité dont le Psycho pouvait se permettre. Warhorse n’allait nullement rater sa chance de se faire valoir. À la mémoire de l’album As Heavens Turn to Ash, Warhorse était un des groupes avec un des sons les plus lourds de tout le festival. Les riffs percutants, une voix éméchée et une ambiance glauque définissaient le son de ce groupe défunt. Ce doom metal rappelant les Conan, Cough ou Electric Wizard en a fait baver plusieurs…et donner des maux de têtes à une horde de fans qui se secouaient la carcasse assez vigoureusement! En espérant que cette réunion du groupe n’était pas seulement pour un concert exclusif et que la troupe saura renaître de ses cendres pour de bon…

Have a Nice Life (Rock Expérimental/Post-punk)

Have A Nice Life est un groupe très difficile à décrire. Post-hardcore? Post-punk? Rock expérimental? Rock alternatif? Une chose est sûre, la formation du Connecticut peut se vanter d’être un choix de prédilection pour de nombreux mélomanes présents, avec à son appui, un des meilleurs albums rock de la décennie 2000 avec Deathconsciousness. La décision d’aller voir une des apparitions que trop rare de ce groupe en concert était la bonne, car il constituait une des performances avec la démarche artistique la mieux réussie et la plus sophistiquée. Les visuels minimalistes renforçaient également l’étanchéité d’un son unique, toujours en constante évolution. Le chanteur Dan Barrett avait également une présence scénique captivante, gesticulant sans cesse, transcendant une émotion sans nom. La symbiose des musiciens se faisait en parfaite harmonie, évoquant parfois Talk Talk ou The Cure. Intriguant, captivant et magnifique d’un bout à l’autre.

Mogwai (Post-Rock)

Il y a un moment qu’on a pas eu de nouvelles de la mythique formation post-rock écossaise, Mogwai. La renommée de ce groupe passe par des ambiances atmosphériques hors-pair et d’un son d’une violence parfois imprévisible. Après un temps d’attente assez long, le groupe pris place avec des acclamations du public qui vouait tout le respect nécessaire à ce groupe culte. Le son de Mogwai, très épuré en début de parcours, se métamorphosa en un assaut sonique, qui constitue leur marque de commerce. Mogwai en profita également pour faire une rétrospective de leur carrière, en incluant une chanson de chacun de leurs albums. «Rano Pano», «Cody» ainsi que «Auto Rock» étaient les chansons phares d’un groupe abouti, qui a établi ses lettres de noblesses à travers le monde aux côté de Sigur Rós et Godspeed You! Black Emperor. Malgré son statut de groupe «doux» durant le festival, la reconnaissance des spectateurs, elle, fut chaleureuse et bruyante envers le groupe, qui célèbre bientôt ses 25 ans. Un passage remarqué.

Dead Meadow (Stoner Rock/Psychédélique)

Dead Meadow propose un mélange enivrant de psychédélisme lourd et de stoner rock puissant et divertissant. Avec des projections déjantées, la formation de Washington rappelle des formations telles All Them Witches ou Earthless. Une approche plutôt psychédélique, un fuzz bien propulsé et une attitude sobre, Dead Meadow était la petite perle bien enfouie dans l’océan. L’expérience du groupe transpirait à vue d’œil, avec des sections résonantes de guitares, de basses graves et de percussions claquant dans l’espace-rock, avant de redescendre sur terre avec quelques riffs percutants. Ceci est le résultat d’une équation fantastique d’un concert bien rôdé que nombre de spectateurs appréhendaient.

Uncle Acid & The Deadbeats (Stoner Rock/Doom)

Uncle Acid & the Deadbeats n’a plus réellement besoin de présentation. La formation, que beaucoup entrevoyait autrefois comme un bel espoir dans le stoner rock/doom, est maintenant un visage bien connu. Ici on a toujours droit aux riffs sombres et fuzzés avec une rythmique solide et des vocaux granuleux. Et avec une belle fiche de route derrière la cravate, nul doute que la formation dirigée par Kevin Starrs est beaucoup plus à l’aise sur scène, et parvient à nous transmettre une musique de qualité, et une performance digne des grands noms du genre. C’est sous une anticipation certaine de la foule, que démarra «I See Through You», suivi de «Waiting for Blood» et la toujours aventureuse «Mt.Abraxas». Mais c’est la toujours exquise «Death’s Door» qui provoqua la meilleure réaction, en particulier auprès de la gente féminine! Une performance enjouée de 1 heure de la formation anglaise qui rappela pourquoi son nom provoque intérêt et admiration.

Truckfighters (Stoner Rock)

Quel son! C’est la première chose en tête qui nous vient en tête lorsqu’on parle de la performance de Truckfighters. L’énergique groupe de Suède effectuait un retour remarqué après une pause nécessaire d’un an. Les suédois célébraient pour cette occasion le 15e anniversaire de leur magnum opus, Gravity X. C’est sous la chaleur accablante que Truckfighters mis la machine en marche et le résultat ne fut que décapant. Entre les sauts périlleux de Niklas Källgren à la guitare et la voix mélodieuse et en feedback du bassiste Oskar Cedermalm, Truckfighters fut prodigieux de par son énergie qui fusait de toute part, ainsi que par le son très fuzzy impressionnant qu’il décuplait. L’album Gravity X fut joué dans son intégralité, avec une forte réaction de la foule qui apprécia la prestation dans ces moindres faits et gestes.

Beach House (Dream pop/Rock Indie)

Pour beaucoup de festivaliers, Beach House représentait un véritable ovni dans cette grande messe du fuzz et des substances illicites. Malgré son statut d’icône du rock indie, Beach House ne créa pas l’engouement nécessaire pour une tête d’affiche. Cependant, c’était grandement sous estimer la formation de Baltimore, car sa performance fut tout simplement époustouflante sur tous les points de vues. Les mélodies langoureuses et rêveuses, rappelant un voyage astral, ainsi que des projections visuelles très nébuleuses et enchanteresses, ont sut faire rappeler à l’audience présente l’importance du trio à ce festival. Le dream pop de Beach House prit une allure beaucoup plus saturé et parfois heavy, étant donné la moulure du festival. Rajoutez à cela une voix douce et aventure de la merveilleuse Victoria Legrand, et vous obtenez un groupe tout à fait sensationnel dans la musique qu’il offre. Entre les «Dark Spring», «10 Mile Stereo», «Elegy of The Void» ou encore «Myth», on sentait que le groupe tentait de justifier sa présence au festival en mentionnant qu’ils appréciaient les autres artistes du festival…alors que cela n’était tellement pas nécéssaire! Beach House avait définitivement leur place, et une de choix dans les centaines de festivaliers venus les acclamer. De loin la tête d’affiche la plus sous-estimé de tout le Psycho Las Vegas.

Integrity (Metallic Hardcore/Metalcore)

Dans un registre beaucoup plus agressif, Integrity était l’as caché de ce festival. En effet, lors du dévoilement de leur line-up, le Psycho Las Vegas avait mentionné la présence d’un groupe secret qui ne serait que dévoilé une fois arrivé au Jour J. C’est donc ce mythique groupe metalcore qui a débarqué sur la scène du House of Blues et faire preuve de sa musique destructrice et punitive. Le toujours imposant Dwid Hellion, hurlait dans la pure décadence et hécatombe qu’on lui connait. Avec une carrière de plus de 30 ans, nul doute que Integrity remplit les promesses à chaque fois et garde la forme. Les «Humanity is the Devil», «I Am The Spell», «Scorched Earth» et «Sons Of Satan» résonnaient avec la férocité qu’on leur connaît. Le guitariste Dominic Romeo, y allait de prouesses époustouflantes avec son instrument, au grand plaisir de la foule de hardcore kids, mais également de sa jeune fille, venu assister à la représentation en coulisses!

Power Trip (Thrash Metal/Crossover)

L’invitation était lancée, la sécurité s’attendait au pire, la foule, elle, motivée… Avec une dernière chance de se faire secouer les puces, une grande majorité de festivaliers s’étaient donné rendez-vous pour la performance de la formation texane Power Trip, et ce au détriment de manquer une des têtes d’affiches principales en Opeth. Profitant de la scène de la Plage pour démontrer de quel bois Power Trip se chauffait, la formation thrash/crossover n’allait pas rater sa chance. Ayant entamé les quelques premières notes de «Manifest Decimation», la foule s’activa dans un tourbillon décadent de circles pits et de moshpits incessants. Le moment était bien choisi pour les gardes de sécurités de prendre une pause! L’énergie décuplé par la foule ne s’est jamais estompé, elle qui a répondu présente aux hymnes de Manifest Decimation et Nightmare Logic. Le groupe lui? Efficace, charismatique et balls to the wall, Power Trip n’a jamais fléchi et n’a jamais dérouté de la mission qu’on lui avait confié.

Kadavar (Stoner Rock/Psychédélique)

Avec la dernière offrande de gros fuzz du festival sur la scène de la plage, les allemands de Kadavar allaient en mettre plein la vue par une présence hors du commun.. Kadavar, c’est l’effet de démarrer un muscle car. Une fois en route, c’est une grosse machine qui ne peut s’arrêter tant elle fait figure imposante. Les 3 barbus, presque sortis d’une machine à remonter le temps, ont démontrés à leurs semblables que présence énergique et gros son étaient de bon mariage. Avec un prochain album à paraitre prochainement, le trio allemand était au summum de leur forme, avec un look et son rétro et un côté occulte qu’on lui préfère. Sous les grands coups de tonnerre engendrés par «Skeleton Blues», «Black Sun» ou encore «Die Baby Die», Kadavar fut un exemple concret de ce qui se fait de mieux dans le stoner rock présentement, avec une férocité irréprochable.

Amenra (Post-Metal/Doom)

Qui d’autre pour enfoncer le dernier clou dans le cercueil que les belges de Amenra? La formation fait écarquiller bien les yeux en ce moment, que ce soit par la puissance de la musique qu’elle émet, ou par une vision artistique accomplie, avec un penchant cinématographique certain. Commençant tel un appel à l’au delà avec «Boden», Amenra plaçait tranquillement ses repères, pour ensuite arriver avec une décharge explosive de riffs percutants et abrasif. Les growls désespérés et retentissants de Colin H. van Eeckhout, habillé tel un prêtre, donnèrent une sensation extrême qui faisait plier l’échine. La formation post-metal/hardcore mit en offrande la toujours somptueuse «Plus Près de Toi (Closer To You)», mais surtout, la magnifique et ardue «A Solitary Reign», qui reçu un accueil plus que chaleureux. Avec des visuels d’une cinématographie exemplaire et une démarche artistique à son summum, Amenra donna le coup de grâce inspiré pour clore ce festival en beauté.

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