Salade écoute sa collection de CDs de # à Z (Part ONE)

Bonjour à tous (oui, même les coatis à nez blanc ) !

L’an passé, je z’yeutais mon opulente collection de disques compacts (que certains qualifient déjà de “reliques du passé”). Et je me disais que là-dedans, il y avait des sûrement des trucs que j’avais pas écouté depuis au moins 15 ans… Et aussi des trucs que j’avais écouté seulement une fois ou deux (voir même : jamais)… L’angoisse, cette bonne vielle compagne de route, a commencé à s’emparer de mon être.

Est-ce qu’il y avait là-dedans des perles incroyables que je n’avais pas apprécié à leur juste valeur ? Était-je un sale matérialiste qui ne pensait qu’à accumuler des bibelots plutôt que savourer la divine musique qu’ils contenaient ? Allais-je manger les pissenlits par la racine avant d’avoir écouté l’entièreté de ma discothèque de près de 3200 CDs ?

Impossible de faire une bonne photo vu l’emplacement de la dite collection.

Donc, pour calmer mes petits nerfs sensibles… l’été dernier, j’ai entrepris un projet de malade mental : écouter TOUS mes albums en ordre alphabétique (à temps perdu), et noter mes impressions au travers de mon périple sonore des plus audacieux.

Cependant, j’ai du abandonner le projet assez rapidement quand mon fils est né en Septembre dernier. La plupart des nouveaux parents vous le diront : avec un bébé, le temps disparaît à la vitesse grand V (y compris évidemment celui qui est dévoué à nos passions et lubies personnelles).

Un an plus tard (pratiquement jour pour jour), je peux me permettre de recommencer l’aventure… Bébé est à la garderie et ma conjointe est retournée au boulot. Ils n’auront donc pas à subir ma “musique de psychopathe” (qui occupe une très grande partie de la dite collection). Je vais donc tenter de partager ici, à travers un nombre assez incalculable d’articles, mes notes et commentaires sur les disques que je vais écouter. À noter que ce ne sera pas de vrais “critiques” mais plutôt de très brefs commentaires. L’écoute des albums ne se fera pas de manière trop active, parce que je conjugue ça à mon boulot (que j’ai la chance de pouvoir effectuer de la maison).

Ma discothèque est grosso modo séparées en 3 sections :

  • La musique classique : en ordre alphabétique, selon le nom de famille du compositeur… le tout suivi par les compilations (époque, instrument, etc…)
  • La musique contemporaine / drone / électro-acoustique / weird 20th and 21th century SHIT : un peu pêle-mêle, sans ordre particulier.
  • TOUT LE RESTE (pop, rock, jazz, metal, électro, hip-hop, ambient, folk, industriel, exotica, soul, funk, etc…) : 95% de la collection. Je vais commencer mon “survol” par cette monstrueuse section qui est classée ainsi ; de A à Z (avec les artistes/groupes dont le nom commencent par un numéro avant les A), puis ensuite les trames sonores, le tout suivi par les compilations…. Et les coffrets sont répartis un peu partout (je tenterai d’en parler à la toute fin ou au travers de l’expérience).

Donc, avant de se perdre davantage dans les tergiversations et élucubrations futiles, commençons donc le voyage (qui, si mes calculs sont bons, se terminera en 2042).

Cette semaine, les # !!!!!

5uu’s – Hunger’s Teeth (1994)

On commence avec un truc que je n’avais jamais entendu ! J’avais écouté l’album suivant du groupe (l’excellent “Crisis in Clay”, 1997) que je n’ai pas et donc, quand j’ai vu cet album en spécial à 5$, je n’ai pas pu résister… C’est fichtrement bon ! Un bel exemple d’actualisation de rock progressif d’avant-garde dans les années 90 (le second wave of RIO). C’est expérimental à fond tout en étant étrangement accessible… La bande du claviériste/batteur déglingué Dave Kerman se munit ici d’un nouveau compatriote de choix : l’incroyable Bob Drake (à la voix, guitare, basse et violon) qu’on a aussi pu entendre chez Thinking Plague. Drake chante un peu comme Jon Anderson (de Yes)… Mais un Jon Anderson fantomatique, biscornu, possédé par une quelconque entité maléfique… Et la musique qui accompagne cette voix est dissonante, sautillante, génialement orchestrée et bourrée de petits détails sonores hirsutes. Un très bon disque à recommander aux fans de Present, Univers Zero et Henry Cow.

10cc – The Original Soundtrack (1975)

Un petit bijou de art-pop ! Ces mecs étaient des maîtres invétérés au niveau de la compo, des arrangements et de la production. Je pourrais les comparer à Frank Zappa dans ce département (si l’oncle Frank s’était focalisé surtout sur l’aspect pop bonbon dans sa riche et exhaustive carrière).

Le tout débute en force avec la suite progressive de 8 minutes et demie : Une nuit à Paris (avec ses sous-sections qui parodient le genre “prog” avec une insolence à peine dissimulée). On y reconnaît tout le génie mélodique des Anglais, ainsi que leur sens de l’humour. S’ensuit LA pièce du groupe que tout le monde connaît : I’m Not in Love. On dirait ce qu’on voudra mais je trouve que ce morceau est juste absolument parfait. Le reste de l’album n’est pas en reste. De la criss de bonne pop 70s, efficace en diable.

10cc – How Dare You! (1976)

On prend les mêmes et on recommence ! “How Dare You” est le dernier disque du meilleur line-up du groupe et aussi leur dernier coup de maître (bien que les deux subséquents soient quand même très bons aussi). On a encore affaire ici à la de la POP SUPRÊME, finement composée et produite par des architectes sonores talentueux jusqu’à la moelle. J’aime beaucoup la pièce-titre instrumentale qui introduit l’album de magnifique façon. La Face A est juste tuerie après tuerie, en particulier “I’m Mandy Fly Me”… Face B un tantinet en deçà mais la pièce finale, “Don’t Hang Up”, est absolument magnifique. Un groupe qui a une réputation kitsch dans certains cercles… mais ne vous laissez pas influencez et ne boudez pas votre plaisir. 10cc est un grand groupe de musique !

13 & God – 13 & God (2005)

Le Salade édition 2005 était dans un GROS trip d’abstract hip-hop et était particulièrement friand de l’écurie Anticon qui le fournissait en merveilles avec une fréquence assez ahurissante… Ce disque, c’est la rencontre entre deux piliers de l’étiquette (Jel et Doseone) et les mecs du groupe de post-hardcore allemand qui s’est progressivement tourné vers le glitch-pop et l’electronica : The Notwist. Un match made-in-heaven pour votre chroniqueur au sourire si doux et aux oreilles ravies.

Le trip s’est beaucoup estompé après toutes ces années et ce disque sonne TRÈS indietronica early 2000s (à la The Postal Service). Donc ça a forcément vieilli comme la plupart des trucs similaires. La prod demeure quand même vachement sympa. Certains morceaux sont très très bons (en particulier “Soft Atlas”). Mais l’ennui s’installe malheureusement par moments (alors qu’avant, tout ceci m’était plus que fascinant). Quand même un bon disque mais je suis rendu ailleurs. Par contre, plusieurs autres disques d’Anticon ont encore toutes mes faveurs et j’ai bien hâte de les revisiter à travers mon odyssée herculéenne.

1349 – Beyond The Apocalypse (2004)

Oh yeaaaaaahhhhh !!!! Un “super”-groupe de Black Metal norvégien peu cité/célébré de nos jours mais qui faisait la pluie et le mauvais temps dans les jeunes années 2000… On y retrouve le splendide Frost (batteur de Satyricon) qui se livre ici à un véritable marathon de blast-beats ultra concis et rapides as fuck. Une musique qui voyage vite et loin, jusqu’au au bout d’une nuit éternelle… La grande technicité ici déployée n’est qu’un instrument de torture de plus dans les mains d’architectes sonores qui ont un seul et unique but : vous aplatir langoureusement le crâne à répétition, tel un rouleau-compresseur. J’ai honnêtement autant de plaisir à réécouter ce disque que lors des “belles années” et ça me donne le goût de creuser un peu plus la discographie de ces démoniaques messieurs. Grand.

2814 – Rain Temple (2016)

Ouais… du Vaporwave ! Mais pas que… C’est avant tout un très beau disque d’ambient dystopique / rétro-futuriste / mélancolique / pluvieux… Une genre de bande son qui pourrait accompagner à merveilles les récits de mon Philip K. Dick adoré. Vous savez, le genre de truc qui joue en fond sonore dans les épiceries de la métropole inhumaine de Blade Runner ?

La vaste majorité des fans semblent avoir préféré le premier opus du projet (“新しい日の誕生 Atarashii Hi no Tanjou” de son joli nom). C’est en effet un des disques porte-étendard du courant “vaporwave” (un style que je trouve aussi génial… qu’épouvantable… étrange dichotomie à l’intérieur même de ma propre matière grise). Personnellement, j’aime autant les deux albums. Et j’aime que dans “Rain Temple”, il y ait une réelle ouverture vers d’autres genres musicaux. À conseiller à ceux qui cherchent un disque de Downtempo un brin bizarroïde et vaporeux.


C’est tout pour cette semaine ! La semaine prochaine, si le temps me le permets, j’attaque les “A”… D’ici là, n’oubliez pas de vous brosser les dents et de prendre vos vitamines !

One comment

  1. Titanesque entreprise ! J’avais peiné à faire ça à une époque où je n’en avais “que” 600/700… Réduite à 200/300 albums, ma collec’ surprend toujours malgré tout, le CD étant maintenant regardé comme un vestige des 90’s ! Je vais suivre ça de près, essayé de découvrir quelques pépites…

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