Beware of Mr. Baker

année de sortie : 2012

provenance : État-Unis

sujets : Ginger Baker, Cream, rock fusion

durée : 140 minutes

Peut-on être à la fois le meilleur batteur rock du monde et un tel trouduc que personne ne veuille jouer avec vous? Ça en a tout l’air, et c’est d’ailleurs ce qu’on apprend dans ce documentaire de Jay Bulger.

Ginger Baker est né en Angleterre au début la seconde guerre mondiale durant laquelle meurt son père. Toute sa vie GB se souviendra de ses sons et de ses explosions qui se répercuteront sur sa musique et sa façon de jouer de la batterie. Le début de sa carrière est fulgurant. Il a joué entre autre avec Cream, une formations qui a influencé une multitude de musiciens de différents genres musicaux. Selon Neil Peart (de Rush), sa plus grande réussite serait d’avoir été le premier à faire des solos de batterie. Mais l’égo et les drogues auront raison de sa réputation et GB finit par s’expatrier au Nigeria où il découvre l’afrobeat de Fela Kuti. Il devient son batteur, ce qui n’est pas peu dire. Baker se lie d’amitié aux «mauvaises personnes», c’est-à-dire à la classe possédante alors que Kuti, de plus en plus politisé, s’oppose à l’injustice. Ça lui coûtera son amitié avec Kuti et son studio d’enregistrement qu’il abandonne soudainement lors d’une tentative de meurtre commandité par la mafia locale.

Le propos narratif juxtapose habilement vie privée et professionnelle et une bonne partie a été réalisée en animation, un procédé qui permet d’évoquer des moments clés. Une sacrée brochette de musiciens ont été interviewés : Neil Peart (Rush), Stewart Copeland (Police), Nick Mason (Pink Floyd), Lars Ulrich (Metallica), Eric Clapton, Jack Bruce (Cream), Charlie Watts (Rolling Stones), Bill Ward (Black Sabbath), Chad Smith (Red Hot Chili Peppers), Mickey Hart (Grateful Dead), Carlos Santana, … mais on se demande tout de même que viennent faire John Lydon et Marky Ramones.

Dans un des moments les plus intenses du film, GB nous confie s’être lié d’amitié avec ses quatre héros de la batterie : Phil Seamon, Max Roach, Art Blakey et Elvin Jones. Les larmes aux yeux, il enlève ses lunettes et on a l’impression qu’à travers ces amitiés, c’est son père qu’il retrouve. « Jesus! Ginger plays like a nigger », aurait dit Max Roach, ce qui, pour Baker, est LE compliment ultime. À la fin de sa vie, il est atteint d’une maladie dégénérative qui affecte sa coordonnation. Le réalisateur coupe à un plan avec la batterie inutilisée. Tout est dit.

.

© Alain Cliche, 2019.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s