Joni Mitchell – Joni Mitchell [aka Song to a Seagull]

Année de parution : 1968
Pays d’origine : Canada
Édition : CD, Reprise – 1987
Style : Chamber Folk, Singer-Songwriter

Moment cute/kitsch : Quand j’écoute Joni, je pense immanquablement à ma maman. Ma mère et moi partageons un amour sans borne pour bon nombre d’artistes musicaux (Genesis et Pete Gab en solo, Gentle Giant, Yes, les Beatles, Blur… pour ne nommer que ceux là). Mais c’est vraiment quand j’entends la voix angélique/somptueuse de Joni Mitchell que je pense le plus à elle. C’est sa chanteuse préférée, sans conteste. Son artiste préférée même (et dans le cas de Joni, on peut aisément parler d’artiste totale sur tous les plans). Celle qui l’accompagne depuis son adolescence. Celle dont la sortie des albums (tous plus riches les uns que les autres) ont ponctué les différents moments de sa vie ; la musique folk éthérée de la Canadienne sublimant ses moments d’euphorie, la réconfortant dans ses moments de doute ou de tristesse. Joni évoluait. Ma mère aussi. Je ne peux dissocier les deux. Elles sont liées en moi.

J’écoute du Joni Mitchell depuis que je suis dans le ventre de ma mère. Je crois donc que c’est l’artiste que j’écoute depuis le plus longtemps. Je n’ai pas toujours été passionné de Joni. Mais dès que ma mère m’a donné la piqure pour de bon (vers les 15-16 ans), c’était décidé : Joni et moi, c’était pour la vie. Elle m’accompagnerait moi aussi dans mes joies, mes peines, mes réalisations, mes défaites, ma maladie mentale, mon angoisse dévorante, les moments charnières de ma vie (passés et à venir); du berceau au tombeau. Joni, c’est l’extension musicale de l’amour infini que j’ai pour ma mère. C’est le lien magique qui nous unit, à jamais. Et ceux qui trouvent ça fif (for a lack of better term), je vous souhaite des choses pas amusantes du tout (comme de vous coincer un testicule dans une porte de garage, genre).

Ce premier album de Joni est déjà une pure merveille. C’est Joni avec une guitare acoustique et (quelques fois) un piano. Que demander de plus de la vie ? Du Darkthrone ? Oui, en effet (car je suis un être polyvalent pour ceux qui l’ignorent). Les chansons sont toutes superbes. Les textes sont à se rouler par terre de bonheur (dans une prairie saskatchewannaise mystique/magique, avec du gazon qui ne tache pas les jeans).  Ça commence avec une des plus grandes chansons de Joni, « I Had A King ». Tout est déjà là : la voix ensorcelante qu’on dirait tout droit sortie d’une époque antique qui n’a jamais vraiment existé, ces arpèges de guitare qui te vont directement à l’âme, de la mélancolie à faire friser tous les malins petits poils du corps, des lumières diurnes éclatantes qui réchauffent tout l’être, de la beauté brute et bienveillante. « Michael From Mountains » = je veux annoncer quelque chose de très important à ceux qui ne ressentent rien en écoutant ce morceau : Vous êtes morts. Consulter un thanatologue. Il vous confirmera sans hésiter mes dires. Vous pourrez ensuite discuter des arrangements funéraires avec son collègue donc ce sera un deux dans un.

« Night In The City » et l’arrivée du piano enjoué de Joni (+ Stephen Stills à la basse), c’est l’astre vermeil qui se lève directement dans ta face après une nuit exaltante passée à festoyer et chanter autour d’un feu. « Marcie », c’est une histoire magnifique et toute simple… Même chose pour « Nathan La Franeer ». De la peinture sonore. On est submergé par des images très claires et définies à leur écoute… Incroyable talent qu’est celui de Joni pour raconter de belles histoires tristes. En fait Joni, c’est un peu le barde médiéval qui va de village en village pour partager ses récits de la vie quotidienne mais à sa façon bien particulière, à travers son regard prodigieux qu’elle appose sur toute chose.

Le deuxième côté de l’album n’est pas en reste, enchaînant ballades miraculées, berceuses pour adultes, bonbons doux/amer, légendes intemporelles… Le disque se conclut sur un « Cactus Tree » beau à faire pleurer le ciel.

David Crosby, qui a produit le disque, a avoué que son travail s’est limité à « avoir en gros appuyé sur le bouton enregistrer ». Je pense que ça résume le tout. Un premier opus discographique superbe sur toute la ligne. La note (signifiant pourtant « excellent ») est dure pour un disque de cette qualité… C’est que Joni n’a pas encore atteint son plein potentiel. Cela viendra bien assez rapidement.


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