Burzum – Burzum/Aske

Année de parution: 
Burzum – 1992
Aske – 1993
Pays d’origine: Norvège
Édition : CD Digipack, Misanthropy – 1995
Style : Black Metal atmosphérique

“Burzum/Aske”, c’est le début de l’épopée mystique (et ultimement tragique) de Varg Vikernes à travers un Black Metal qu’il a su adapter à son propre univers imaginaire habité par les divinités nordiques, les légendes païennes et surtout l’univers magique de Tolkien plutôt que par la grande faucheuse ou ce bon vieux Lucifer. Sur ce premier album (auquel, sur cette édition, vient se greffer une démo culte de trois titres, “Aske”), on découvre une âme torturée, une ambiance presque indescriptible tellement elle est sombre et une formule musicale extrêmement basique mais qui va directement à l’essentiel. Burzum (“ténèbres” en langue orque, voir le Seigneur des Anneaux) est le projet personnel de Varg : il y joue de la guitare, de la basse, de la batterie et des claviers. Il compose les paroles, produit le tout (si on peut appeler cela de la production) et conçoit les pochettes. C’est la vision musicale du subconscient d’un seul homme, sans compromis possible ; ce qui fait de Burzum un groupe résolument unique dans le panorama du métal extrême scandinave de l’époque (peuplé alors de groupes à plusieurs membres). Aujourd’hui, la scène Black underground est surpeuplée de one-man-bands inspirés par les oeuvres et les méthodes de Varg. Mais très peu parviennent à atteindre le génie et l’authenticité qui réside dans l’ambiance de ces quelques albums de Black Metal produits par un jeune Norvégien au début des année 90.

Dès ce premier album un tantinet plus “raw” (à la production légèrement croustillante), Burzum fait définitivement du Black atmosphérique. Les riffs de guitares distortionnés s’unissent à une batterie quasi-tribale, aux grondements de basse à moitié inaudibles et aux claviers planants pour créer une rythmique froide et prenante, avec de judicieux changements de temps. Les vocaux si caractéristiques de Varg sont en fait de véritables cris d’une violence inouïe, des cris souvent longs et perçants, à la limite de l’agonie. Le comte demeure le vocaliste de black le plus intense que j’ai jamais entendu (et c’est quelque chose si on pense à Nocturno Culto, Death, Hoest, Satyr, Legion, Ihsahn, Attila ou Garm). Le point primordial qui fait toute la magie de cet album : L’ambiance. Morbide, lancinante, dépressive, caverneuse, glauque à souhait, magique… Seul Burzum est capable de créer une telle atmosphère, sorte de bande son lugubre et désespérée à ce monde ancien et féerique qu’il regrette tant.

L’album est unique dans la carrière de Burzum et ce, grâce à sa grande diversité. Ici, chaque pièce possède sa propre personnalité (alors que par la suite, Varg mise plus sur une ambiance particulière par album). “Feeble Screams from Forests Unknown” débute sur de courtes et dérangeantes digressions de clavier fantomatique avant de nous plonger dans un Black dément et carencé ; un marais sonore brumeux d’où émergent des créatures impossibles. S’ensuit l’excellent “Ea, Lord of the Depths” (avec son air foutrement accrocheur) qui laisse place à la dépression minimaliste de “Spell of Destruction”, morceau horriblement jouissif au tempo plus lent qui se conclue dans une suite de cris suicidaires totalement insensés qui surprennent à chaque écoute (de quoi faire pâlir les poils de nez du plus fugace des coureurs des bois). Petit interlude ambiant vraiment glauque avant d’attaquer “War”, un hommage un peu ridicule et poilu au mythique groupe Bathory. Petite piécette tristounette et simple à souhait, “The Crying Orc” n’est qu’une introduction au voyage épique que représente l’écoute de “My Journey to the Stars”, une pièce qui porte bien son nom de par son côté cosmique et inhumain. Absolument anthologique : à la fois intensément beau, sombre, haineux, glacial, mélancolique et désespéré. “Dungeons of Darkness”, espèce de collage ambiant style “film d’épouvante”, vient clore l’album éponyme de belle façon. À noter la présence d’Euronymous (Mayhem) sur ce titre (que Varg assassinera plus tard de plusieurs coups de couteaux ; je ne me prononcerai pas sur le nombre).

“Aske”, c’est la grande classe. Trois autres morceaux de ce Black primaire et rageur. Mention particulière à l’homérique et final “A Lost Forgotten Sad Spirit” avec ses passages cinématographiques.

Deux oeuvres absolument indispensables pour tout ceux qui s’intéressent au Black. Et le meilleur reste à venir…


Si vous avez aimé ce disque, Salade d’endives vous conseille également :

BATHORY – The Return
HELLHAMMER – Apocalyptic Raids
GRAVELAND – The Celtic Winter
ILDJARN – Ildjarn

One comment

  1. […] “Einfühlungsvermögen” nous ramène à la noirceur funeste de “Der Tod”, avec sa mélodie grave et ces espèces de bruits de clochettes midi agités par un vent synthétique. Avec son mood bizarrement japonisant, “Frijos Goldene Tranen” est plus anecdotique. Le genre de piste pas désagréable mais dont tu oublies l’existence dès qu’elle est finie (voir même EN l’écoutant). L’album (très court) se termine sur une version “berceuse pour enfants” du Crying Orc ; pièce présente sur le tout premier album de Burzum. […]

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