Burzum – Det som engang var

Année de parution : 1993
Pays d’origine: Norvège
Édition : CD Digipack, Misanthropy – 1994
Style : Black Metal atmosphérique, Black Metal Ambient

Deuxième Burzum. Deuxième album enregistré tout croche (un peu moins que son grand frère bordélico-chaotique quand même). Autre grand disque dans l’histoire du Métal noir. Autre voute céleste qui mène vers cet ailleurs résolument unique qu’est l’univers intérieur de Varg Vikernes ; sa vision désespérée d’un monde idéal et déchu. Enregistré 3 mois à peine après l’éponyme, Det som engang var (Il était une fois) est la suite logique de son prédécesseur. On retrouve ces délicieux cris écorchés qu’on dirait tout droit sortis de la gorge d’un autiste qu’on torture au chalumeau dans un sombre cachot. Il y a cette batterie approximative et pourtant jouissive qui s’emballe par moments… cette guitare émotive, minimaliste en diable, qui va à l’essentiel et qui dépeint des landes grises de mélancolie ancestrale… ces synthés tout pourris gorgés d’une électricité mal calibrée… Et cette basse qu’on… entend (c’est déjà ça) ! Par dessous tout, ce disque a, encore une fois, une atmosphère de fou. Cela aura toujours été le plus grand talent de son géniteur : savoir créer des ambiances cafardeuses, hypnotiques, neurasthéniques, envoutantes… L’amateur des premiers travaux de Varg va donc forcément trouver son compte ici. Mais ce deuxième opus discographique est aussi un album de transition bigrement intéressant.

En effet, Vargounet (pour les intimes) avait déjà expérimenté avec l’ambient sur son premier disque (sur la pièce de fermeture, Dungeons of Darkness, plus précisément). À travers “Det som”, on retrouve plusieurs morceaux de dark ambiant qui s’alternent à merveille avec les pièces purement Black. Ce disque est en fait l’ébauche de tout le courant dit “Ambient Black Metal” ; sa source originelle si vous voulez bien. Et ce n’est pas rien quand on considère le nombre assez élevé de formations qui officient dans ce style de nos jours. Malgré leur côté très cheap (voir parfois kitsch), ces instrumentaux planants/noctambules s’intègrent parfaitement à l’ensemble et ajoutent une couche d’atmosphère lugubre à un album qui n’en manquait déjà pas.

Le tout débute justement avec l’instrumental “Den Onde Kysten”, pièce d’intro dronesque, lancinante et insidieuse. On se croirait sur la pochette, à l’entrée de cet espèce de chateau damné, un jour gris de novembre… “Key to the Gate”, divin morceau black trashisant au tempo mi-rapide mi-lent, vient nous sortir de notre torpeur. Cela rappelle un peu le sublime “My journey to the Stars” du disque antérieur. “En Ring Til AA Herske” est quand à elle plus taciturne, pataude, éthérée jusqu’à l’os. C’est une longue complainte surannée dans la nuit originelle. Une version musicale des plus moroses toiles de Munch, autre Norvégien pas très doué pour le bonheur… Entre ses hurlements caractéristiques, on a même la chance d’entendre des murmures presqu’humains cachées sous le brouillard du mix… Pièce inépuisable que voilà.

“Lost Wisdom” est une autre composition fort connue du comte Grishnackh. Une des toutes premières que votre chroniqueur adoré a eu la chance d’entendre. Chanson oscillant entre passages rock déglingué et moments de pure détresse. “Han Som Reiste” (Celui qui a erré) est un instrumental simpliste et pourtant magnifique au synthétiseur.  On peut voir y voir la naissance du courant “Dungeon Synth” qui sera développé par Mortiis par la suite et par Varg lui-même dans ses travaux en prison (casio rulz !). “Naar Himmelen Klarner” ressemble à une version plus aboutie de “Crying Orc”. Belle petite piécette médiévalo-fantaisiste.

On revient au Black pur jus avec “Snu Mikrokosmos Tegn”, morceau-fleuve de près de 10 minutes. C’est dans ces longues pièces que le jeune Vikernes réussi à extirper toute la savoureuse moelle de ses compositions finalement ciselées. J’aime particulièrement ces voix fantomatiques, presqu’androgynes, qui viennent faire irruption dans la lente agonie du morceau. Le tout se termine avec “Svarte Troner”. Ambient gelé et chuchotements délirants pour petits et grands.

Bref, le deuxième Burzum, c’est de la bonne. Cependant, dans le style Black désordonné et rageur, il est moins surprenant que l’album éponyme. Et l’album est aussi moins abouti que le suivant qui sera le parachèvement somptueux du concept même de Burzum (dans sa première mouture). Mais il s’agit tout de même d’un disque majeur de Black Metal. À posséder de toute urgence !


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