Burzum – Hliðskjálf

Année de parution : 1999
Pays d’origine : Norvège
Édition : CD Digipack, Misanthropy – 1999
Style : Dungeon Synth / Ambient néo-classique

Varg a finalement lu le tutoriel qui venait avec son clavier et s’apprête à faire un véritable James Last (des ténèbres) de sa personne (pour votre plus grand bonheur auditif) !

Deuxième partie du diptyque “prison ambient”, Hliðskjálf fut la dernière sortie discographique de Burzum pendant un sérieux bout de temps ; en fait jusqu’à ce que le Norvégien obtienne sa libération près de 10 ans plus tard. L’album est dans le même créneau que son prédécesseur mal-aimé : ambient néo-classique de chambre pour joueurs de donjon et dragon barbus et à l’hygiène douteuse (j’adore les stéréotypes). Le résultat est néanmoins beaucoup plus réussi ! Les sonorités ici présentes sont un brin moins grotesques et les compositions sont un tantinet plus étoffées (bien que Varg ne soit pas devenu JS Bach pour autant). Le concept un peu flou derrière cet album purement instrumental est aussi dans la lignée de Dauði Baldrs… Cette musique est sensée évoquer ce lieu mystique où Odin siégeait et pouvait observer tous les mondes s’offrant à lui.

Ça débute par un “Tuistos Herz” très sympa qui jette bien les bases de ce disque très atmosphérique. Cela rappelle un peu “Tomhet” d’un des chef d’oeuvres discographiques de Vargounet : Hvis lyset tar oss. Good start. S’ensuit ma pièce préférée, “Der Tod Wuotans” (La Mort de Wotan aka Odin), qui se veut être la BO tragique du combat épique menant à la mort d’Odin. Au début, l’ambiance est lourde, presque militaire… et puis on est projeté dans un ambiant flottant vraiment dantesque/immersif/mélancolique. On surplombe des fjords, des mers de glaces, des forêts de conifères éternelles, des nuées d’étoiles… Toujours eu un gros faible pour ce morceau qui aurait aisément pu figurer sur les meilleurs albums du comte. Vient “Ansuzgardaraiwô” pour ruiner ce moment de détente de type “spa scandinave” (chaise “zéro gravité” non incluse avec l’achat du disque). Cette troisième pièce est une horreur immonde avec ses percussions claviéristiques monotones à souhait. Je n’ai absolument rien contre le minimalisme (au contraire, j’en raffole) mais quand tu m’imposes des sons aussi moches pendant près de 5 minutes, faudrait varier un peu, garçon…

Retour à l’ambiance relaxante avec la très niaise et aromatique “Die Liebe Nerpus”. Les fantasmes médiévaux de Varg reviennent au galop ici pour un petit 2 minutes qui fait très “village dans un J-RPG sorti sur Super Nintendo”. La pièce suivante, “Frijos Einsames Trauern”, est celle qui divise tout le monde… Perso, je l’adore. 6 minutes 15 secondes de divagations asperger sur un faux glockenspiel ou un faux marimba. Impossible pour moi de ne pas penser aux délires polaires minimalistes bigarrés de Nobuo Uematsu sur la trame sonore de Final Fantasy 7. Bref, ce disque fait très BO de jeux vidéos, ce qui n’est pas pour me déplaire.

“Einfühlungsvermögen” nous ramène à la noirceur funeste de “Der Tod”, avec sa mélodie grave et ces espèces de bruits de clochettes midi agités par un vent synthétique. Avec son mood bizarrement japonisant, “Frijos Goldene Tranen” est plus anecdotique. Le genre de piste pas désagréable mais dont tu oublies l’existence dès qu’elle est finie (voir même EN l’écoutant). L’album (très court) se termine sur une version “berceuse pour enfants” du Crying Orc ; pièce présente sur le tout premier album de Burzum.

Pour conclure, voilà là un disque auquel je suis étrangement attaché malgré le fait qu’il ne réinvente vraiment pas la roue… Je crois que toute la mystique derrière y est pour quelque chose. Qui plus est, c’est assez intéressant de voir à l’oeuvre le désir de créer d’un être humain (aussi lamentable soit-il sur certains aspects) malgré les contraintes artistiques qui lui sont imposés… Donc un bon Burzum pour ma part, assurément son meilleur disque purement ambiant. Retirez “Ansuzgardaraiwô” du lot, et vous avez là un disque de berceuses new age génial pour endormir votre marmaille… Faut juste pas leur mentionner que c’est un méchant raciste qui est derrière les claviers.


Si vous aimez ce disque, Salade d’endives vous conseille également :

DEAD CAN DANCE – Within the Realm of a Dying Sun
DEPRESSIVE SILENCE – Mourning
FIEF – II
SOLANUM – Spheres of Time

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