Ana Roxanne – ~​~​~

Année de parution : 2019
Pays d’origine : États-Unis
Édition : Vinyle, Leaving – 2019
Style : Ambient, New Age, Field Recordings, Spoken Word

2019 est une grande année pour l’ambient. On a eu droit à une multitude d’albums de grande qualité de la part de Saba Alizadeh, Nivhek (alias Grouper / Liz Harris), Tim Hecker, Oren Ambarchi, Jonny Nash, Matthew Sullivan, The Chi Factory, Fennesz, Caterina Barbieri et j’en passe… Mais à travers tous ces trésors sonores, une demoiselle s’est selon moi élevée au dessus du lot.

Le magnifique EP d’Ana Roxanne est une de mes plus belles découvertes musicales de 2019, ni plus ni moins. J’ai été drogué à ce disque tout le printemps et tout l’été. Je l’ai écouté un nombre incalculable de fois. Ce fut un disque-médicament ; celui qui arrivait à me calmer dans mes moments d’angoisse et d’égarement, celui qui me faisait goûter pleinement aux fins délices de la vie. Et dire que cette jeune demoiselle hésitait à publier ces travaux initialement, pensant que ça n’allait plaire à personne… Que nenni Ana !

“~​~​~”, c’est pur et limpide. C’est éthéré. C’est infiniment beau et sincère. À travers les 6 morceaux de cette offrande discographique quasi-parfaite, Ana Roxanne nous fait voyager à travers son ambient unique et émotif, à mi-chemin entre le New Age de la fin 70s/début 80s (avec ses claviers analogiques chaleureux), le Dream Pop dans sa forme la plus minimale (pensez à du Cocteau Twins en plus lent et sublimé) et l’Ambient moderne. Le tout est aussi saupoudré de jolis passages de spoken word oniriques et de field recordings hypnotiques. Il y a aussi un côté presque spirituel à cette musique. Peut-être est-ce en partie du au fait que la musicienne a par le passé vécu et étudié à Uttarkhand (Inde) auprès d’un professeur vocal spécialisé en chant “Hindustani”. D’ailleurs, la voix d’Ana, qui n’apparaît pas sur toutes les pièces, est simplement somptueuse.

Ce qui est fascinant avec ce disque (au delà de ses qualités musicales évidentes), c’est son côté très personnel. On a vraiment l’impression que la Californienne nous ouvre une fenêtre sur son monde intérieur. Un panorama sur ses joies, ses peines, ses aspirations, son recueillement, ses passions. Ce n’est pas une mise à nue grandiloquente et théâtrale. C’est juste elle dans ces moments précieux de la vie : au piano alors que le Soleil se couche tranquillement, au jardin à pique-niquer et chantonner avec sa famille alors que le vent effleure les carillons ça et là, dans son lit alors qu’elle réfléchit à Dieu et aux mathématiques, où lorsqu’elle fredonne un vieil air de R&B en marchant dans la rue un matin brumeux et magique… On vit ces quelques instants avec elle. Et c’est un bonheur renouvelé à chaque fois.

On tient là un des meilleurs disques d’ambient des dernières années… Et assurément un truc qui sera très très haut dans mon Top de fin 2019.


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