Compte-rendu spectacle // High on Fire et Power Trip, Montréal, Club Soda (24 novembre 2019)

Une des tournées les plus en vue en cette période froide de l’année a atterrit dans la grande métropole! Les 2 formations thrash metal de renom, High on Fire et Power Trip, allaient amener une décharge électrique retentissant au public montréalais! Les riffs, la rapidité ainsi qu’une énergie contagieuse allaient être au coeur de la soirée. Les deux jeunes formations très en vue, Creeping Death et Devil Master, allaient s’affairer de réchauffer la foule dans une amalgame de death, punk et black metal! Une production de Extensive Enterprise.

Les hostilités ont commencé en force avec Creeping Death. La jeune formation texane œuvre dans un death metal très old school, rappelant les Entombed et Gatecreeper de ce monde. Rajoutez à cela un mix hardcore, et vous obtenez un produit très intéressant, qui varge et propose des riffs de qualités. La troupe faisait la promotion de son album Wretched Illusions, dont la majorité des chansons ont été joués durant leur prestation. Le groupe s’affairait à marteler la foule qui répondit présente. L’énergie décuplée ainsi que la lourdeur de la musique ont tôt fait de faire tourner des têtes. L’avant-dernière chanson du set «Ripping Through Flesh» a particulièrement retenu l’attention de plusieurs. On doit en conclure que le groupe partira avec de bonnes notes aux calepins des spectateurs présents!

Devil Master pris d’assaut la scène. Ornés de costumes, de toiles d’araignées et une ambiance glauque, la jeune formation représentait une option intéressante dans ce spectacle. Force d’admettre que la formation eu sa part de sceptiques et de commentaires souvent mitigés à son égard. Cependant, Devil Master en a surprit plus d’un. L’expérience en tournée acquise a eu fort probablement un effet bénéfique sur la troupe, qui démontrait assurance et confiance dans un style qui n’est pas toujours facile à aborder. En effet, le mix de black metal et punk eu son petit effet sur une bonne poignée de spectateurs, découvrant l’album Satan Spits on Children of Light, qui a fait tant de bouche à oreille et de promotion de la part de Relapse Records. Si les «Nightmare on the Human Collapse» et «Black Flame Candle» ont sût être bien rendu live, la cohésion des autres chansons comme «Skeleton Hand» à titre d’exemple, a eu aussi son mot à dire par la justesse de ses guitares acérés et son chanteur misanthropique, le dos courbé, qui semblait réfuter toute forme heureuse de vie. Il sera intéressant de voir la carrière de ce groupe, à savoir si les promesses et attentes pourront être confirmées, mais pour l’instant, on pouvait savourer une bonne performance de Devil Master!

L’artillerie lourde de la tournée allait maintenant se mettre définitivement en place en sortant un de ses plus gros missiles, Power Trip. La formation thrash metal/crossover texane commence sérieusement à se faire un nom digne de mention, que plusieurs mélomanes voit comme un des meilleurs groupes de la décennie, ou même viser haut et fort en voyant peut-être un digne successeur des regrettés Slayer. Power Trip en formule live, on ne se casse pas la tête. C’est bouillant d’énergie, c’est facile à se mettre dans la sauce et le mécanisme de remue-tête se fait d’un automatisme quasi-instantané. Les musiciens ont enflammé le Club Soda et on sentait le groupe gonflé à bloc de venir en sol montréalais. Et pour l’énergie et la réponse de la foule, elle aussi! Les retentissantes appels à la guerre tels que «Soul Sacrifice», «Firing Squad», «Manifest Decimation» ainsi qu’«Hornet’s Nest» furent martelés d’une fureur inouï, avec un son strident et précis, qui fait la marque de commerce de Power Trip. En d’autres mots, «tasse-toé Ginette!». Le chanteur Riley Reid également sautillait dans tous les sens, faisant participer un grand nombre de personnes. Le grand chant de la guerre, «Executioner’s Tax (Swing of the Axe)» a été entonné par la quasi totalité des spectateurs, alors que les guerriers ardus se frayaient un chemin dans les circles pits, les hardcore dances et les pluies de stagedives. Mention d’honneur également à «Crucifixation» dont les riffs ont l’effet de plusieurs coups de masse dans le front. Les quelques 45 minutes passées ont eu l’effet d’une guerre dans les tranchées, alors que les moins hargneux allaient rentrer chez eux, ayant épuisé leurs ressources afin d’affronter High On Fire. Il n’y a pas à dire, «le Bourreau était venu chercher sa taxe»…

Maintenant que le soldat en soi était bien réveillé, High On Fire allait balancer les munitions restantes avec son thrash metal amalgamé de stoner rock et sludge métal. Si plusieurs personnes pensaient que la soirée allaient s’adoucir, c’était grandement sous-estimé le power trio par excellence. La formation, lauréate d’un Grammy, allaient donner un set endiablé, qui allait faire une rétrospective de leur grande carrière encore fleurissante. C’est sous les applaudissements nourris de la foule, que le grand Matt Pike (Sleep) et ses comparses entrèrent en scène. Malgré les années de débauches et d’excès, qui ont dût marquer le guitariste, sa volonté et son attitude exceptionnelle ne s’est jamais estompé. Les sourires étaient nourris, et les amplis bien décidé à décoller en décibels. L’aventure commença avec «Blood from Zion», qui est un bon jam stoner rapide pour se mettre en selle. On remarque déjà d’emblée que le son sera tonitruant tout le long de la performance, et que la rapidité et l’exécution seront les hauts faits d’armes durant tout le long de la prestation. Par la suite, les chansons d’Electric Messiah prirent l’allure d’un véritable assaut sonique massif, tant l’étanchéité des riffs et le martèlement incessant des percussions faisaient croire au spectateur que l’assaut du champ de bataille était loin d’être terminé. On fit un retour en arrière avec «Rumors of War», «DII», «Baghdad», et bien sûr la très lourde «Carcosa», et comme conclusion, 3 bombes sanguinaires telles que «Fury Whip», «Snakes for the Divine» et la fameuse «Electric Messiah». Durant le bombardement, aucun fléchissement ni de doutes ne semblaient s’emparer du combo Matt Pike, Jeff Matz et leur nouvelle arme aux tambours, Chris Maggio (ex-Trap Them). La confiance, le dur labeur et le sens de la composition en font d’un groupe comme High On Fire une valeur sûre, et dont les exploits pavent la voix à de jeunes loups avide de faire leurs preuves. C’est sous la reconnaissance et les sourires incessants de Matt Pike, que la soirée se conclut d’une manière solennelle, dont les promesses ont été largement dépassées. Les spectateurs pouvaient maintenant déposer les armes, rentrer chez eux, et se fumer un bon calumet de paix pour savourer le repos du guerrier…

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