Wolves In The Throne Room – Diadem of 12 Stars

Année de parution : 2006
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Vendlus – 2006
Style : Black Metal Atmosphérique

Après deux démos qui laissaient déjà entrevoir les promesses d’un futur radieux, c’est par ici que les choses sérieuses commencent réellement pour nos Canis lupus adorés. Vu le côté très polarisant du milieu black métallique, je vais peut-être me faire des ennemis en proclamant ceci mais allons y tout de même : Wolves in the Throne Room est le meilleur groupe de Black Metal américain de tous les temps (avec peut-être Leviathan qui réussit à le talonner un peu).

À travers une riche carrière (toujours bien vivante), ces 3 mecs de l’état du Washington ont réussit à s’approprier pleinement mon sous-genre préféré du BM (le versant atmosphérique), à le peaufiner somptueusement, à le sublimer pour en faire quelque chose de complètement unique et renversant… En effet, on associe souvent Black Metal avec laideur extatique. Pourtant, la musique de WITTR est belle, belle, belle… et même apaisante à sa façon ! Et malgré cet aspect pour le moins surprenant, elle ne perd rien de la rage sculpturale et de la nostalgie séraphique qui sont chères au Black Metal depuis que le genre est genre.

Côté influence, on pense tout de suite à Burzum (bien entendu). Tant au niveau des longues compositions minimalistes et répétitives, que de l’ambiance hautement nostalgique. Mais nous ne sommes pas ici dans les noires forêts norvégiennes. On erre plutôt dans les monts brumeux et les forêts mythiques de la côte nord-ouest américaine. Cette musique est ode à la nature ; communion profonde avec elle… Après tout, si on en croit la rumeur, les membres du groupe sont tellement épris de nature qu’ils habitent en commune sur leur petite ferme écologique, vivant en autarcie avec les éléments environnants. Des gentils hippies écolos en somme ! Ça change des meurtriers et des vilains racistes disons le.

Autre influence musicale assez évidente sur ce disque : Weakling. Autre légendaire groupe de black atmosphérique américain qui fut un des (sinon le) premiers à oeuvrer dans ce créneau en Amérique. Je trouve même que ce “Diadem of 12 Stars” est en quelque sorte le petit frère de “Dead as Dreams” (unique album de Weakling) tant la ressemblance est frappante entre les deux.

“Diadem” est un voyage sonore qui se vit en quatre temps. 4 pistes pour près de 60 minutes de musique ! Et on ne s’ennuie pas une seconde tant ces morceaux sont superbement fignolés et bourrés de petits détails sous-jacents qu’on découvre à chaque nouvelle écoute fascinante. Il apparaît évident dès ce premier opus discographique que les mecs de WITTR conçoivent leurs albums comme des “touts” organiques qui s’écoutent et se savourent d’une traite ; sans interruption possible. Chacun de leur disque est une “fenêtre” distincte sur leur monde intérieur nébuleux et fantasque ; monde qui se dévoile petit à petit à nos tympans, album après album.

Le son est un tantinet plus cru ici que sur les réalisations suivantes de la troupe, ce qui confère à l’album un charme très “Black Metal à l’ancienne”. Les deux guitares (Nathan Weaver et Rick Dahlin), véloces et hypnotiques, sont émotives en diable. Comme dit précédemment, on sent l’influence de la Bergen-school (Burzum) avec ces couches et ces couches de riffs lymphatiques gorgées d’électricité mal calibrée qui se superposent les unes par dessus les autres. Des passages de guitare sèche viennent parfois nous chatouiller l’appareil auditif de belle façon aussi, nous plongeant l’âme dans une mélancolie des plus délicieuses. La batterie (l’autre frérot Weaver, Aaron), royalement maitrisée, est une des forces indéniables de la troupe. Le mec est juste technique comme il faut (sans jamais perdre en feeling) et nous sert des blast beats de grande qualité mais sait aussi se montrer versatile dans des passages plus lents et doomy ou d’autres qu’on sent inspirés par le trash metal (voir même le prog par bouts très discrets). Les transitions entre ces différents passages teintés d’influences diverses sont juste parfaites, toutes en finesse, et révèlent la grande versatilité d’un musicien qui mériterait qu’on l’encense plus fréquemment. (Bref, BIG LUV to you Aaron !).

Le vocaliste principal de la formation, Nathan, y va de cris spectraux/fantomatiques haut perchés et assez loins dans le mix ; comme si il les hurlaient du fond d’une grotte poisseuse en plein coeur d’une forêt millénaire. Cela convient merveilleusement bien à venir subtilement colorer la musique qui est ici le personnage principal. Parfois Rick Dahlen l’accompagne avec des interventions vocales plus gutturales (et donc “death métalliques”), comme dans ce superbe passage central de “Queen of the Borrowed Light”, pièce d’intro du disque. Cette dualité de voix masculines sera un aspect unique à ce premier album de WITTR ; car Dahlen quittera l’ensemble avant l’enregistrement de leur second album… Et on retrouve aussi une voix féminine très belle (celle de Jamie Myers du groupe Hammers of Misfortune), qui viendra parfois se poser sur des passages plus doux, aériens et enchanteurs. Cet apport sera exploité par le groupe sur les réalisations suivantes et ce, avec encore plus de succès.

On tient là un album que tout fan de black atmosphérique se doit de posséder de toute urgence et un premier album d’une qualité assez stupéfiante. Et dire que ce n’est que le début d’une belle et grande épopée mystique qui, je l’espère, ne se terminera jamais…


Si vous avez apprécié ce disque, Salade d’endives vous conseille également :

WEAKLING – Dead as Dreams
BURZUM – Hvis Lyset Tar Oss
LUNAR AURORA – Zyklus
DRUDKH – Forgotten Legends

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