After Crying ‎– Megalázottak És Megszomorítottak

Année de parution : 1992
Pays d’origine : Hongrie
Édition : CD, EMI-Quint – 1992
Style : Rock Progressif, Prog de chambre, Jazz

Je suis un grand amateur d’art visuel, qu’on parle de photographie ou de dessin (sous toutes ses formes et anti-formes). Par conséquent, je suis fan de pochettes de disques. C’est une des principales raison me poussant à continuer d’acheter des disques, et non à les télécharger. Un disque, c’est un tout. Pas juste des chansons disparates sur un vulgaire morceau de plastique. C’est un savant assemblage d’ambiances et d’atmosphères, musicales avant tout, mais visuelles aussi. J’aime quand la pochette d’un album, en plus d’être belle, réussit à représenter parfaitement la musique qu’elle annonce. Elle devient par le fait même une extension de la musique – une sorte de fenêtre ouverte sur un monde sonore unique… Des fois, il m’est même arrivé d’acheter un disque sans, au préalable, connaître le groupe et sa musique – juste parce que la pochette m’intriguait, me parlait. Dans le cas du quatrième album d’After Crying, ce n’était pas le cas. J’avais déjà entendu la musique sublime de l’ensemble hongrois mais quand j’ai finalement acheté le disque, j’ai pu constater à quel point la photographie ornant sa pochette était évocatrice de ce qu’il contenait : des arbres morts, suspendus dans la brume hivernale et nocturne, faiblement éclairés par un rayon de lune… Tout cela, on l’entend dans la musique d’After Crying. On le ressent. On le voit.

Megalázottak és megszomorítottak (digne d’un titre de Godspeed en hongrois !) est un disque résolument unique dans le schéma progressif moderne. Les mecs d’After Crying s’inspirent des plus grands de la première vague de prog anglais (King Crimson, ELP, Genesis), de la musique classique (milieu dont les membres du groupe proviennent) et du jazz (on sent l’influence de Miles !) pour créer un album de prog mélancolique et atmosphérique à souhait. Les compositions sont longues, planantes et somptueuses. Dès les premières secondes d’ »A gadarai megszállott », pièce maîtresse du disque, on est transporté dans cette forêt ci-haut illustrée où froideur et chaleur, tristesse et beauté s’entremêlent au gré des notes sorties d’un piano fantôme, des cordes (violoncelle / violon) et des voix humaines éparses. Ça ne se presse pas – ça monte, en douceur et en émotion, petit à petit… Soudain, à travers cette magnificence sonore, s’élèvent une horde de cuivres déchaînés et de bois schizoïdes (trompette, trombone, basson, flute) rappelant autant la période Lizard du roi pourpre que Bitches Brew, l’éternel.


Si vous avez aimé ce disque, Salade d’endives vous conseille également :

KING CRIMSON – Lizard
MILES DAVIS – Bitches Brew
ÄNGLAGÅRD – Epilog
LOCANDA DELLE FATE – Forse Le Lucciole Non Si Amano Piu’

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