The Body – All the Waters of the Earth turn to Blood

Année de parution : 2010
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, At A Loss Recordings – 2010
Style : Post-Hardcore, Industriel, Doom Metal, Sludge, Noise, Drone, Black Metal, Chant Choral contemporain, Musique Tribale, WTF, OVNI

Cela débute par des voix féminines graves et austères qui s’élèvent dans la nuit déchue, annonciatrices de l’abomination qui sévira ensuite (“The Body”)… C’est magnifique, hésitant d’abord, faussement serein, plein de grâce vengeresse. Un genre de “Einstein on the Beach” poussiéreux et gothique. Les voix s’enchevêtrent progressivement, gagnent en puissance et tissent une toile minimaliste où on peut apercevoir des paysages désolés, des villages et villes en proie aux flammes, des visages carbonisés, des structures de métal rouillées, des tombaux profanés… Et puis, ça éclate soudainement. Indus-Post-Hardcore-Rigoriste-Doom-Non-Orthodoxe, avec en prime, les cris d’un coq qui se fait prestement égorger… Et la chorale continue un moment, heureuse de nous annoncer notre fin. Tous les vestiges sont balayés par la gigantesque hécatombe sonore ; le déluge de larsens transgéniques. Et après l’apocalypse, on se reçoit un morceau lent et pesant en pleine gueule (“A Curse”) : indus-sludge torturé à souhait et encore le coq zombifié qui se fait aller (il n’en démordra pas de tout le disque, le bougre). La lande dévastée n’a pas fini de nous abreuver de ses immondices sonores.

On assiste ensuite à une rencontre biscornue entre Khanate et des africains pygmés en transe. Musique tribale pour les temps nouveaux. Borboygmes cinglés + coq en extase + marteaux piqueurs + savane nucléaire. Bordel que c’est bon… et douloureux. Ça se termine dans un quasi-didgeridoo dronesque en diable, avec les délires vocaux coupés par le boucher sonore écarlate. Vient alors “Even The Saints Knew Their Hour Of Failure And Loss” (ce titre, TUDIEU !), pièce maitresse de la bête. Lourdeur toute doom metal sanguine, triturations sonores surannées et retour de la chorale féminine damnée. Lueurs d’espoir écrasées sous le pied de fer d’une chose gigantesque, à la fois animale, robotique et divine. Déclamations saugrenues et ecclésiastiques du galliforme barjo qui nous parle de Bethlehem, de langues râpeuses et de Dieu impotent.

“Sarin, The Brave” arrive, avec ses samples tout croustillants de Charles Manson (qui doit se sentir “comme à la maison” ici bas). Au menu : juste de la lourdeur malfamée et nihiliste. Une batterie de tocqué sévère et une basse qui se la joue “Sunn o))) en plus rapide un tantinet”… “Ruiner” (non ce n’est pas un cover des clous de neuf pouces) survient dans nos enceintes, question de nous faire suffoquer encore un peu plus dans la pourriture liquide. Larsens-larsens-larsens et batterie véloce. Minimalisme sauvage et satisfait.

Finale eschatologique sur un “Lathspell I Name You” plus fourni et anthologique, où tous les différents éléments sonores rencontrés à travers le disque s’ enchevêtrent pour créer un climax monstrueux de 14 minutes. La chorale (maintenant couverte de suie) revient nous faire ses adieux, le poulet finit de se déchiqueter les cordes vocales, les percussions sont multiples, inventives, tribales, psychédéliques, grouillantes comme dix millions de vers géants qui sortent du sol moribond. Un espèce d’orgue de cirque déjanté apparaît dans le chaos. Le GrAnD MaCaBre est à vos portes. Allez-vous lui ouvrir votre coeur et votre âme déjà taris ?


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