Fugazi – Repeater + 3 Songs

Année de parution : 1990
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Dischord – 2005
Style : Emocore, Post-Hardcore, Punk Rock

Là où Minor Threat donnait dans la rapidité et la rage victorieuse (durée moyenne des morceaux : 1 min. 30 secondes), Fugazi est un tout autre type d’animal. Fugazi est à la fois tendu, introspectif, émotif, cérébral, complexe, nuancé… Mais parfois, Fugazi éclate soudainement (surtout sur ce premier album encore très punk), sans avertir et vomit sa rage acerbe avant de replonger dans son mid-tempo doucereux. Et Fugazi est aussi plus groovy que jamais ! Il est même funky parfois. Fugazi est multiple, quoi. Le groupe de Ian MacKaye (guitare, vocaux) et ses acolytes Joe Lally (basse, voix), Guy Picciotto (guitare, voix) et Brendan Canty (batterie) a fait évoluer le post-hardcore plus qu’aucun groupe. C’est mon humble opinion.

Pour ceux qui disent que les Punks ne savent pas jouer… Écoutez mes musiciens, bordel ! Une chimie totale. Une maitrise technique à couper le souffle. Ils sont totalement investi dans leur art. Une section rythmique qui groove sans bon sens (cette basse, nom de Dieu) et qui est une assise de choix pour les deux guitares corrosives qui se chevauchent, se percutent, se font la part belle. Même si Fugazi est le bébé de MacKaye (à la base), ce dernier n’a jamais voulu être la “star du groupe” car il partage autant le lead guitar que le lead vocals avec son collègue Guy Picciotto. La personnalité des 4 musiciens est vraiment mis de l’avant et est au service de la musique avant tout.

“Repeater” (et ce EP sobrement intitulé “3 Songs” greffé à la toute fin de mon édition CD), c’est le groupe qui a transcendé sa version embryonnaire (celle qu’on entend sur la compil “13 Songs”) mais qui est encore en transition vers sa maturité totale (qui, selon moi, survient sur “In on the Kill Taker”, 1993). On a donc un Fugazi le cul entre deux chaises ici. Encore très punky-fun-sautillant par bouts, et mortellement sérieux par d’autres. Personnellement, j’adore cette dichotomie.

L’album débute de la plus magistrale façon, avec un “Turnover” tout discret au départ (mais lourd de menaces) qui voit son agitation rapidement gonfler à bloc… Le ciel s’assombri, le vent se lève. Et puis on se prend plusieurs mini décharges électriques en pleine gueule, des mini explosions calibrées avec une minutie hors du commun. Revirements de situations éclairs, alternance entre passages froidement mathématiques et d’autres tissés d’émotions brutes (la genèse de ce qu’on appelle aujourd’hui l’emocore). Et, pendant les 40 prochaines minutes, MacKaye et ses potes ne démordront pas… parce que ces jeunes types sont trop fiers pour lâcher l’os qu’ils tiennent jalousement dans leurs gueules voraces, la rage viscérale dans le sang, l’esprit bien aiguisé par le monde illogique qui les abrite, le venin toujours prêt à fuser de toute part, l’oeil rivé sur les cibles à abattre.

Ouais les mecs, Fugazi est grand. Et ce premier album nous le confirme. Comme tous leurs albums d’ailleurs. Le meilleur groupe de post-hardcore de tous les temps.


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