Flaming Lips – Embryonic

Année de parution : 2009
Pays d’origine : États-Unis
Édition : CD, Warner Bros. – 2009
Style : Rock Psychédélique, Expérimental, Noise Pop, Space-Rock, Krautrock

HOLY SHIT !!! Quelle surprise que fut cet album ! Après un opus aussi doucereux (et pourtant savoureux) que At War With The Mystics, je n’attendais pas (plus) à confronter mes tympans à un album aussi fucked up de la part de nos adorables lèvres brûlantes. C’est comme si, depuis l’incroyable Clouds Taste Metallic (et en excluant Zaireeka, leur monument de l’étrange en 4 disques dont il faut superposer l’écoute pour goûter au nirvana étoilé), les Flaming Lips s’étaient graduellement assagis et s’en étaient même tenus à leur formule psychédélico-pop-rock-bonbon-à-saveur-d’hymne-interstellaire (pourtant rudement efficace – ne voyez pas là une critique d’un de mes groupes préférés).

Du haut de ses 70 minutes aventureuses et fantasques, Embryonic est une anomalie discographique dans le parcours musical de Wayne Coyne et de sa bande de joyeux détraqués. L’album commence sur les chapeaux de roues avec “Convinced of the Hex”, sorte de mantra acide ponctué d’explosions diverses et de “rock-choucrouteries” (une influence qui se fera prévaloir à travers tout le disque). Comme pièce d’intro, ça étonne (et ce n’est que le début !). S’ensuit alors une longue suite de jams alambiqués, de délires violents et instantanés, de divagations space-kraut planantes, de prog dadaïste, de mystères sonores, de ritournelles tristounettes et psychédéliques… Embryonic est une sorte d’amalgame obscur de Can, des Silver Apples, du Pink Floyd des débuts et d’une panoplie d’albums psychédéliques de la fin des sweet sixties, le tout relevé d’un soupçon de Bitches Brew (du grand Miles) pour son côté free.

C’est clair : on navigue en plein génie musical – mais un génie ténébreux et sauvage. L’album surprend d’abord par sa longueur, son côté expérimental et hyper-varié mais aussi par sa noirceur opaque. Fini l’optimisme aveugle et illusoire des précédents opus (Yeah Yeah Song). Les paroles, géniales, expriment un profond malaise par rapport à l’être humain (“people are evil – it’s true”). Ici, Wayne Coyne, en grand poète obsessionnel compulsif, allie métaphores cosmologiques et élucubrations métaphysiques (appuyés par des extraits de discours du mathématicien allemand Thorsten Wörmann) pour livrer sa noire vision d’un monde froid et dénaturalisé. Le tout est déclamé avec sa voix si caractéristique (mais dénudé de son côté cartoonesque habituel) et accompagne à merveille le foisonnement d’idées musicales… Bref, Embryonic est grand, très grand. À mon avis, le meilleur Flaming Lips depuis Soft Bulletin. Et leur dernier GRAND album à ce jour.


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