Écoute c’te DiSK – Édition #3 (DOMINIQUE LAWALRÉE ‎– First Meeting)

Bonjour mes amis les animaux de la forêt enchanté ! Mon prénom s’appelle Salade mais vous pouvez aussi m’appeler “Salade” !

Cette semaine à “Écoute c’te disk”, c’était au tour de mon pote Yannick de choisir l’album que nous avons écouté et commenté simultanément. Et encore une fois, la règle d’or est que la personne à qui l’on propose l’album ne devait pas le connaître du tout (ou très peu). C’était exactement mon cas avec cette géniale compilation du musicien/compositeur belge Dominique Lawalrée. Et on peut dire que j’ai été conquis ! Vous retrouverez ci-bas notre discussion “live”. Bonne lecture.

Pourquoi avoir choisi ce disque ?

Yannick : Un peu comme pour mon dernier choix avec The Sign of Four, j’ai décidé d’y aller avec une sortie qui est passée sous le radar et qui mériterait certainement un second souffle. Dominique Lawalrée est un compositeur belge qui écrit majoritairement des pièces minimalistes et ambiantes. C’est également lui qui joue de tous les instruments sur cette compilation qui fait le survol de sa carrière, le plus souvent installé derrière un piano, un clavier ou un orgue. Il est décédé il y a moins d’un an dans un certain anonymat et c’est en partie à cause de ça que j’aimerais le mettre à l’avant aujourd’hui.

Penses-tu que Salade/Filex va aimer l’album ?

Yannick : Je commence à connaître mon Filex. Je sais qu’il va apprécier à un certain degré, mais je ne sais juste pas lequel et c’est ce que je vais découvrir en même temps que vous ! Je sais qu’il aime le minimalisme, l’ambiant et le classique moderne et il y a tout ça là-dedans, alors pas de danger. Mais les compositions de Lawalrée détiennent une grande légèreté dont on ne discute pas très souvent, Filex et moi, puisque nous nous tournons souvent vers des trucs assez sombres ou du moins assez sérieux. Bref, je suis certain qu’il va apprécier la grande influence de Satie, mais pour le reste, on verra! 

LA DISCUSSION :

S : Salut tout le monde et bienvenue à cette 3ème édition de Écoute c’te disK !!!! Bonjour Yannick !

Y : Salut Filex, salut lecteur(s) ! Prêt à y aller ?

S : Je te laisse faire le décompte… J’ouvre mon Bandcamp et je dépose mon curseur nerveusement sur PLAY

Y : Okidou. Donc 3… 2… 1… GO

S : T’as pas dis JEAN DIT !!! (je devrais être fusillé sur le champ pour ce calembours de marde). Belle montée de synthé au début eeeeetttt…. le silence se fait de nouveau. et ça repart

Y : Ça pourrait être une intro d’Emperor ou quelque chose comme ça haha

S : Hahahahahah

Y : On commence avec Post-scriptum, probablement la plus “expérimentale” de l’album qui n’est pas très expérimental sinon.

S : On dirait du drone en moins lent. Ya quelque chose qui “build”. OH !!!! Ça sonne vachement RIO-drone soudainement

Y : Et voilà, le wurlitzer (je crois) qui embarque. 

S : Des petits relents qui font presque penser à la vielle à roue

Y : Ouais y’a quelque chose de pastoral là-dedans et quoique l’album est assez varié, ça donne une idée dans quoi on s’embarque

S : C’est beauuuuuuu. Y’a quelque chose d’éminemment nostalgique avec ce genre de sonorité. Même si c’est vraiment autre chose, je pense aussi un très beau disque d’accordéon expérimental de “À qui avec Gabriel” paru sur Tzadik.

Y : Oui et en même temps c’est assez disjoint dans son rythme

Y : Deuxième pièce, Musique Satieerique. JEU DE MOTS

S : Qui fait bien évidemment penser à Erik Satie à fond la caisse. Un de mes tops 5 compositeurs préférés.

Y : Ouais et il ne s’en cache aucunement tout au long de l’album, c’est clairement un de ses héros à lui aussi. Mais tu vas voir au fil de l’album que sa démarche est différente. Comme je le disais en introduction, il y a quelque chose d’assez naïf, quasi enfantin dans l’atmosphère qui se dégage de ses compositions. Et c’est ça que j’ai hâte de voir si tu vas apprécier.

S : Il y a un peu de Aksak Maboul là-dedans (groupe belge ça aussi). C’est un flutiau qu’on entend ici ? Oh wow, le piano très en avant dans le mix. Je vois le côté enfantin. Il y a cet aspect “jour de pluie estivale, on enfile notre anorak et on va sauter dans des flaques d’eau”

Y : Ouais, c’est un flutiau. Il est souvent au piano/synthé/orgue, mais il y a aussi des percussions, quelques instruments à vent et des voix qui sont parsemées tout au long de l’album.

S : À date, j’adore. Et je me dis encore qu’il va falloir assurément qu’on se tape le premier Aksak Maboul ensemble lors d’une future édition. Le grand frère de cet album (du moins, jusqu’à présent)

Y : Tu me rends curieux !

Y : Je dis “album” depuis tantôt, mais je veux préciser que c’est une compilation. Mais comme ses autres albums sont pratiquement introuvables, j’ai l’impression que c’est ceci qui va faire office de testament.

S : Ouais, c’est du archival ? Ou une compil de pièces de ses autres albums ? 

Y : Non pas archival, c’est vraiment une compilation de ses albums, sortis au compte goutte

S : J’aurais du faire mes leçons avant 🙂 Wow, très très belle finale. Un peu grave et austère.

Y : Ouais la finale est superbe, grosses notes appuyées

S : Le piano est comme plus à l’avant dans le mix que le reste. Troisième pièce maintenant, toute satinée qu’elle est.

Y : La pièce la plus longue de l’album et la plus ambiante aussi. Des petites notes de synthé répétées tout doucement

S : The WHITE SECRET. Là ou Dominique nous parle de son affiliation avec les néo-nazis.

Y : Hahahaha ouais, surtout que Burzum ne cracherait probablement même pas sur ce beat-là pour Filosofem

S : Vargounet adorerait.

Y : La légende veut… ben, c’est pas une légende c’est vrai, mais bon, la vraie légende veut que Brian Eno avait l’intention de sortir cette compile sur son propre label, Obscure Records. Et en sachant ça, je me dis toujours que “Le secret blanc” devait être sa pièce préférée.

S : C’est tout à fait dans les cordes de ce cher Brian. Cette troisième pièce fait d’ailleurs très “Discreet Music / Ambient”. Oh WOW ! les petits touches de glockenspiel (?). Crissssssssss que c’est beauuuuuu.

Y : Tout simple, les mêmes notes de synthés qui reviennent avec quelques couches supplémentaires et qui tracent de jolies mélodies

S : Vraiment un disque de “pluie” je trouve. Une douce pluie de jour gris mélancolique mais quand même joyeux.

Y : Absolument. C’est un album très rêveur et c’est vrai que “Le secret blanc” rappelle la pluie

S : Des petites notes de clavier qui évoquent un genre de “Riders of the Storm” pour bambins.

Y : Hahaha c’est drôle parce que je viens TOUT JUSTE de remarquer en même temps que toi. Ça fait pourtant plusieurs fois que je l’écoute.

S : Chez Bruit de Fond, on L’A L’OREILLE.

S : C’est splendeur fait de splendosité tout ça. Le petit glockenspiel/carillon vient particulièrement me chercher. Je verrais bien ça jouer dans un épisode de Passe-Partout (tsé les bouttes très planants sans narration avec des enfants qui jouent). À cet effet, je serais près à tuer pour que sorte un album (deux vinyles) de tous les instrumentaux de Passe-Partout.

Y : Ouais faut vraiment mettre quelqu’un là-dessus. Ça serait super inquiétant comme disque haha.

S : Un des rares exemples de “library music” québécoise.

Y : J’aime comment la pièce reste totalement stable depuis dix minutes mais qu’il y a toujours un nouvel instrument ou des petites notes supplémentaires qui reviennent constamment nous chercher.

S : Jusqu’à ce qu’Abbath d’Immortal se ramène dans la dernière minute en hurlant (note de l’éditeur : ceci n’arrive pas pour vrai dans la pièce)… Le synthééééééé. Il est bôôôôôôôô.

Y : D’après les dernières nouvelles, Abbath est beaucoup trop alcoolique pour être capable de jouer quoique ce soit, alors pas de danger

S : Triste pour Abbath et son horrible barbe. Mais Dominique lui, il me botte le cul tout gentiment présentement. Cette track est une merveille. 

Y : Battu à grands coups de nuages

S : “Kin toé, mange toi ce CUMULONIMBUS en pleine tronche !”… oh les espèce de petites percussions weird, field recordings ou je ne sais quoi.

Y : Oui et j’adore comment elles arrivent dans le mix. C’est très “live”

S : Le seul moment surprenant de la pièce je trouve (ce qui n’est pas un défaut, loin de là). C’était ça la participation d’Abbath finalement.

Y : On passe maintenant à “Flight 3.0.5”, qui se veut une sorte d’interlude après cette longue pièce.

S : Fuck que c’est beau (“beau” sera le terme le plus sur-utilisé de cette édition je crois bien)

Y : J’ai l’impression que c’est une prémisse pour une chanson de Sufjan Stevens. Moins en ce moment, mais au début oui. Les accords de piano me donnent des frissons

S : J’ai froid. Ou bien c’est la chair de poule. Je sais plus trop.

Y : Déjà terminé ! On passe à la “Maison des 5 éléments”

S : La deuxième plus longue du DISQUEUH

Y : Et la plus légère aussi je crois. C’est presqu’une comptine à mes oreilles. Encore là, des répétitions de notes toutes simples qui se chevauchent magnifiquement

S : Je viens de trouver une merveilleuse trame sonore de dodo pour James ! Moment cute-kitsch de papa mais ça me fait beaucoup penser à lui cet album. J’aurais le goût de lui donner un gros bec dans l’front “live” là.

Y : Jusqu’à ce qu’Abbath d’Immortal se ramène dans la dernière minute

S : Hahahahahaha. 

Y : Je ne connais aucunement la vie de Dominique et je crois que c’était quelqu’un d’assez réservé de toute façon, mais à l’écoute de sa musique, j’ai l’impression qu’il avait un coeur tout ce qu’il y a de plus pur haha. La photo sur la pochette reflète cette impression-là aussi, je dois dire.

S : Ouais, ça a pas l’air du “life of the party” Dominique. C’pas le gars qui va se mettre à danser “torsepoil” sur une table après 3 lignes de poudreuse et 8 shots de Jack.

S : Oh, ça se met à parler dans cette pièce dit donc !!! Très très Aksak ça aussi.

Y : Ouais je n’ai jamais trop porté attention, à part qu’il parle d’éléments haha. “Si j’entends la pluie ? Oui, j’entends la musique” Je ne sais pas pourquoi mais je trouve ça beau

S : “Je voudrais décider… quels éléments ?!?”. Mais à QUI tu parles Dominique ? Le professeur Tournesol (diantre que j’aime le name-dropper lui… c’est un peu mon idole sur papier) ?

Y : Hahaha, ouais je les verrais bien se tenir ensemble ! Et tu vois, c’est précisément cette pièce et “Le secret blanc” dont j’étais curieux d’avoir tes impressions. Comme je le disais, je sais que c’est des genres que tu aimes, mais il y a une légèreté (désolé de reprendre le terme) qui ne se retrouve pas souvent sur les disques qu’on se partage haha

S : Ça fait très “musique de documentaire éducatif sur les horloges”. donc, J’ADORE ! C’est décidé, on va parler de musique tranquille et douce plus souvent… Bien qu’on a quand même eu un petit trip “new age” ensemble l’automne passé 🙂 J’aime appeler ça de la musique “minuscule” ce qu’on entend présentement…. Ettt, la pièce vient de finir. C’était magique.

Y : Et voilà “Minimum II”. Une autre pièce courte pour faire suite à une longue

S : Mais où est le grand frère de Minimum II : Minimum I ? Et oui, l’album est parfaitement bien dosé niveau enchaînement.

Y : Je pense que Minimum I n’existe pas

S : That’s life. On a droit ici à des espèces de vagues synthétiques assez oniriques.

Y : Aussitôt arrivée, aussitôt partie. Là c’est “Waiting for the Bus”. Je trouve que toute sa musique est TRÈS cinématographique, mais celle-là l’est particulièrement pour moi.

S : “Il est parti comme il est v’nu !….. Il faisait que passer” (dans quel film d’animation retrouve t’on cette citation ?).

Y : Aucune idée ! Peut-être qu’un fidèle lecteur sait ?

S : Wow… Waiting for the Bus… Un petit côté Sylvain Chauveau en plus naïf. Avec ce côté impressionniste presque Ravel-licieux.

Y : C’est aussi une belle pièce pour démontrer son talent de pianiste, vu qu’il est un peu moins retenu et un peu plus saccadé là-dessus. Les petites percussions sont aussi de retour, comme des petits carillons de métal, c’est beau et encore là ça sonne très “live”

S : Ça m’évoque aussi les oeuvres pour piano de Philippe VERRE. Et oui, l’utilisation des percussions métalliques sur tout l’album sont un des trucs que je préfère. Toujours discrètes, utilisées aux bons endroits.

Y : Ok ma préférée, “Listen to the Quiet Voice”. De manière pas très surprenante, la plus dramatique de l’album haha. Elle vient seulement de commencer et j’ai les frissons qui reviennent. C’est la nocturne de Lawalrée !

S : Ça me fait TU SUITE penser à une toune de Peter Broderick sur l’album “Float” 

Y : Mais vous allez rapidement entendre de belles petites ponctuations au piano qui vont venir dédramatiser les choses tout en restant émotif. Encore une fois, très cinématographique, je trouve

S : Je comprends pourquoi c’est ta préférée. Vachement émotif. Mais pas démonstratif du tout. On tombe pas du tout dans le pathos gratuit. C’est juste l’âme d’un homme dans sa forme pianistique la plus brute.

Y : Oui et les petites lancées qui se déposent sur le thème principal ont quelque chose de nostalgique, mais une douce nostalgie

S : Moi ça m’affecte plus quand c’est de la “douce nostalgie” justement… Pleurer avec le sourire. Tsé, ça fesse plus ce qu’on écoute que disons, du Joy Division (que j’adore ceci dit). Parce que Joy, c’est tellement nihiliste. Ça sent déjà la mort. Alors que Dominique, il a plutôt l’air de rendre hommage à la vie.

Y : Je pense qu’il faut au moins écouter cette toune-là de Lawalrée, si on ne veut pas tout écouter

S : Je pense qu’il faut TOUT écouter de Lawalrée. 

Y : Et la dernière, “Please Do Not Disturb”. On revient au synthétiseur, toujours avec ce mélange de sobre/joueur

S : Je sais pas pour toi… Mais moi je vois un homme simple, gentil, gêné, un peu effacé… qui fait toute cette musique chez lui, dans son salon, avec générosité mais sans penser que ça pourrait intéresser quiconque. Il y a un côté très “solitaire” à ça.

Y : C’est exactement l’image que je m’en fais haha. Exactement ça. Et il y a des chances que ce soit ça.

S : Ya un espèce de petit bruit de canard (?) dans les dernières secondes. Le canard de “Bike” de Pink Floyd qui fait son grand retour très attendu ?

Y : Hahaha, ouais je pense qu’il a pilé sur son canard en plastique en allant peser sur STOP sur la console

S : Hahahahhaha ! En plus ça le rend encore plus attachant de penser qu’il prend son bain avec son canard en plastoc !

Y : L’édition digitale a six (!) pièces bonus, mais je tenais à ce qu’on fasse l’écoute de la version physique parce que sa durée et son flow sont parfaits à mon avis. Les autres pièces sont excellentes et je conseille à tout le monde d’aller les écouter sur Bandcamp, mais comme expérience d’écoute, je trouvais que valait mieux suivre la version originale

S : J’ai FUCKING ADORÉ !!!!!!!!!!!

Y : Yééééé ! Je pensais avoir pris un mini pari avec celui-là, mais pas tant que ça finalement hehe

S : J’ai encore un jardin secret pour toi finalement 😉 Et de toute façon, j’aime TOUTE (ou presque) en musique. Mais il y a “aimer” et “adorer”. Et là, j’ai adoré.

Y : Et j’en suis très heureux ! Je l’aime beaucoup, Dominique et si quelques personnes supplémentaires peuvent découvrir son oeuvre, ben ma B.A. de la journée est faite !

S : Dominique et son canard de bain.

Y : Donc c’est ça la gang ! À la semaine prochaine ?

S : La semaine prochaine, Yannick va se taper du Ennio Morricone de la plus belle époque (selon moi), donc du Ennio en mode “sexy lounge ambient expérimental early 70s + vocaux de sirène extra-terrestre d’Edda Del’ Orso”

Y : TRÈS hâte d’entendre ça. D’ici là, n’oubliez pas de regarder les étoiles !

S : Et de flatter des dauphins ! Bye !

Y : Bye les amigos et les amigas, ou quelque chose comme ça

S : Les amigas, c’pas une console de jeux vidéos old school ça ?

FIN

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