Cabaret Voltaire – The Living Legends…

Année de parution : 1990
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : 2 x Vinyles, Mute – 1990
Style : Musique industrielle, Minimal Wave, Post-Punk, Synth-Punk, Dub

De la cour intérieure d’un vieil édifice à demi abandonné, planqué dans un quartier ouvrier de Sheffield, ville un peu grise d’Angleterre, on entend d’étranges bruits. Une petite compagnie manufacturière s’y est de nouveau installée? Si nous approchons de la source sonore et ouvrons la porte à moitié fermée, nous y découvrons quelques pièces fraîchement peintes où trois jeunes individus entre 17 et 20 ans s’affairent à triturer guitares, trompettes et magnétophones. Ces trois gaillards ˗ qui baptisent leur projet « Cabaret Voltaire » en hommage au mouvement artistique dadaïste ˗ ont beau kiffer Bowie et T-Rex, la musique qu’ils décident de créer dans le « Western Works », leur studio-maison, est davantage proche de Pierre Henry ou de John Cage. Ces premiers enregistrements se retrouveront éventuellement dans le coffret de sept vinyles « Methodology », compilant les années 1974 à 1978.

Une autre compilation, l’objet principal de cet article, est intitulée (très humblement!) « The Living Legends… ». Ce double LP regroupe les 7″ originalement parus entre 1978 et 1981, ainsi que quelques inédits. L’esthétique sonore du trio y est toujours bruitiste, mais rythmes de drum machines primitifs et structures un brin plus conventionnelles s’y font entendre. À tort et à travers, on nommera cette nouvelle musique « industrielle », assurément à cause du label de disques créé par les amis de Throbbing Gristle.

Sur Living Legends, les premiers balbutiements de l’indus’ sont tantôt funky (« Silent Command », « Walls Of Jericho »),  tantôt punk (« Do The Mussolini », « Nag Nag Nag »), souvent sombres et caverneux (« The Set Up », « Seconds Too Late ») voire carrément abstraits (« Chance Versus Causality », « Is That Me »). Au sein de ce Cabaret Voltaire première mouture, Stephen Mallinder structure le tout à coup de bass ténébreuse et syncopée, hissant au-dessus du maelstrom sa voix noyée de flange et de delay. Chris Watson ˗ avant de quitter le groupe pour se consacrer, entre autres, à l’art des field recordings pour la BBC ˗ s’occupe des bandes magnétiques et des claviers qu’il distorsionne allègrement. Richard H. Kirk, lui, siège en maître d’oeuvre et touche un peu à tout : guitares, instruments à vent, synthétiseurs et production. Cette symbiose donne à la première ère de Cabaret Voltaire, ici immortalisée sur deux galettes de perfection DIY, une aura unique, un caractère fondamental. On citera dès lors les Cabs (petit surnom que les fans adopteront) comme des pionniers dans le large monde de la musique électronique, que ce soit du côté noise/indus (1973-1982) ou electro/pop (1983-1987). Assurément, cette deuxième période méritera aussi votre attention. En attendant, si vos oreilles ont envie de se frotter à une musique autre mais somme toute accessible, dirigez-vous vers les expérimentations bricolées de ces jeunes gens contemporains de Leather Nun, Monte Cazazza et Clock DVA. Trouvez de ce pas The Living Legends.

Got his Hands! Kick the Corpse! Head kick! Do The Mussolini!


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