David Bowie – ★ [Blackstar]

Année de parution : 2016
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : CD, Columbia – 2016
Style : Art Rock, Pop expérimentale, Jazz, Trip-Hop, musique électronique

Dur, dur, dur… Dur de parler de tout ce que David Bowie a représenté pour moi dans ma vie. Dur de rendre hommage à cette étoile filante d’album et à la grandeur de son géniteur en quelques lignes. C’est toujours nos amours les plus primaires et sincères qui sont les plus difficiles à verbaliser… Je vous partage juste un tout petit souvenir : J’ai 15 ou 16 ans. Je suis dans ma chambre un soir d’Avril scintillant. J’écoute “Low” pour la toute première fois et mon monde bascule soudainement vers une autre réalité qui n’a ma plus jamais quitté depuis. Plus jamais la vie ne serait pareille. La musique ne sonnerait plus de la même manière à mes oreilles. Tout serait nouveau. Tout était à découvrir et à redécouvrir.

Blackstar est le plus bel adieu musical de tous les temps, le plus incroyable pied-de-nez à l’univers. Mettre sa mort en scène, c’était tout David ça. C’est aussi facilement un des meilleurs albums de la carrière de Bowie, qui, depuis un petit bout, livrait des disques de qualité mais qui manquaient ce je ne sais pas quoi, cette étincelle de magie et d’innovation… Que nenni pour Blackstar. Le caméléon se réinvente une toute dernière fois avec ce virage scott walkerien (une de ses idoles) où une sorte de art-pop atmosphérique vient s’imbriquer dans les méandres d’un jazz enfumé et dans ces rythmiques vaguement post-punk (voir même prog-licieuses par bouts). C’est onirique, poétique, épique, glauque, chatoyant englobant… de la musique en 4 dimensions.

La pièce titre en ouverture est évidemment une putain de grosse classaque en pleine gueule avec son trip-hop baroque et son slow-funk dément sur fond de cuivres narcoleptiques (et ce clip si troublant qui l’accompagne) mais il n’y a franchement rien à jeter ici sur les pièces qui s’ensuivent. “Lazarus” et son langoureux smooth-broadway-jazz dont les paroles subliment le pathos de la douleur et de l’incertitude (You know, I’ll be free… Just like that bluebird… Now ain’t that just like me?). “Sue” et sa violence carrée et rutilante. “‘Tis a Pity She Was a Whore” et son free jazz de boudoir (érotico-littéraire). L’espèce de quasi hip-hop orchestré de “Girl Loves Me” (autistique et squelettique). Et ce rappel de l’harmonica crève-cœur de Low sur “Can’t Give Everything Away”. La boucle est bouclée… Et il faut retenir ses larmes.

Adieu Thin White Duke. Adieu…


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