Kyle Bobby Dunn – From Here to Eternity

Année de parution : 2019
Pays d’origine : Canada
Édition : 3 x CDs, Past Inside The Present – 2019
Style : Drone, Ambient

Le plus beau disque de drone et/ou d’ambient de 2019. Le plus dur émotionnellement aussi. Neurasthénique et dérangeant parfois, cachant un accablement profond au coeur même de son élégance figée. La musique de KBD a toujours eu cette qualité dite “cinématographique”. On imagine sans difficulté ces lieux évoqués (Crémazie, Rachel, le Boulevard Gouin, le stationnement de Finders) recouverts d’une chape de brouillard façon Silent Hill, mais avec un Soleil déclinant qui irradie tout de même légèrement le panorama. Bon Dieu qu’on se sent SEUL à l’écoute de ces pièces. Seul avec soi-même. Confronté à ses joies, ses peines, ses regrets, son anxiété, ses peurs, son monde intérieur… Et c’est confortable malgré tout… comme une chaude couverture de laine qui nous recouvre alors qu’on revient transi d’une marche hivernale surréaliste.

Parce que ce disque c’est moi aussi… Je ne sais pas pourquoi mais il m’évoque le moi qui jadis, un Dimanche midi (au lendemain de funérailles poignantes et d’une brosse légendaire qui s’en est ensuivie), se tape une crise panique au boulot et qui ne finit pas son chiffre. Qui rentre à pied, dans la brume, à travers un quartier industriel moche et fantomatique ; sublimé par les éléments naturels omniprésents. C’est aussi la track de chemin de fer en parallèle, qui semble flotter dans la bruine irréelle. C’est la neige qui commence à tomber… avec ses flocons humides et las. C’est moi qui finit par arriver une heure plus tard à mon appartement miteux, dans un coin un peu infect du centre-ville de Trois-Rivières. C’est toujours moi qui, l’esprit replacé légèrement par l’air frais mais le corps encore affable, s’écroule sur le divan dans l’obscurité totale de cette fin d’après-midi morne après avoir parti le DVD de “Carnival of Souls” (DVD que j’ai d’ailleurs perdu, hélas… édition Criterion en plus, DAMNED !).

Moment magique et pétrifiant. Un souvenir qui peut vous sembler insignifiant mais qui, pour une obscure raison, m’est cher… Et KBD réussit à me le ramener, dans tous ses moindres petits détails. Je ne sais pas si il en a vécu beaucoup lui aussi, de ces marches abstraites et transies, alors que son cerveau est en pleine déroute… mais à l’écoute de cette trame sonore de l’affaissement de soi, j’ose m’imaginer que oui.


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