Sarah Davachi – Cantus, Descant

Année de parution : 2020
Pays d’origine : Canada
Édition : Numérique, Late Music
Style : Drone, Ambiant

Pour les raisons que l’on connaît, l’année 2020 aura été éprouvante, parfois tragique, pour le milieu culturel en entier. Par manque de ressources, certains ont dû se résoudre à éteindre les créations qui les animaient. D’autres, plus chanceux, ont pu tirer profit du temps légué par l’isolement pour créer sans retenue. Avec les sorties successives d’un album double, un album réalisé pour une série sur l’étiquette Boomkat, deux EP, une compilation d’inédits et la création de sa propre maison de disque, Sarah Davachi fait décidément partie des personnes privilégiées par la pandémie. D’autant plus que de tous ces projets, Cantus, Descant s’impose comme étant la culmination de son oeuvre jusqu’ici.

Dès les premières notes de Stations II, on reconnaît l’approche que Sarah Davachi approfondie depuis Gave in Rest (2018), c’est-à-dire des mélodies simples et posées qui mettent en relief les instruments sur lesquels elles sont jouées. Ces instruments dont elle veut soutirer la beauté inhérente sont, à quelques exceptions près, différentes variétés d’orgues qui défilent et se dévoilent sur chaque pièce de Cantus, Descant. Remplissant davantage un rôle d’accompagnateur, le piano, le synthétiseur, le mellotron, les instruments à corde et la voix viennent compléter la palette sonore employée.

Si cette démarche axée sur l’exploration des instruments qu’elle affectionne peut d’abord paraître comme une suite d’études quelque peu austères, cette impression est vite dissipée par le don que Davachi détient pour déployer des mélodies méditatives devenant engageantes dans la répétition. Pour les habitués de l’artiste canadienne résidant à Los Angeles, cette description n’apporte probablement rien de nouveau, étant assurément familiers avec la beauté minimale de sa musique. Là où Cantus, Descant se démarque de ses prédécesseurs est avant tout dans son ambition. Plutôt que d’engendrer la redondance, les deux heures sur lesquelles s’étend l’album établissent une bulle où différentes textures restent en suspens dans un espace où la conception du temps semble aléatoire.

Comme si Davachi était elle-même consciente que ses compositions n’appellent pas nécessairement à l’écoute active constante, Cantus, Descant est ponctué de moments qui semblent destinés à nous rappeler à l’ordre. Que ce soit l’atmosphère baroque de The Pelican, les premières apparitions vocales de la musicienne sur Play the Ghost et Canyon Walls, le changement de cap abrupte de Midlands ou la finale grandiose et plutôt spirituelle de Diaphonia Basilica, la musicienne fait preuve de maîtrise dans son évolution, nous laissant entrevoir de nouvelles avenues possibles tout en renforçant sa vision actuelle.  

Si vous aimez cet album, Yeunnack Valicotte vous conseille également :

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s