3776 – 歳時記 (Saijiki)

Année de parution : 2019
Pays d’origine : Japon
Édition : CD, Natural Make – 2019
Style : J-Pop, Progressive Pop, Art Pop surréelle, Synthpop, Folk japonaise, Glitch pop, Expérimental, WTF

Il n’y a qu’au Japon qu’un disque de pop aussi cinglé et ovniesque pouvait paraître ! La très jeune demoiselle qui évolue sous le nom très particulier de “3776” (vous allez comprendre pourquoi plus bas) était dans un idol group nommé Team Mii lorsqu’elle était adolescente. La particularité de ce groupe est que TOUTES les chansons (sans exception) portaient sur le Mont Fuji. Ce projet, conçu par le producteur/composieur Ishida Akira a cessé ses activités après seulement quelques singles… Ishida se lança alors dans l’aventure 3776 en mettant à l’avant-scène une des chanteuses de Team Mii : Chiyono Ide. Elle adopte le nom de 3776 vu qu’il s’agit de l’altitude en mètres du point culminant du Mont Fuji (toujours cette obsession !).

Après un premier album en 2015 qui raconte une ascension du Mont en 3776 secondes exactement, le bouchon est poussé encore plus loin sur ce “Saijiki” où Chiyono devient LITTÉRALEMENT le Mont Fuji (regardez la pochette !) et raconte une année complète (en 12 pistes pour les 12 mois), de la perspective la montagne elle-même ! Oui, je le répète assez souvent : Le Japon est un pays riche en fous ! Mais la mécanique ne s’arrête pas là… On ne parle pas d’un album avec un concept vague (comme certains poncifs de musique prog des 70s)… À chaque pièce/mois est attribuée une note de la gamme, allant de Fa majeur (en janvier) à Mi majeur (en décembre) et donc chaque pièce monte d’un demi-ton, ce qui donne à l’album cette impression de lente mais constante ascension (plus post-rock que du post-rock les amis !). Et c’est pas tout ; non-non. De manière assidue à travers le disque, une voix énumère à chaque seconde l’un des 12 signes du zodiaque japonais (un peu en sourdine), ce qui correspond à un jour du calendrier. À chaque fin de cycle, la voix dicte alors la date du jour suivant (et ça repart sur les 12 signes du zodiaque). Et ce du 1er Janvier au 31 décembre. La durée des morceaux (et de l’album donc) est immuable. Rajoute à cela que les pistes sont enchevêtrées de manière à en faire une seule suite sans interruption… Que de contraintes artistiques. Que de pure déraison. Et pourtant, ça marche complètement. Et ça permet à l’album de sonner comme absolument RIEN d’autre exactement.

Musicalement, c’est complètement halluciné et psychotronique jusqu’à plus soif. Un truc de malade mental qui touche autant à la j-pop bonbon, qu’au rock progressif et psychédélique, à la musique classique (ces clins d’oeil omniprésents aux oeuvres de grands compositeurs comme Debussy et Ludwig Van), à la pop indy expérimentale d’un groupe comme les Fiery Furnaces époque “Blueberry boat”, au techno, au post-punk, au krautrock, au dream pop, au folk, au funk, au dub, au new wave, au trip-hop et j’en passe… Saijiki annexe un nombre ahurissants d’influences pour en faire quelques chose de complètement neuf. Quelque chose d’étrangement accessible malgré le grand vertige conceptuel.

Un disque à la fois incompréhensible et génialement addictif. Insupportable pour certains, mais je les emmerde.


Si vous avez aimé cet album, Salade vous conseille également :

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s