Jim O’Rourke – To Magnetize Money and Catch a Roving Eye

Année de parution : 2019
Pays d’origine : États-Unis
Édition : 4xCDs, Sonoris – 2019
Style : Drone, Musique concrète, Field Recordings, Dark Ambient, EAI

Plus connu pour ses contributions en temps que collaborateur et producteur auprès d’artistes aussi disparates que Sonic Youth, Wilco, Stereolab, John Fahey, Nurse with Wound, Smog, Joanna Newsom, High Llamas, Tortoise (pour ne nommer que ceux là), ce cher Jim a aussi une riche et hautement schizophrénique carrière solo. C’est un véritable buffet sonore des plus éclatés quand on pige là-dedans ! On y trouve des disques hypnagogiques qui rendent un vibrant hommage à la pop FM 70s la plus sirupeuse qui soit, des disques de folk à la guitare inspirés par le courant “american primitivsm” (Fahey, Basho et compagnie), de l’électronique, du glitch, de l’ambient, de la musique concrète, du noise rock, du post-rock, du free jazz, de l’improv maximaliste/minimaliste… et même un album hommage à Burt Bacharach ! Depuis plusieurs années, Jimbo se consacre beaucoup sur le versant ambient/dronesque de la chose, avec sa série d’enregistrements qui tombe sous l’égide de sa série “Steamroom”. Ce nouvel effort discographique (composé de 4 CDs, juste ça) n’en fait pas partie mais semble pourtant être un certain aboutissement de sa démarche artistique au coeur de sa “pièce à vapeur”.

On a affaire à du drone de grande qualité ici. Des heures et des heures d’enregistrement au Serge (synthétiseur modulaire des années 70) éditées avec un soin monastique pour n’en garder que le meilleur ; le tout couplé à des field recordings de son cru, façonnés et re-façonnés jusqu’à plus soif dans le studio japonais de l’artiste. C’est un album beaucoup plus sombre, âpre et nébuleux (voir même : énigmatique) que la majorité de ce qu’il a produit dans le passé (même en prenant compte ses albums expérimentaux). Une écoute nocturne s’impose pour en apprécier toute la substantielle moelle.

À travers ces 4 très longues pistes (et oui, une seule par CD), on navigue dans différents brouillards d’idées bruitatives suspendues dans un ailleurs jamais clairement défini. C’est beau, parfois un peu inquiétant (à la manière des selected ambient works vol. 11 de Richard D. James), toujours étrange, toujours délicieusement “autre”, grisant, narcotique, désolé… Tantôt flottantes, tantôt aquatiques, presque toujours extra-terrestres, les atmosphères concoctées par Jim le chaman auraient fait une agréable bande son au film de science-fiction épique (et jamais complété, du moins selon la vision d’origine) de Andrzej Żuławski : Sur le globe d’argent. Même folie des grandeurs ; même sentiment d’irréalité fugace.

Je ne sais pas si O’Rourke refera de nouveau un disque de chansons plus conventionnelles… Mais même si j’adore les albums dans ce créneau, je ne peux pas dire que je m’ennuie de cette approche vu que la qualité de son matériel plus expérimental a atteint des sommets dans les dernières années. Les Steamroom sessions, Les “Old News”, les trucs sur GRM, les collabos avec Oren Ambarchi, Keiji Haino, Kassel Jaeger, Merzbow, CM von Hausswolff, Fire!, Christoph Heemann (et j’en passe)… Tant de merveilles sonores hirsutes. Tant de voyages sonores pétrifiants et célestes. Franchement, Jim O’Rourke ne fait que commencer le “peak” de sa carrière discographique (et c’est presqu’épeurant de dire ça vu les riches antécédents du monsieur).

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