Blue Hummingbird on the Left – Atl Tlachinolli

Année de parution : 2019
Pays d’origine : États-Unis
Édition : Vinyle, Iron Bonehead – 2019
Style : Black Metal, War Metal, Musique amérindienne

Le Black Twilight Circle, vous connaissez ? C’est un mystérieux regroupement, plus ou moins libre, de différents groupes/projets de Black Metal du sud de la Californie. Leur musique est souvent un brin obtuse, anguleuse, dissonante et atmosphérique. Et profondément/délibérément underground jusqu’à la moelle. De plus, le nom des projets (quand ils ont des noms !) ainsi que les thématiques abordées à travers leur musique ne tournent pas autour de Satan, des divinités nordiques, des vilains nazis en herbe ou de la déprime bon enfant (voir: les joyeux drilles du SDBM)… Que nenni ! Ils vont plutôt puiser du côté des anciennes civilisations d’Amérique centrale (surtout des Aztèques)… civilisations et cultures qui furent presque détruites en totalité par l’arrivée des conquistadors espagnols.

Blue Hummingbird on the Left est un de ces groupes qui officie au sein du Black Twilight Circle… On ne connaît pas l’identité de ses 4 membres, qui utilisent tous des sobriquets tirés de l’histoire et/ou de la mythologie aztèque. On retrouve Tlacaelel au chant et aux flutiaux, Yecpaocelotl à la guitare, Coapahsolpol à la basse et Yayauhqui à la batterie/guitare.

Vous trouvez le nom du groupe un peu fleur bleue / new age / néo-classique ? Et bien détrompez-vous : “Blue Hummingbird on the Left” est en fait la traduction anglaise littérale de “Huitzilopochtli”, le Dieu de la Guerre chez nos amis Aztèques. Nom de projet très à propos pour un succulent disque de War Metal bien brutal, rapide, caverneux et racé.

Atl Tlachinolli ne réinvente pas la roue mais efficace comme il est, on ne lui en demande pas tant. C’est du Black Metal guerroyant superbement composé et joué, avec une production aussi ample que simpliste/binaire. Ça tabasse fort et sec ; sans relâche. La magie du disque réside surtout dans ses passages plus “aborigènes” assez uniques (les percussions tribales et la flûte = lovely) et aussi dans les vocaux, hargneux oui, mais joyeux et festifs aussi. Cet espèce de “Wooooooo !” plein de reverb qu’on entend dès le premier morceau (et qui revient épisodiquement à travers le disque) me fout la trique à chaque fois… Et ceux qui aiment les voix qui se répercutent en cascades d’échos langoureux (comme moi) seront servis jusqu’à plus soif. Ce n’est pratiquement que ça du début à la fin, ce qui contribue à donner cette teinte atmosphérique chatoyante si singulière à la musique du groupe… Cette aura psychédélique/kaléidoscopique qui nous emplit la tête d’images poussiéreuses, antiques, rougeoyantes, carnassières… Des immenses feux exaltés sur la lande désertique, avec ces guerriers aux tenus colorées qui, vraisemblablement en transe (Ayahuasca) dansent tout autour, le visage barbouillé de folles peintures et du sang des ennemis, les tripes fumantes des sacrifiés qui rôtissent à proximité, emplissant les narines d’hémoglobine bouillie et de chair calcinée… Real happy fun times.

Un très bon disque de Black Metal donc. Et une sous-scène musicale encore très méconnue sur laquelle je tenterai de faire lumière à travers d’éventuelles critiques/chroniques.


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