Raw Black Metal: 10 Méfaits notables de 2020

Le métal noir cru, sale et underground est loin d’être mort.

Ce style spécialement créer pour repousser la masse a dû se frayer un chemin par la force, puisqu’aucuns labels de l’époque n’étaient intéressés à distribuer du bruit enregistré en analogue de piètre qualité dans un fond de garage. Cela a engendré une culture très Do It Yourself, les fans découvrant de nouveaux groupes en s’échangeant des cassettes (tape trading).

Gardant cet esprit DIY et la production low-fi, ainsi que le côté souterrain en limitant souvent les tirages des parutions physiques, nombre de projets continuent d’immerger du bourbier obscure pour envouter la fange et houspiller la marge.

Voici donc dix de ces insubordinations qui m’ont allumé en 2020:


1. Axis of Light – Axis of Light (R-U)

Dans la pure tradition du black metal underground européen: sans fioritures, des riffs coupants et combatifs, évoquant la nostalgie de l’histoire et la misanthropie du présent sur un son poisseux écru, comme cette fameuse lame rouillée…
C’est le premier album complet du duo, également artisans de Somne.


2. Vaurien – Mal de ville (France)

Alliage de black metal à la sauce française (Peste Noire revenant inévitablement à l’esprit), de dark ambient et de dark synth, ce projet solo arrive à surprendre avec un EP original et à déstabiliser, sans toutefois mener à l’inconfort pour l’auditeur averti. Le titre glaviot géant sort du lot et annonce que du bon à venir. À surveiller.


3. Witch Ward – Sacrificial Monolith (États-Unis)

Un melange incendiaire de raw black metal, d’hardcore punk et de crust death metal, pour une bestialité carrée qui groove comme une hydre affamée sur un tank fou. Parfaite bande-son pour un BBQ humain…


4. Melankolium – Joy Turned Foul (Japon)

Un album charognard, qui cherche nonchalamment à vous arracher une partie de votre âme à coup de griffes. Une anomalie de la scène extrême dépressive actuelle: il n’est même pas question ici de se faire harakiri, puisque l’honneur n’est plus en jeu. Une euphonie macabre et souillée qui ne veut pas finir… Projet solo (anciennement Coilwound). Un deuxième album, Wilt, est paru en janvier dernier.


5. Dark Desires – The Wanderer and His Shadow (Brésil)

Toujours raw, mais avec une bonne touche médiévale dans les riffs mélodiques et tranchants. On peut sentir la potence qui se rapproche et les borborygmes du bourreau qui a seulement hâte d’en finir pour aller boire et manger. On peut entendre le barde qui ne chantera pas nos louanges et on peut sentir les regrets commencer à nous hanter.
Le titre de l’album exprime bien l’atmosphère claire-obscure, comme si quelqu’un était témoins du drame en coulisse et s’en délectait.


6. Cold Earth – Your Misery, My Triumph (Allemagne)

Les connaisseurs humeront la vibration germanique dans ce premier album du groupe, side-project de Stygian Temple. Très francs et efficaces, les riffs, étrillés par les vocaux, apportent une amplitude guerrière et épique ainsi qu’une aura de spleen et d’insolence.
Sans temps morts, sans compromis.


7. Arazubak – Demo 2020 (États-Unis)

Toujours dans le ‘son brut’, encore plus low-fi, un peu moins incisif, un peu plus brumeux, mais toujours bouillonnant d’animosité, laissant le chant libre au vocaliste qui hurle son fiel et grogne sa hargne. Aucunes infos sur le groupe autre que le style et le pays d’origine, je suppose que c’est un projet solo. Tout réside dans l’expérience sonore …


8. A Binding Spirit – A Binding Spirit (Allemagne)

Les atmosphères occultes, crues et carnassières, flirtant avec la bestialité du death metal et l’onirique du ritual ambient, forment une manifestation d’outre-tombe angoissante, mystérieuse et ensorcelante. Les 14 minutes passent beaucoup trop vite…
Première démo du projet solo d’Entheogen (Ås, Fortress of the Olden Days, Zalmoxis)


10. Petrine Cross – Demo 2020 (R-U)

À la lisière du funeral doom et du death metal, le ‘one woman band’ Petrine Cross m’a scarifié avec cette démo de deux titres qui superposent les ambiances morbides: tantôt lancinantes, tantôt bestiales, mais toujours immondes et oppressantes. Le cauchemar Lovecraftien n’est pas loin et je soupçonne E. d’adorer Cthulhu en secret.

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