Luboš Fišer – Morgiana: The Final Hallucinogenic Horror Feature of the Czech New Wave

Année de parution : 2013
Enregistrement : 1971
Pays d’origine : République-Tchèque
Édition : Vinyle 10″, Finders Keepers – 2013
Style : Trame Sonore, Musique de chambre, Psychédélique, Impressionnisme

La nouvelle vague tchèque de la fin des années 60, c’était quelque chose. Des films éclatés, profondément originaux/expérimentaux, qui mélangeaient allègrement surréalisme et psychédélisme au folklore typique de ce pays de l’est si intriguant pour votre humble serviteur. On n’a qu’à penser à l’incroyable “Valerie and her week of Wonders” de Jaromil Jires (décidément le film d’horreur le plus lumineux/magique que j’ai vu de ma vie… et aussi l’un de mes 10 films préférés, toute époque confondue)… ou encore au très monochrome “The Cremator” de Juraj Herz, un genre de pastiche de film expressionniste allemand d’une étrangeté aussi flottante que glaçante/surannée…

On doit au compositeur émérite Luboš Fišer la trame sonore culte de “Valerie”. Mais aussi celle, moins connue (mais pas moins fascinante), de ce “Morgiana”, thriller gothico-psychédélique réalisé par Herz. Morgiana, sortie en salles le 1er septembre 1972, est souvent cité comme le dernier film de cette nouvelle vague. C’est une trame sonore assez courte ; elle figure d’ailleurs dans son entièreté sur ce joli disque 10 pouces paru chez nos amis de chez Finders Keepers (évidemment, qui d’autre ?)

Les amateurs de la BO de “Valerie” ne seront pas dépaysés ici… On retrouve cette même ambiance un brin irréelle ; entre rêves opiacés et cauchemars obtus. On navigue doucereusement à travers cette série de piécettes surnaturelles ; une sortie de musique de chambre hors du temps qui marie allègrement les genres et les époques : valses fantomatiques déglinguées, musique folklorique tchèque, orfèvreries baroques-goth-rococo, impressionnisme, musique classique de l’ère romantique, classique contemporain, psychédélikeries discrètes et musique de bibliothèque… C’est absolument magnifique. Et comme chez Valerie, on passe souvent de la lumière la plus éblouissante aux ténèbres les plus confuses en deux temps trois mouvements. Cela procure à la musique (et au film) ce côté toujours surprenant et confondant.

Petite différence cependant par rapport à la bande son de “Valerie” : comme Morgiana a un aspect “film noir / thriller”, cela s’entend aussi dans sa musique, qui semble puiser ses inspirations du côté des trames sonores de giallos (bonjour messieurs Morricone, Nicolai, Alessandroni et compagnie). Et cela n’est définitivement pas pour me déplaire, moi qui raffole du genre en question.

Voilà là une superbe bande son pour un film qui ne l’est pas moins. Je vous promets de vous parler un jour de mon amour pour celle de “Valerie”, le chef d’oeuvre de sieur Fiser… Mais je dois encore réfléchir à la manière optimale d’aborder cette oeuvre colossale avec de vulgaires mots… Une oeuvre que j’aime comme on peut aimer un beau secret enfoui en soi.


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