The Kinks – Face to Face

Année de parution : 1966
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : Vinyle, BMG – 2015
Style : Mod, Pop psychédélique, Pop baroque

British Pop Perfection !!!

Déjà sur “The Kink Kontroversy”, l’écriture de Ray Davies s’était raffinée… On savait qu’on avait maintenant affaire à un des plus grands compositeurs/paroliers britanniques de sa génération (et je mets de l’emphase sur le mot “britannique” ; parce qu’il y a pas plus british que Ray frickin Davies). Face to Face sera l’album de la consécration de son génie ; le premier quasi chef d’oeuvre de Ray et ses plis (ouais, ça a définitivement plus de gueule en anglais). On quitte ici le garage où les Kinks tous jeunots s’amusaillaient à se la jouer rockers… On tombe maintenant dans le psychédélisme, les deux pieds délicieusement enfouis dans une pop baroque riche et sucrée ; mais sans perdre le côté bon enfant, ni l’aspect beat/mod, ni l’humour typiquement anglais. De la satire, il y en a même plus. De la critique sociale aussi. Des textes forts, pertinents, percutants, parfois rigolos, parfois “gratte-bobo” en diable (“Too Much on My Mind” fesse toujours aussi fort à chaque écoute). Et tout ça est juste terriblement catchy (du début à la fin).

Cela débute avec un “Party Line” festif et entrainant. Un putain de bon opener efficace que vous chanterez sous la douche jusqu’à la fin de vos jours (c’est une promesse). Puis on découvre l’aspect nouvellement baroque-rococo des Kinks avec un “Rosie Won’t You Please Come Home” mélancolique, mi-tempo, légèrement endormi et affable ; avec les vocaux si typiques de ce cher Ray. Voilà une bien belle rencontre entre mod rock et gentle psychedelia (ce clavecin !). “Dandy’ c’est un Soleil qui ne finit plus de briller dans un azur bleuté jusqu’à plus soif… Et pourtant, pourquoi j’ai presque le moton en l’écoutant ? La musique des Kinks me file souvent le cafard ; mais un cafard confortable et ouaté, comme si je revis des beaux souvenirs d’un passé qui n’a jamais vraiment existé, qui n’est pas mien mais qui a pourtant un impact tellement singulier sur ma petite personne.

Le moton, je l’ai pour vrai cependant avec “Too much on my mind”… La perle sous-estimée de l’album (et possiblement de la discographie complète du groupe). Une pièce de pop baroque absolument parfaite et essentielle, avec un petit côté folky (on dirait presque du Gene Clark solo). Ici, Ray laisse tomber l’ironie et est brutalement honnête. “There’s too much on my mind / And there’s nothing I can do about it”. Tombent les masques… Touchant, à filer des frissons sur l’échine ; tout ça avec une mélodie évidemment imparable.

Parlons un peu de quelques autres merveilles du disque (qui ne contient pratiquement que cela)… “Rainy Day in June” est vraiment cool avec ses effets sonores, sa guitare enfumée et son espèce de côté gospel. “House in the Country”, “Session Man” et “Holiday in Waikiki”, c’est du Kinks pur jus. Trois morceaux accrocheurs, burlesques, désopilants. De la pop comme seule la bande des Davies pouvait en faire. “Fancy” c’est un genre de raga similaire aux pièces de George Harrison de la même époque. C’est beau, flottant, dronesque. Un morceau superbe. Et bien sûr, impossible de passer sous silence “Sunny Afternoon”, le gros hit de l’album (et aussi l’un des meilleurs titres ici présent). Une genre de réplique rêveuse au Taxman des Beatles. Un refrain beau comme un gros nuage blanc qui se promène mollement dans le ciel bleu évoqué ci-haut.

Un très grand disque de pop. Et un très grand disque anglais.


Si vous avez aimé cet album, Salade vous conseille également :

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s