Maxine Funke – Seance

Année de parution : 2021
Pays d’origine : Nouvelle-Zélande
Édition : Numérique, A Colourful Storm
Style : Folk

Plusieurs artistes ont exploré la musicalité du silence. L’exemple le plus célèbre serait sans contredit la fameuse composition 4’33 de John Cage. D’autres incarnent l’aspect méditatif du vide sans toutefois en faire usage. Pensons à la musique ambiante en général, mais aussi à certains albums de groupes plus rock tel que Low, où leurs mélodies subtiles et répétitives s’insèrent dans nos pensées avec une douce insistance. Maxine Funke est de cette trempe. Ses chansons folk accompagnent le silence, nous laissant presque douter de si cette mélodie logée dans notre tête est le fruit de notre imagination ou l’oeuvre d’une artiste qui maîtrise l’art d’évoquer beaucoup avec presque rien. Sur son plus récent album, l’auteure-compositrice néo-zélandaise laisse encore planer ce doute de la plus belle des manières.

Le coeur de la musique de Maxine Funke est demeuré intact depuis la toute première note qu’elle a enregistrée; un folk intimiste et sans artifice où la captation spontanée et les hasards environnants comptent pour autant que la musique qu’elle absorbe. Mais tandis que  l’enregistrement de ses deux premiers albums pouvaient laisser transparaître une certaine insouciance et donner un effet de joli chaos, le côté épuré qu’elle nous offre depuis son retour en 2018 a plutôt des allures d’invitation à partager son coin de vie paisible avec nous.  

Par leur nature discrète, les pièces qui composent les albums de Funke ont tendance à se distinguer dans leur ensemble plutôt que par leur individualité. Mais il y a également toujours une ou deux chansons qui sortent du lot et qui définissent à elles seules l’album sur lequel elles se trouvent. Sur Seance, ces moments de grâce surviennent coup sur coup avec Quiet Shore et Lucky Penny. La première est composée d’un motif hypnotique qui, au long de ses sept minutes, évoque des vagues qui se frappent tout doucement contre un quai juste après le dégel. La deuxième met en valeur cette expérimentation très subtile mais omniprésente dans la musique de Funke avec de délicates manipulations de bandes dans ce qui est possiblement ce qu’elle nous a offert de plus accompli jusqu’ici.  

Sur ce troisième album depuis son retour d’une pause qui aura duré six ans, Maxine Funke semble avoir trouvé son point d’ancrage, un territoire où elle se sent confortable d’évoluer. Tout ce que nous connaissions déjà d’elle se trouve sur Seance : ses observations anecdotiques, sa voix posée à mi-chemin entre la fragilité et le détachement, l’instrumentation minimale, sa réalisation esquissée et la brièveté de sa présence. La seule différence est que ce coup-ci, elle semble totalement à l’aise dans sa position. À l’écoute de Seance, on ne peut s’empêcher de sentir que Maxine Funke fait d’abord de la musique pour elle mais qu’elle est prête à nous laisser entrer dans la beauté de son quotidien. Parce que si sa musique n’est pas tout à fait faite de silence, elle n’en n’est pas moins sereine. Et de la sérénité, aujourd’hui, en 2021, avouons en avoir grandement besoin.

Si vous aimez cet album, Yeunnack Valicotte vous conseille également :

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s