Brunhild Ferrari & Jim O’Rourke – Le Piano Englouti

Année de parution : 2020
Pays d’origine : États-Unis / Allemagne
Édition : Vinyle, Black Truffle – 2020
Style : Musique concrète, Drone, Field Recordings, Électroacoustique, Ambient

Non mais regardez-moi cette pochette ! C’est pas beau ça ? l’ami Jiminounet (celui qui a le temps de sortir 8 albums solo + 5 albums collabos le temps que tu tires une pisse) a été évidemment très productif en 2020. Cette collaboration avec la veuve du grand Luc Ferrari (elle-même compositrice de renom dans le domaine de l’électro-acoustique et de la musique concrète) est un de ses plus grands crus de l’année. À travers les deux longues pièces gravées sur le divin disque (une par côté), on voyage loin (mais leeeeentement), vers des contrées embruinés et improbables…

Sur la pièce-titre, on navigue dans une mer sibylline de sons confus et nébuleux, entre drone maritime, remous hypnotiques, musique liturgique païenne (oui, j’ai décidé que ça existait), flots électrifiés, discussions fantomatiques et bien sûr : cet espèce de piano sous-marin échoué sur des rives impossibles. Les field recordings qu’on entend dans l’morceau ont été prélevés respectivement en 1996 sur une île grecque bordée par la mer Égée et en 2010, sur une petite île japonaise très isolée.

“Tranquilles Impatiences”, plus près d’un morceau électronique (mais pas que) est basé sur du matériel que Luc Ferrari avait mis sur bande en 1977. Ça scintille de partout dans la nuit marine et psychédéliquement vôtre. Des espèces de feux follets sonores brillent/grésillent dans ces ténèbres transfigurées. Des bruits métalliques (au loin) se mêlent à leur danse crépusculaire. Le spectre d’un clavecin morricone-esque semble errer ça et là. Et presque imperceptiblement, la piste monte en intensité ; de nouvelles couleurs apparaissent à l’horizon. Le Soleil semble se lever mollement au loin, perçant l’opacité un peu plus à chaque seconde…. On croirait entendre une oeuvre hyper-tonale à la Reich (mais profondément enfouie sous l’électricité opiacée) qui fait l’amour à l’Île Re-Sonante de Radigue. Bref, c’est du bonbon.


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