Nature Morte / Erszebeth – Du Principe de Décomposition / War Requiem

Année de parution : 2019
Pays d’origine : France
Édition : Cassette, Tour de Garde – 2019
Style : Darkwave Néo-classique malsaine, Black Ambient, Soundscapes surannés, Musique gothique

Dans la catégorie « maman, j’ai peur. », je vous présente ce beau split tout crade paru chez les incorruptibles Tour de Garde (label que j’affectionne particulièrement et qui oeuvre surtout dans les franges du Black Métal et du Dungeon Synth le plus underground, batracien, grouillant, lo-fi, caverneux ou gloupide qui soient). Cet album ne tombe pas dans le créneau noir métallique ni synthé donjonné mais nous amène plutôt directement dans un marécage avarié dans lequel flottent les cadavres tout gondolés/rongés d’une darkwave aussi purulente que décadente et d’un black ambient qui, aux dires de ma conjointe « fait peur en tabarnak et génère de l’anxiété à tout rompre ». Triomphe donc pour ces deux projets qui ont fait mouche en matérialisant leurs intentions fiévreuses en bruits pestilentiels de grand cru.

Nature Morte (qui occupe ici le premier côté de la damnée cassette) fait dans le néo-classique corrompu, kitsch et dépravé. Claviers rococo dégoulinant de foutre et de sang sont ici à l’appui, ainsi qu’une mer de samples tantôt hurlants d’euphorie nihiliste ; tantôt gémissants de luxure pas très nette. C’est cheap. Délicieusement cheap. Et ignoblement timbré ; toujours à la rupture de toute forme de compétence structurelle.

Erszebeth fait dans le plus tourbeux encore… La Face A n’était donc qu’une mise en bouche à l’abîme, une coupe de chardonnay dans laquelle vagabondaient quelques vermisseaux blancs et une moitié de cafard (mystérieusement encore fourmillante)… à consommer avant d’attaquer le plat de résistance : Le Requiem de la Guerre. Musique incantatoire, sorcière, déchue, défectueuse, mortifère… Plus goth que goth. Anti-musique, ouais. « Paysages sonores » plutôt ; eux mêmes portés par les vomissures vocales démoniaques d’une certaine Audrey Bucci dont l’organe vocal impudique lorgne autant du côté de Diamanda Galas que de Lisa Gerrard, mais qui SURTOUT rappelle à notre bon souvenir l’abomination discographique solitaire d’Aghast, Hexerei im Zwielicht der Finsternis.

Ouais, un split qui m’en a donné pour mon argent. J’ai d’ailleurs payé avec une poignée de mouches agonisantes et un doigt humain…



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