Momoko Kikuchi – Adventure

Année de parution : 1986
Pays d’origine : Japon
Édition : Vinyle, Ship To Shore – 2020
Style : City Pop, Idol kayō, Synthpop

Dans les trois-quatre dernières années, il s’est passé quelque chose de cocasse… La terre (quasi-) entière semble être tombée en amour avec la pop japonaise ultra lisse des années 80 (ce qu’on appelait la city-pop, vu son côté très urbain, joyeux et moderne)… et ce, alors que le Japon lui-même est le seul pays qui semble épargné par cette déferlante d’amour pour ce genre qu’on croyait mort. Je pense que l’étiquette “Light in the Attic” (alias potentiellement le meilleur label actif actuellement) n’est pas étrangère à ce monstrueux regain d’intérêt, car tout cela semble découler de la sortie de leur superbe compile de 2019 (“Pacific Breeze”) qui offrait un survol kaléidoscopique du style.

Quand on pense aux disques les plus légendaires de city-pop, ce troisième album de la belle Kikuchi est aisément en haut de la pile. C’est de la synth-pop parfaite, sucrée jusqu’à la moelle, on ne peut plus optimiste, catchy as hell, évidemment doucereuse/fromagée (mais dans le contexte, on aime ça). L’influence de la musique américaine est très présente (le RNB discoïde late 70s, le jazz fusion commercial, l’AOR, le boogie et le funk) et il y a bien évidemment cette petite touche japonisante qui vient me retrousser tous les malins petits poils du corps. De la musique d’ascenseur kitschouille pour certains ; un caramel sonore onctueux pour les autres. Moi j’ai choisi mon camp et je ne boude pas mon plaisir.

Dès les premières notes de “Overture”, on est subjugué par la plastique de l’oeuvre. Il y a ce petit clavier enchanteur et suprêmement rassurant… puis les cordes arrivent en renfort ; cordes qu’on diraient toutes droites sorties d’un film animé de Disney de la belle époque ou d’un J-RPG. Après un climax tout praline, l’incroyable pièce-titre arrive dans les enceintes. Bordel que c’est bon. Pourquoi la pop japonaise est t’elle toujours aussi soyeuse, raffinée, débordante d’idées, musicalement parfaite et tout bonnement supérieure à notre pop occidentale ? Le soucis du détail, la qualité/passion des musiciens et l’originalité sont des pistes de réponse…

Donc, “Adventure”, le morceau, c’est juste énorme. Un des plus grands moments de pop bonbon ever produced (avec, en prime, un passage de guitare fantasque vers la fin). Mais la suite n’est pas en reste. La chanteuse, son compositeur (Tetsuji Hayashi) et ses musiciens nous servent pépites après pépites. Je dois avouer que je chante beaucoup trop souvent “Nami Ni Naritai” sous la douche. Les brass sont tellement attachants et sirupeux… Puis sinon, un truc comme “Mythical Composer” est tellement grandiose que ça me ferait presque chialer de bonheur… C’est comme rouler sur une autoroute rétro-futuriste dans une ville ultra-moderne et slick, sous un ciel “plus bleu que ça tu meurs” (j’imagine Bowie chanter “blue blue” dans son “Sound & Vision”), la radio qui blast à fond une version sublimée de la trame sonore de Sonic The Hedgehog 2. Le chorus est grandiose. Un des plus grands morceaux de city-pop ça aussi.

Les pièces sont toutes superbement fignolées mais ce qui ressort le plus de l’album, c’est son atmosphère miraculeuse. Lumineuse, optimiste, soyeuse, foisonnante mais apaisée… Un été magique à la ville et à la plage, avec cette dernière piste plus mélancolique qui semble nous dire que l’automne arrive à nos portes et que cette parenthèse estivale précieuse se referme.


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