Deadwood: sous les feux de la rampe

Je me suis entretenu avec Derek, le vocaliste du groupe deathcore de Montréal:

Salut Derek, premièrement j’aimerais en connaître davantage sur le début du groupe:  la signification du nom Deadwood, comment les membres se sont rencontrés, ainsi que vos influences respectives.  

Il faut remonter presque treize ans en arrière pour les débuts. Quand moi et Frédéric nous sommes rencontrés et avons fondé Malaga. Même si Malaga n’a duré que 5 ans, je pense que nous savions que ce n’était pas la fin de notre collaboration musicale. Donc, la pandémie a vraiment aidé nos « retrouvailles ». J’avais continué en solo de mon côté en gardant ma voix active. Fred est arrivé avec une chanson qui a rallumé le feu et l’envie de repartir un projet, que nous allions pouvoir propulser et prendre à coeur. C’est quelqu’un qui est très low tuning,
le son gras et pesant comme Meshuggah, donc c’etait l’évidence même que ce projet allait décoller.


L’effet boule de neige est vraiment peu dire, car ça n’a pas pris longtemps avant que l’intêret soit demontré: nous avons rapidement commencé a chercher des membres pour combler les postes, dont Maxime Ducharme, notre drummer, que j’avais rencontré il y a trois ans lors d’une dégustation de bières faites par lui-même. Et qui dit alcool et une salle pleins d’instruments, dit qu’on se doit de jammer. Son talent est naturel et indéniable, son feeling est organique et fluide. Avec ses influences black métal/death métal mélodique, nous savions déjà que ça allait être le match parfait.

Notre deuxième guitariste, Sebastien Bélanger, est en fait un de mes collègue de travail depuis cinq ans. Avec le temps, nous avons énormément discuté musique, partagé nos goûts et nos préférences. Étant tous les deux des amateurs finis de slam/gore/beatdown, nous étions sur la même longueur d’ondes. Il nous fallait désormais tester notre son avec deux guitaristes et son énergie et sa créativité etaient parfaitement complémentaires.

Sam Matte, qui vient plus de la scène metalcore/hardcore, s’est joint a nous par la suite, par l’entremise de Fred, qui le connaissait depuis quelques années déjà. Souvent, les bassistes ne sont pas reconnus à leur juste valeur: c’est quelqu’un qui a une présence hors pair sur scène et qui maîtrise son instrument comme nul autre que j’ai pu voir auparavant.

En rassemblant cinq personnes qui ont des influences différentes, le résultat est assez incroyable. Pour le nom du band, ça nous prenait quelquechose de simple et accrocheur. Je vis un peu plus au nord, allant travailler en ville souvent, je perçois la différence entre les deux mondes. Alors c’est un peu au niveau naturel, à quel point l’homme tue la nature pour arriver à ses fins économiques, que l’idée de Deadwood m’est venue.

J’ai lu sur votre Bandcamp que « le titre Colossus décrit la haine que je porte en moi, une haine pure pour ce que l’humanité est devenue et le chemin qu’elle a choisi. Je la regarde avec une colère et un dégoût impitoyables. Sous tous les angles, l’humanité a échoué d’elle-même et continue de le faire. C’est une déception, un virus et un parasite. »  Je sens tout de même, par le prisme de la musique, une volonté de mettre les auditeurs face à leur condition humaine fragile, alors que la majorité semble se croire intouchable…  

Oui absolument, je n’aurais pas pu mieux le dire moi-même hahaha! C’est un thème qui est très récurrent chez moi et c’est surement un moyen plus sain de dealer avec mes expériences de vie personnelles. L’humanité, surtout cette génération, ne me laisse jamais en manque d’inspiration. Je m’adresse beaucoup à l’ego, la frustration, la déception, la destruction planétaire et relationnelle. La « boule de haine » que j’ai dans le thorax hahahaha! Ce sont des sujets qui sont très vrais et je crois que quand tu es authentique, c’est facile pour les gens de s’y identifier, de trouver un sens à travers mes paroles. Voir qu’ils ne sont pas seuls à ressentir ces émotions au quotidien.

Colossus

Comment s’est déroulé le processus de création et d’enregistrement de votre premier album Nemesis?  

Nemesis a été composé par moi et Fred. Je me suis occupé des vocaux et des paroles, Fred de la composition, des arrangement et du mixage/mastering. Comme mentionné ci-haut, depuis Malaga, nous avons toujours été sur la même page côté musicale et écriture, donc travailler ensemble a toujours été très facile. Il arrive toujours avec une tonne d’idées ou de blueprint pour une chanson, puis nous arrangeons le tout ensemble, pour arriver à des résultats satisfaisants pour nous deux. Étant capable de jouer plusieurs instruments, je suis capable de bien visualiser des riffs ou dé-sarrangements possibles. Fred a une écoute musicale hors pair, ainsi qu’une facilité d’écrire, sans-cesse, des textes accrocheurs et brutaux, sans compromis. Nemesis a vraiment été un produit qui est raw, droit-au-but: nous n’avons aucunement retenu les coups que nous voulions donner pour un premier lancement. 


du EP Nemesis

Veux-tu me parler des autres titres que Deadwood a fait paraître jusqu’à maintenant?  

Je vais parler en mon nom pour les paroles:

Call-out: En anglais, un call-out est un appel publique visant precisément une personne, pour mettre à jour les choses néfastes ou négatives que cette personne nous aurait fait. Cette chanson traite d’une relation extrêmement toxique que j’ai eu, où j’espère que cette personne rencontre son karma.

Spineless parle de quelqu’un qui se croit intouchable et tout permis sans qu’il lui arrive le moindre soucis ou ennui, jusqu’à ce que je « règle ce problème ». Alan Djrna du band Distant fait apparition à la fin de la chanson pour y mettre sa touche personnelle.

Emerald Eyes est l’histoire d’un tueur en série qui tombe en amour mais qui ne peut résister à ses pulsions, qui sont décrites explicitement dans la chanson hahahaha!

Colossus c’est moi simplement à l’état pur où je décris comment je détruit l’humanité.

God Is Dead est une hymne à mon dégoût extrême contre la religion, son esclavage de l’homme et les atrocités commises au fil des siècles. Shoutout a Kevin McCaughey de Ion Dissonance pour avoir accepté de faire une apparition. Judgement est en fait la continuité ou la deuxième partie/part, décrivant un peu plus en détail le fait que je ne me plierai jamais à aucune religion, peu importe sous quelle forme.

The Strain est en fait un hommage à mon idole depuis mes 18 ans: Vincent Bennett de The Acacia Strain. J’ai eu le privilège de le rencontrer juste avant la pandémie (il m’a accordé son temps malgré le fait qu’il était très fatigué après un spectacle). Cette conversation, je vais m’en rappeller toute ma vie. L’album Continent m’a sauvé plus d’une fois et c’est ma façon de le remercier.

Six Feet Under, qui est toute nouvelle (jouée seulement live pour l’instant), sera présentée comme notre premier vrai vidéoclip à la fin juin. C’est ma chanson positive hahaha! Elle parle du fait que je quitte enfin ma vieille « maison » rempli de mes vieux démons qui me séquestraient psychologiquement et où je les enterre enfin pour de bon.


Que prévoyez- vous pour l’avenir du groupe?  

Pour l’instant nous sommes en mode spectacles partout au Québec avec quelques dates hors-province. Nous continuons la composition du prochain album, qui sera le premier de Deadwood où les cinq membres apporteront leur touche personnelle.

Comment avez-vous rencontré le responsable derrière Terror Crew Productions?  Est-il vrai que c’est un redoutable pirate qui terrorise les mers?  

Ça explique le chapeau et le crochet hahahaha! On a rencontré Éric au début de l’écriture de l’album Nemesis, je crois que nous avions uniquement les titres God Is Dead et Call-Out à ce moment. Tout de suite, nous nous sommes sentis en confiance: son professionnalisme, son dévouement pour Terrorcrew et les artistes qu’il représentait. Avec son aide, nous avons pu rencontrer Gabe Saldivar de Kingside Records avec qui nous avons signé, tout le monde était sur la même longueur d’ondes. C’est une chose d’avoir un manager et un label, mais ça devient beaucoup plus gros quand tout le monde croit en vous et votre vision. Nous n’aurions pas pu demander mieux: on t’aime Éric hahahaha!

Deadwood links

Terror Crew Productions Canada

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