Bunny Lee & The Aggrovators ‎– Super Dub Disco Style

Année de parution : 1979
Pays d’origine : Jamaïque
Édition : Vinyle, Pressure Sounds / Justice – 2018
Style : Dub

La classe… ça ne s’apprend pas. Lapin Lee pue le swag, attablé tout sérieux sur sa console, prêt à nous envoyer la sauce dub épaisse et libidineuse comme on l’aime. « Disco » ? Pas tant que ça, non. C’est du dub pur jus, mollasson, reverb-licieux, réconfortant, qui te rend numb toute la matière grise et l’entité corporelle comme seule cette matière sonore illicite sait le faire à si bon escient. Deux faces où on dirait que ton aiguille s’enfonce de plus en plus dans une mélasse hallucinogène. L’état second fait musique. Avec classe toujours, et avec une onctueuse torpeur. Du ganga-miel. Des claviers fantastiquement détraqués, des roulements de batterie fantôme, des sirènes-libellules psych qui volent au dessus, quelques voix perdues qui semblent nous provenir d’une quelconque grotte à échos, les brass d’un orchestre-pirate zombifié et encore (et toujours) : cette BASSE euphoriquement vôtre qui lie le tout avec un gusto sans pareil.

Le lapino a bien appris de son maître, le « roi grassouillet ». Il est tombé sous le sort du génie et lui rend hommage à travers une carrière ponctuée de petites merveilles comme ce brûlot discographique présentement chroniqué… Il y en a des tonnes des albums de Bunny Lee. Et ils sont tous ensorcelants. Je vous invite à explorer davantage les cimes engluées de cette musique qui repose sur la magie des sons enchevêtrés à merveille (mais de manière pourtant volontairement sloppy, parce que le génie, c’est aussi le hasard des choses).

Sur le présent disque, on oscille entre les univers fuligineux de deux ingénieurs de studio légendaires en Jamaïque ; et par le fait même, entre deux studios dont la réputation n’est plus à faire. Y’a Pat Kelly, aussi chanteur magistral de son état, qui a enregistré une partie du disque au studio perso de King Tubby (le roi grassouillet ci-haut mentionné pour ceux qui ne suivent pas). Puis le sympathique Stanley ‘Barnabas’ Bryan, aussi percussionniste et deejay, qui a fait sa partie au Channel Studio (qu’on ne présente plus). Pourtant, malgré deux approches différentes, la mayonnaise phonique se mélange avec ravissement à travers tout un album des plus homogènes.

Putain de disque. Putain de percus. Putain de réverbération. Putain de bonheur renouvelé. Bon à s’écraser tout l’être sur le divan le plus moelleux et à se taper le fruit du plus récent périple à la succursale CQDC du coin ou, dans mon cas, une incroyable IPA impériale rapportée d’un voyage chez nos voisins du sud.

Bon moment musical à tous et toutes !


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