King Crimson – Radical Action (To Unseat the Hold of Monkey Mind)

Année de parution : 2016
Pays d’origine : Royaume-Uni
Édition : 3 x CD, Panegyric – 2016
Style : Rock Progressif, Experimental Rock, Jazz-Rock, Avant-Prog, Improv

Quand, en 2016, j’ai entendu à travers les branches que le roi pourpre était de retour sous une nouvelle incarnation, je salivais goulument. 7 musiciens. Pas un, pas deux, mais bien 3 batteurs (Mastelotto, Rieflin, Harrison). Le retour du membre le plus sous-estimé de l’histoire de KC, Mel Collins, au saxophone et à la flûte. La présence bienvenue de Tony Levin, un des plus grands bassistes au monde (il a aussi apporté son fidèle chapman stick au front !). Un nouveau chanteur talentueux (et mellotronneux de surcroît!), Jakko M. Jakszyk, qui rappelle un peu Greg Lake dans le style. Et bien évidemment, monsieur King Crimson en personne, Robert Fripp à la guitare, aux claviers et au poste de chef opérateur.

Ce nouveau King Crimson n’a sorti que des albums « live » depuis sa formation. Et c’est très bien ainsi. Selon moi, la scène a toujours été le lieu où le roi pouvait le mieux exprimer toute l’étendue de son vocabulaire musical ahurissant, sans entrave, avec cette férocité mathématique qui leur est propre. Radical Action, c’est un peu un compromis parfait entre le studio et la scène. 3 (!!!) délicieux CDs enregistrés en show, mais retouchés pour sonner « studio », un peu à la manière de ce qu’à fait Frank Zappa durant toute sa carrière discographique. Fripp sait exactement ce qu’il faut faire derrières les consoles. Cela s’entend. Cela se ressent. Je n’ai jamais entendu un KC qui sonne aussi bien que ça. Là où niveau production, leurs albums des années 90-début 2000 sonnaient un peu trop froids et cliniciens (« The ConstruKction of Light » en tête), on à affaire ici à quelque chose qui allie à merveille les structures sonores alambiquées du groupe à un son puissant, ample, chaleureux… laissant entrevoir toute la richesse et l’émotivité des compositions/improvisations de la troupe.

Tout est essentiel ici. Les nouvelles pièces sont des bijoux de prog-nouveau genre, métissant une foule de genres musicaux avec brio (en particulier le word beat et la musique africaine). Des classiques tels que « Larks’ Tongues in Aspic Part Two », « Red », « Sailor’s Tale », « 21st Century Schizoid Man » et « Starless » se voient transfigurés par la nouvelle bête hautement percussive. L’interaction des batteurs est un univers en soi. Tribal. Polyrythmique. Dynamique. Discipliné. Fascinant. Et que dire des interventions de Collins si ce n’est qu’il est la star et le point d’ancrage de cette nouvelle formation. Ses contributions viennent barioler ces pièces de couleurs fantasques, de brumes antiques, de lumières diurnes… Il est l’émotion humaine dans ce monde de physique quantique. Fripp et Levin sont égaux à eux-mêmes. Bref, ils torchent solide. Et c’est revigorant de voir monsieur glace se frotter à de la guitare sèche avec verve et abandonner un peu ses Soundscapes quelques minutes.

Bref, un achat essentiel pour tout fan de Prog et de musique en général. Pour vous convaincre, écoutez uniquement cette version complètement surréelle de « Larks’ Tongues in Aspic Part One » (pièce rarement jouée en spectacle dans le passé) qui introduit le tout. Frissons garantis.



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